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Sensibiliser à la réalité des handicapés mentaux

14 janvier 2005, 00:00

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Ils étaient plus d?un millier ? des enfants handicapés mentaux des écoles de l?Association des parents d?enfants inadaptés de l?île Maurice (APEIM) ou bénéficiant d?un de ses services, leurs parents et le personnel de l?association ? à braver la canicule hier matin et marcher pacifiquement du Champ-de-Mars au jardin de la Compagnie. L?objectif de la manifestation était de faire les Mauriciens et le gouvernement prendre conscience des réalités des enfants handicapés mentaux et de leurs droits, qui ne sont pas à parité avec ceux des enfants normaux.

?L?éducation spécialisée n?est pas de la charité?, ?Regardez-moi et pas mon handicap?, ?Avec ou sans handicap, je suis un citoyen mauricien?, tels étaient les quelques slogans inscrits en grosses lettres sur des feuilles de papier bristol transformées en pancartes et portées par les marcheurs. C?est dans un silence quasi-religieux et de façon disciplinée qu?ils ont déambulé jusqu?au jardin de la Compagnie. Un parcours accompli en une demi-heure, à la grande satisfaction d?Yves Giraud et d?Irène Alessandri, respectivement président et directrice de l?APEIM.

Rehana Oozeer, présidente du comité parents de l?APEIM de St Paul et dont le fils, Ayman, 18 ans, est un handicapé mental, en était également très heureuse. Pour elle, il est vital de rendre visibles les différences de traitement entre les handicapés mentaux et les enfants dits normaux. Une de ces distinctions de taille est la subvention éducative. ?L?allocation éducative pour les écoles spécialisées est de Rs 6 000 par an par enfant alors que les dépenses de l?APEIM sont environ de Rs 23 000 pour son éducation spéciale. Cette allocation est donnée aux enfants entre cinq et 14 ans et 11 mois. L?éducation pour les non-handicapés est financée jusqu?à la fin du cycle secondaire. L?Etat a pourtant signé la Convention des droits de l?enfant et, à ce titre, il devrait traiter tous les enfants de la même manière.?Dans cette optique, l?APEIM a remis hier une lettre à Shirin Cziffra, Ombudsperson des enfants, lui demandant d?être l?intermédiaire de ces enfants auprès de l?Etat pour que leurs droits soient respectés.

Présence également remarquée hier de Gilberte Chung, rectrice du collège Lorette de Port-Louis, récemment nommée conseillère et manager de la Special Education Needs Unit auprès du ministère de l?Education. Le ministre de l?Education, dit-elle, est conscient des différences qui existent entre ces enfants et les enfants dits normaux, et veut les niveler.

Son rôle immédiat consistera à soumettre au ministre Steve Obeegadoo un état des lieux et un recensement des besoins des enfants handicapés mentaux le 26 janvier prochain. ?Il y sera notamment question de subventions, du contenu du programme d?études et de la formation des enseignants spécialisés. C?est énorme?, reconnaît-elle.

La manifestation d?hier sera suivie d?autres ayant le même dessein : conscientiser encore et toujours sur les droits dont devraient jouir les enfants handicapés mentaux.

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