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Sept ans de prison pour avoir tué sa cousine
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Sept ans de prison pour avoir tué sa cousine
Oomar Seeruthun, un représentant de commerce de Port-Louis, et Luijnam Emambux, un tailleur de Plaine-Verte, ont été condamnés mercredi à sept ans de prison par la cour intermédiaire. Ils ont été jugés coupables de l?agression mortelle de Noor Afzad Wassill, une adolescente de 16 ans.
La victime, connue sous le sobriquet de Mongol, habitait à Cité Martial, Plaine-Verte. Elle avait l?habitude d?accompagner sa mère, Barakoomissar pour vendre des dholl puri. A midi, elle rentrait toujours à la maison pour une pause-déjeuner avant de reprendre le travail à 14 heures. Jusqu?au 21 juillet 1995?
Ce jour-là, ne la voyant pas revenir, la mère de Mongol téléphone plusieurs fois chez elle mais personne ne répond. Ce n?est qu?à son retour, vers 17 h 30, qu?elle découvre sa fille sans vie, allongée en travers du lit.
La police est immédiatement alertée. Peu après le cousin de la victime, Oomar Seeruthun, 24 ans et connu sous le sobriquet de Moustaki, est interpellé. Le suspect explique qu?il était amoureux de sa cousine mais que sa tante n?étant pas d?accord, il s?était résigné à ne plus voir Mongol. Toutefois deux mois avant le drame, il avait recommencé à venir régulièrement la voir chez elle mais en ami?
<B>Dépositions contradictoires</B>
Dans un premier temps, Oomar Seeruthun, qui travaillait dans la construction, avait expliqué que le jour du drame, il avait pris une permission de quelques heures pour aller régler un problème d?assurance pour son cousin qui avait eu un accident. C?est sur le chemin du retour, vers 13 heures, qu?il avait fait un crochet pour aller voir Mongol chez elle mais qu?il avait trouvé porte close. Il a donc regagné le site de construction où il s?est excusé auprès de son supérieur pour son retard, vu qu?il devait être de retour à 12h 30.
Coup de tonnerre. Au cours d?une deuxième déposition, Oomar Seeruthun devait dire aux policiers qu?il était disposé à leur «raconter la vérité». En fait, il n?était jamais allé au Rainbow Insurance ce 21 juillet mais au domicile de Mongol. A un certain moment, deux hommes, le visage à demi masqué, sont sortis de la salle de bains. L?un d?eux lui a passé un morceau de câble de fil de fer autour du cou. Dans la lutte qui s?ensuivit, il fut blessé à la joue et à l?index avant d?être maîtrisé. Durant cette altercation, il avait eu le temps de reconnaître son agresseur dont le masque était tombé. Il s?agissait d?un dénommé Aidal, identifié plus tard comme étant Hyder Mamode. L?autre individu a ensuite bâillonné la victime pour ensuite la violer.
Oomar Seeruthun avait affirmé qu?il avait été forcé à avoir des relations sexuelles avec la victime avant de revenir sur sa déclaration. En effet, il avait expliqué qu?il avait eu des rapports sexuels avec le consentement de Mongol avant l?irruption des deux individus dans la pièce. Il devait même nommer le deuxième, en l?occurrence Lujinam Emambux, un bon ami à lui?
<B> «Une leçon à donner» </B>
Ce dernier, interpellé, soutint qu?Oomar Seeruthun avait violé Mongol parce qu?il n?appréciait pas qu?elle «sorte avec d?autres garçons». Le jour du crime, Oomar était venu le voir chez lui pour lui demander de l?accompagner chez Mongol. Une fois sur place, ils furent rejoints par Hyder Mamode.
C?est à ce moment là, avoua Lujinam Emambux, qu?il apprit de la bouche de Hyder Mamode qu?ils allaient donner «une leçon» à Mongol, c?est-à-dire la violer tour à tour. Lorsque la victime a voulu s?enfuir, Oomar Seeruthun l?a rattrapée pour la projeter contre le lavabo avant de l?étrangler avec une corde.
Hyder Mamode, traduit en cour intermédiaire pour coups et blessures infligées sans intention de tuer, a été condamné à huit ans de prison. Il a aussi été assigné comme témoin de la poursuite dans le procès intenté à Oomar Seeruthun et Luijnam Emambux. Alors qu?il avait incriminé ces derniers dans sa première version, il devait arguer de fatigue mentale en cour pour expliquer qu?il ne se rappelait plus les événements.
Ce n?est qu?après avoir écopé d?un avertissement de parjure qu?il a confirmé des extraits de sa déposition à la police mais son témoignage fut jugé peu fiable Luijnam Emambux avait, lui, soutenu avoir été brutalisé par les enquêteurs en vue de lui extorquer de «faux aveux».
La poursuite devait alors inviter la cour à prendre les preuves indirectes en considération. C?est-à-dire les collants que portait la victime le jour du crime et découverts par son frère, Mamade Wasill, deux mois après sur le site de construction où travaillait l?accusé, Oomar Seeruthun. Il y avait obtenu un emploi comme peintre et c?est en allant chercher des outils dans un placard qu?il découvrit un sac où il reconnut les collants de sa s?ur?
Autres preuves indirectes : dans une autre pièce de la maison, des brins de cheveux, analysés comme étant ceux de la victime, avaient été retrouvés coincés dans un n?ud à l?extrémité d?un fil électrique; le baladeur appartenant à la victime, découvert sous le matelas d?Oomar Seeruthun et les traces de pas relevées sur le sol de la cuisine des Wassill?
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