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Secousses à la First City Bank

9 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La rumeur s?est faite persistante. Celle portant sur Harry Sookun, vice-président de la First City Bank (FCB), qui aurait déclaré à l?Independent Commission against Corruption (Icac) que des pots-de-vin auraient été offerts dans le cadre de l?achat de la banque. Le principal concerné, actuellement à Londres, apporte un démenti à ce bruit qui court.

Ces spéculations, dit-il, sont l??uvre d?une ?personne avec laquelle j?étais très proche et qui essaye maintenant de régler ses comptes. Ce ne sont que des palabres et des règlements de compte?. Harry Sookun fait probablement référence à Sunil Bheeroo, qui a démissionné de la FCB en tant que conseiller légal et secrétaire du conseil d?administration.

Interrogé, Sunil Bheeroo explique qu??Harry Sookun se trouve toujours des boucs-émissaires lorsqu?il est en difficulté?. Il ajoute qu?il s?est ?dissocié de la banque à cause de certaines pratiques qui ne respectaient pas les normes bancaires?.

Sunil Bheeroo affirme également qu?il en aurait alerté la Banque de Maurice, le régulateur des banques, à travers une lettre l?an dernier. Ce qui aurait par la suite entraîné un bras de fer entre plusieurs membres de la direction de la banque. Et la situation n?aurait pas évolué.

Retrait de plus d?un million de roupies

Tout a commencé après la visite d?Harry Sookun à l?Icac en mai dernier. Il y avait été convoqué pour des explications sur des retraits de plus d?un million de roupies qui ont intrigué le régulateur des banques.

Le Money Laundering Act de 2002 prévoit que pour toute transaction supérieure à Rs 350 000, des procédures spécifiques doivent être suivies. Or, tel n?était pas le cas pour le vice-président de la FCB.

Egalement directeur de plusieurs autres compagnies à Maurice, Harry Sookun explique qu?il fait partie des ?exempt customers?. Ce qui lui permet une dérogation selon la loi. ?Comme d?autres compagnies qui ont des transactions d?argent importantes, je peux légalement effectuer ces retraits à cause de la nature de mon business à Maurice. Je n?ai rien à craindre.?

D?autres sources proches de la FCB estiment néanmoins qu?il aurait été ?coincé ? par les enquêteurs et que ces explications auraient mené au-delà de ce simple argument.

En parallèle, la direction de la banque avait exigé des explications à ce sujet. Elle s?est cependant dit satisfaite des arguments fournis et qui ?tenaient la route légalement?.

Une autre source proche de la FCB affiche le scepticisme. Elle évoque les ?contributions fréquentes? à quelques personnes pour financer certaines activités politiques. Le fait serait d?ailleurs ?assez connu? dans les milieux proches de la FCB.

Catégorique, Harry Sookun dément ces arguments : ?Je n?ai à aucun moment donné de pots-de-vin pour l?achat de la banque. Il est vrai que j?ai dû m?expliquer à l?Icac sur des retraits importants d?un million. Mais à aucun moment, je n?ai fait état de pots-de-vin. J?ai suivi toutes les procédures légales pour l?acquisition de la banque.?

Harish Sookun a par ailleurs envoyé une lettre au gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi, la semaine dernière. Il nie encore une fois avoir confié à l?Icac qu?il y aurait eu des pots-de-vin dans le cadre de l?achat de la banque (l?ex-Delphis Bank).

Outre les comptes bancaires du vice-président de la banque, la brigade anti-corruption a aussi obtenu, en janvier, l?autorisation d?examiner ceux de deux membres influents du conseil d?administration, d?un haut cadre de la banque, et d?un important client.

Ce qui alimente davantage la controverse : la proximité d?Harry Sookun avec ce client, un agent politique connu dont les comptes bancaires et ceux de ses enfants sont épluchés par l?Icac.

De plus, une transaction de terrain à Phoenix, appartenant à Harry Sookun, qui aurait été cédé au client, revient sur le tapis. Un parlementaire, ayant participé à la transaction, pourrait aussi se retrouver dans une situation embarrassante.

Sans compter que les ardoises assez importantes du client auprès de la banque n?arrangent pas les choses. Il a emprunté Rs 50 millions pour une participation dans un projet d?Integrated Resort Scheme à Albion. Il a ensuite sollicité la banque pour un autre prêt de Rs 18 millions.

L?actionnariat mis en cause

Les remboursements se font toutefois toujours attendre. Au niveau de la direction, l?on assure que des arrangements ont été conclus avec le client pour qu?il rembourse dans les plus brefs délais. Ce client avait aussi d?autres prêts avec l?ex-Delphis Bank, qui est devenue la First City Bank.

En avril 2002, Harry Sookun, directeur de Global Direct Finance (GDF), achète les actions de Del Subs Co Ltd, dont le directeur est Yuvraj Thacoor, le Receiver Manager de l?ex-Delphis Bank. Un mois plus tard, cette compagnie, dont il est le nouveau actionnaire, devient la First City Bank.

Au niveau de l?actionnariat, Harry Sookun a jusqu?en décembre 2005 pour se plier aux nouvelles dispositions de la Banking Act, qui exige que le seuil de l?actionnariat pour toute entité doit demeurer à 10 %. Harry Sookun, détient à travers le GDF, 39 % de l?actionnariat, la Banque de développement en détient 51, 56 % et la State Investment Corporation 7 %.

?Je vais me plier à la loi. Nous avons encore du temps?, déclare l?homme d?affaires. Cela, alors qu?il a toujours opposé une ferme résistance au souhait de la banque de Maurice de réduire ses parts au sein de la FCB. La banque coopérative souhaitait à un certain moment intégrer l?actionnariat du FCB et un consortium étranger montrait également son intérêt. Mais Harry Sookun n?a pas cédé.

Le conflit avait d?ailleurs amené des relations tendues entre Harry Sookun et certains membres de son conseil d?administration, l?an dernier.

En attendant, la banque de Maurice se dit préoccupée par les non performing loans de la FCB. Cela, depuis plus d?un an. Et lors de la dernière rencontre avec la banque de Maurice, il y a quelques semaines, la direction de la FCB a assuré qu?elle a un ?recovery plan ?.

La Banque de Maurice exige, elle, une injection dans le capital de la banque s?élevant à plus de Rs 600 millions. Harry Sookun avait contesté ce chiffre par voie d?affidavit en cour de faillite. L?affaire est tombée à l?eau car la Banque de Maurice avait entre-temps nommé la firme PriceWaterhouseCoopers pour une nouvelle évaluation.

Face à la situation confuse, Harry Sookun, garde espoir : ?Il n?est pas question de se laisser déstabiliser. La priorité reste la solidité de la banque.?

En attendant, les conclusions de l?enquête de l?Icac, la direction affiche, elle, l?optimisme et la sérénité. ?Nous mettons la banque sur les rails et nous sommes confiants de réussir.?

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