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Schröder et Chirac à la recherche d’un front commun
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Schröder et Chirac à la recherche d’un front commun
Jacques Chirac et Gerhard Schröder se sont employés à raviver une entente franco-allemande ébranlée par le “non” français à la Constitution européenne en appelant à la poursuite du processus de ratification “dans un esprit de rassemblement”.
“Le chancelier et le président sont convenus qu’il fallait poursuivre le processus constitutionnel”, a déclaré le porte-parole de Gerhard Schröder, Bela Anda, à l’issue d’un dîner entre les dirigeants allemand et français. Jacques Chirac et Gerhard Schröder se sont retrouvés à Berlin, à la Chancellerie, pour la première fois depuis la victoire du “non” au référendum français sur le traité constitutionnel européen, suivie du “non” néerlandais.
Dans ce tête-à-tête destiné à marquer la “cohésion “, “l’entente” et “l’unité” du couple franco-allemand, les deux partenaires, tous deux affaiblis politiquement, ont souligné la nécessité de “ne pas laisser tomber” le traité en dépit de cette passe “difficile”. “Le président et le chancelier sont convenus que ce n’était pas le moment de laisser tomber l’Europe”, qu’il fallait “reconnaître et encourager l’idée européenne”, a indiqué Bela Anda.
“Chaque état doit faire un geste”
Jacques Chirac a rappelé que 12 pays s’étaient pour l’heure prononcés dans le processus de ratification et qu’un pays, en l’occurrence la France, “ne pouvait décider à lui seul du sort d’un traité”. “Dans cette période difficile, l’Union européenne a besoin d’être rassemblée, et cet esprit de rassemblement devra se manifester lors du Conseil des 16 et 17 juin”, a déclaré Jérôme Bonnafont, le porte-parole du président français.
Un message adressé plus particulièrement à la Grande-Bretagne, qui pourrait annoncer aujourd’hui le gel du processus de ratification par référendum, initialement fixé par Tony Blair au printemps 2006. “Une grande responsabilité va incomber à la présidence britannique pour poursuivre dans cet esprit de rassemblement”, a souligné Jérôme Bonnafont. La Grande-Bretagne assumera à partir du 1er juillet la présidence de l’Union européenne.
La Grande-Bretagne, jamais citée samedi soir, a également été pointée du doigt, s’agissant des négociations sur les perspectives financières de l’UE pour 2007-2013.
Gerhard Schröder a déclaré “qu’il fallait absolument ne pas se perdre dans des égoïsmes nationaux” et que, de ce point de vue, “l’Allemagne était prête à évoluer” dans les discussions sur le
futur budget communautaire. “Chaque Etat membre doit faire un geste”, a insisté le chancelier allemand, évoquant implicitement le “chèque” britannique datant de 1984.
“Aboutir à un bon accord”
“Le président de la République est tout à fait d’accord avec cette approche”, a ajouté Jérôme Bonnafont, en précisant toutefois que la France ne reviendrait pas sur l’accord d’octobre 2002 sur la Politique agricole commune (PAC).
“Cet accord a été conclu (...) avec la conviction qu’il serait le point agricole des prochaines perspectives financières”, a-t-il précisé. “La France, avec l’Allemagne, veut appuyer les efforts de la présidence pour aboutir à un bon accord” au Conseil des 16 et 17 juin, a-t-il ajouté, sans plus de précisions.
Un accord sur le budget 2007-2013 serait la preuve que l’Europe va de l’avant, estime-t-on à Paris et Berlin. Jacques Chirac et Gerhard Schröder se retrouveront le 10 juin à Paris pour un entretien informel dans le cadre du “processus de Blaesheim”.
Sophie LOUET
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