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Sept Espagnols et deux Japonais tués en Irak

30 novembre 2003, 20:00

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Sept agents de renseignement espagnols et deux diplomates japonais ont été tués samedi et hier matin dans deux attaques distinctes en Irak, où la violence n?épargne pas les alliés des Américains. Bien que consternés par ces décès, les autorités japonaises et espagnoles ont réaffirmé leur soutien aux efforts de reconstruction de l?Irak.

?Notre politique reste la même : nous ne capitulerons pas face au terro-risme?, a déclaré le Premier ministre japo-nais, Junichiro Koizumi, cité par l?agence Kyodo. Le président du gouvernement espagnol, Jose Maria Aznar, a lui aussi fait part de sa détermination à George Bush, qui lui a téléphoné pour lui présenter ses condoléances.

Le ministre de la Défense espa-gnol, Federico Trillo, a déclaré dans une allocution télévisée qu?un huitième agent de renseignement était sorti pratiquement indemne de l?attaque, lancée vers 12h45 GMT à la roquette RPG et au fusil d?assaut, alors que le convoi se trouvait à 45 km au sud de Bagdad.

Bombe artisanale

Sur les lieux, une équipe de Reuters Television a tourné des images montrant un véhicule calciné entouré d?éclats d?obus et de lambeaux de chair. ?Il y avait trois corps sur le côté de la route et un sur le terre-plein entre les deux voies de l?autoroute?, a raconté un cameraman membre d?une équipe de la chaîne de télévision britannique Sky passée sur les lieux peu après l?embuscade. David Bowden, journaliste au sein de la même équipe, a pour sa part évoqué l?hypothèse d?un attentat commis au passage du convoi à l?aide d?une bombe artisanale.

?Un jeune Irakien se tenait un pied posé sur l?un des corps, puis un enfant de neuf ans environ a commencé à faire semblant de mettre des coups de pied au cadavre?, a expliqué le reporter, ajoutant qu?une foule rassemblée tout autour scandait : ?Nous sacrifierons nos âmes et notre sang pour toi, Saddam (Hussein).?

Les corps ont par la suite été récupérés par des soldats américains de la 82e compagnie aéroportée, puis conduits à l?aéroport de Bagdad, a précisé le ministre espagnol de la Défense, ajoutant qu?il se rendrait sur place dans la nuit pour assister au rapatriement des corps.

Les deux diplomates japonais, Katsushiko Oku, 45 ans, et Masamori Inoue, 30 ans, ont été tués à Tikrit, la ville natale de Saddam Hussein, hier, au lever du jour. Ils sont les premières victimes nippones du conflit en Irak. Leur chauffeur, qui n?était pas de nationalité japonaise, a été blessé.

Selon un responsable du ministère nippon des Affaires étrangères, ils avaient pris la route pour se rendre à une conférence sur la reconstruction du nord de l?Irak qui devait se tenir à Tikrit, à une quinzaine de km du lieu de l?embuscade.

Sacrifice</B>

La nouvelle risque de compliquer la tâche du gouvernement japonais, l?un des plus proches alliés des Etats-Unis en Asie, qui doit encore fixer la date d?envoi, en Irak, de forces non combattantes chargées de participer à la reconstruction du pays.

L?opinion publique japonaise se montre de plus en plus hostile à cette perspective compte tenu des risques.

?Cet incident est impardonable?, a déclaré la ministre des Affaires étrangères japonaise Yoriko Kawagachi. ?Il n?y a aucun vacillement dans la détermination de notre pays à aider à la reconstruction de l?Irak sans céder face au terrorisme?, a-t-elle ajouté.

Les pertes subies samedi par l?Espagne sont ses plus lourdes depuis l?envoi par Madrid de 1 300 hommes en Irak. Le 9 octobre, Jose Antonio Bernal, un sergent espagnol travaillant pour le Centre national de renseignements en Irak, avait été abattu à Bagdad. Le 19 août, un officier de marine, Manuel Martin Oar, avait été tué dans un attentat contre le siège des Nations unies à Bagdad, qui avait fait au moins 22 morts, dont le chef de la mission, Sergio Vieira de Mello.

En dépit de l?opposition d?une majorité d?Espagnols, José Maria Aznar s?est rangé aux côtés des Etats-Unis dans le camp des partisans du recours à la force contre le régime de Saddam Hussein.

Quelques heures avant cette double attaque, le général Ricardo Sanchez, commandant des forces américaines stationnées en Irak, assurait que la fréquence des actes de guérilla avait nettement décliné ces dernières semaines, mettant cette accalmie sur le compte d?une tactique plus agressive de la part des GI?s.

Selon les chiffres communiqués par l?armée américaine, 72 soldats ont pourtant été tués en action au cours du mois écoulé, ce qui ? ajouté aux quatre accidents mortels survenus en novembre ? fait de ce mois le plus lourd en termes de pertes depuis le 20 mars, date à laquelle la première bombe américaine s?est abattue sur Bagdad.

Depuis la fin des opérations militaires lourdes proclamée le 1er mai, le bilan officiel fait état 185 militaires américains tués dans des actes de guérilla. Le Pentagone a en outre recensé 436 morts en action ou dans des accidents depuis le 20 mars.

De retour d?une visite surprise à Bagdad où il a partagé jeudi le repas de ?Thanksgiving? des GI?s, le président George W. Bush s?est adressé samedi à leurs familles à l?occasion de son allocution radiodiffusée hebdomadaire. ?Notre Nation tout entière apprécie et respecte l?engagement et le sacrifice de nos familles de militaires. De retour du front, je suis ravi de vous informer que nos troupes sont fortes, que le moral est bon et que notre armée est convaincue que nous vaincrons.?

Luke BAKER

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