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Servir le sport ou se servir du sport ?
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Servir le sport ou se servir du sport ?
Le sportif se nourrit de performances. La politique c’est un peu la quête d’un idéal. Deux ambitions différentes qui peuvent se rejoindre à l’image de ces sportifs qui vont troquer le survêtement pour le costume-cravate. Mais est-ce pour servir le sport ou se servir du sport ? Sans doute les deux sont intimements liés !
Après l’annonce de l’entrée de deux illustres sportifs, Stéphan Buckland et Mario Bienvenu dans l’arène politique pour les élections municipales, d’autres acteurs du monde sportif ont brisé la glace et brigueront les suffrages le 2 octobre prochain.
Est-ce que le sport donne une notoriété non négligeable ? Est-ce qu’il faut mener le combat de l’intérieur pour des lendemains meilleurs ? Ou est-ce uniquement se servir du sport à des fins personnelles ?…
D’emblée on remarque que les trois sportifs qui représentent l’Alliance MMM-MSM-PMSD, Buckland, Benvenu et le triathlète Michou Bhageea tiennent un discours quelque peu différent de leurs homologues dirigeants en mettant le sportif à l’avant-plan. « J’ai pris conscience qu’il n’y a personne réellement qui défende les intérêts des sportifs. À ce jour, il n’y a qu’un seul politicien qui l’a fait, c’est Michael Glover qui était au MSM », explique le quadruple champion national de triathlon qui représentera justement le MSM à Quatre-Bornes.
Sa vision rejoint celle du champion du monde de boxe française, Mario Bienvenu, qui argue pour sa part que : « Quand j’étais jeune, j’étais un sportif dévoué et je n’avais pas les moyens financiers pour exprimer mon talent. Je vais faire en sorte que les jeunes ne soient plus des backbenchers. » « Ils peuvent aimer le sport, mais ne connaissent pas la vie du sportif, les sacrifices à encourir », reprend Bhageea qui, à 31 ans, est toujours en activité dans le triathlon mais également dans le marathon et dans le cyclisme. Y aura-t-il une volonté de placer le sportif au centre des discussions, le temps nous le dira certainement…
Dirigeants, entraîneurs, mais également ancien ministre et ancien président du MSC sont aussi dans cette course à obstacles. Ravi Yerrigadoo et Raj Gaya sont de ceux-là. L’un était ministre de la Jeunesse et des Sports du gouvernement MSM-MMM de 2000 à 2005 et l’autre président du Mauritius Sports Council pendant la même période.
Exposition médiatique
Ravi Yerrigadoo sera candidat dans le Ward 1 à Curepipe, aux côtés, entre autres, de Stéphan Buckland. « Si on m’avait dit un jour que je serais aux côtés de Stéphan dans une course un jour, je n’y aurais pas cru. Bien sûr, là on parle d’une autre course », confie-t-il. L’ancien ministre et ancien député de la circonscription n° 7 (Piton-Rivière-du-Rempart) n’avait pas été candidat aux dernières élections générales. C’est sa “proximité” avec les habitants de Curepipe et le fait de vouloir servir à un autre niveau qui l’ont poussé à être de la course cette fois.
« J’étais étudiant au collège St Joseph. J’ai passé sept années de ma vie dans cette ville. Maintenant j’y habite et je connais pas mal de personnes. Je suis prêt à contribuer pour continuer le travail qui a été commencé à Curepipe », souligne-t-il.
Par ailleurs, il commente la présence de plusieurs acteurs du monde sportif mauricien sur la liste MMM-MSM-PMSD en ces termes : « Non seulement nous avons Stéphan Buckland et Mario Bienvenu à Curepipe, Michou Bagheea à Quatre-Bornes mais aussi beaucoup d’autres personnes qui sont sports-conscious. Pour nous, le sport est un modèle de développement social. Le fait que j’ai été ministre de la Jeunesse et des Sports m’a permis de développer une proximité avec les gens. »
En ce qui concerne l’ancien président du MSC, Raj Gaya, sa candidature n’est pas une surprise, car il évolue dans le giron de la politique depuis assez longtemps. « J’étais toujours dans le giron et lorsque le parti m’a demandé de poser ma candidature à Quatre-Bornes, j’ai répondu favorablement. J’ai dit oui parce qu’en tant que citoyen de Quatre-Bornes, je sens que j’ai le devoir de contribuer à l’administration de ma ville », fait-il ressortir.
Il pense également que le fait d’avoir été dans le giron sportif peut aider à se faire élire. « Je dirais que cette exposition dans les médias en rapport avec la gestion du sport dans mon cas et dans d’autres circonstances pour les sportifs affirmés peuvent, peut-être, aider», explique-t-il.
C’est aussi ce que pensent certains candidats des Villes soeurs. Guito Lepoigneur par exemple, l’ancien joueur et l’ancien mentor du Racing Club, avoue : « Quand je fais du porte à porte, trois quarts des gens me reconnaissent et savent ce que je fais. C’est bon signe. » L’actuel entraîneur de l’Azur SC veut rassembler les sportifs rosehilliens. « Beau Bassin-Rose Hill produit beaucoup de grands athlètes mais ils vont ailleurs. Cela divise les forces. Une des priorités sera de rassembler tous les sportifs rosehilliens », fait-il ressortir. Daniel Emilien sera un autre entraîneur, de handisport précisément, à se présenter sous la bannière MMM-MSM-PMSD à Beau Bassin-Rose Hill.
Des dirigeants de clubs sportifs des Villes soeurs sont aussi de la partie. Philippe Boudou, figure incontournable du paysage sportif rosehillien, qui est à la présidence du club omnisport Union Sportive de Beau Bassin-Rose Hill, et Dominique Edmond, qui a été président du comité régional d’athlétisme de Beau Bassin-Rose Hill pendant cinq ans, seront en lice pour briguer un siège municipal. Ce dernier est d’avis qu’en étant dans la peau d’un dirigeant sportif, « on passe beaucoup de temps sur le terrain ». « On est proche des athlètes et autres dirigeants. Et on voit beaucoup de délinquance juvénile », reprend-il en ajoutant : « Un de mes rôles sera de lutter contre la délinquance juvénile. »
Une chose est sûre, le giron sportif gardera, certainement, ces acteurs à l’oeil.
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