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Satish Boolell du Macoss : ?Vous êtes le dernier rempart contre le communalisme?

14 juillet 2003, 20:00

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?Ce n?est un secret pour personne que le communalisme est un monstre qui se fait de plus en plus voir. Et vous êtes le dernier rempart contre ce fléau?, a déclaré hier Satish Boolell, président du Mauritius Council of Social Services (Macoss). Il s?adressait à une soixantaine de travailleurs sociaux lors d?une remise de certificats à l?université de Maurice. Ces derniers avaient préalablement participé à un programme intitulé Former les formateurs. Satish Boolell n?a ainsi pas failli à sa réputation. Son franc-parler habituel a réveillé son auditoire. Tous ceux qui s?attendaient à un discours traditionnel sur les bienfaits de la formation ou à de grandes théories sur l?engagement social ont dû être surpris. ?Les communautés ne sont pas condamnées à vivre ensemble, a-t-il dit, mais doivent être libres de le faire, au-delà de toute distinction, notamment religieuse.? Et d?ajouter : ?Si vous voulez faire de la charité, soyez d?abord charitables envers des personnes qui ne sont pas de votre communauté.?

La réaction du ministre de la Formation, Sangeet Fowdar, ne s?est pas fait attendre. Il a d?abord mis de côté le discours qu?il avait préparé pour se lancer dans une improvisation. ?Nous passons par des moments difficiles. Si le fléau qu?est le communalisme nous guette, il n?est toutefois pas aussi inquiétant?, a-t-il dit. ?L?esprit patriotique sera toujours présent et nous protégera même s?il y aura toujours des personnes qui auront un penchant pour le communalisme.?

Sujet tabou

Pour Patricia Adèle-Félicité, de Caritas Ile Maurice, c?est un sujet tabou dont il faut savoir parler, notamment à l?adresse des ONG. ?Le communalisme est peut-être subtil mais il est bien présent.? Forte de son expérience sur le terrain, cette travailleuse sociale a toutefois fait remarquer qu?il n?existe pas de communalisme chez les pauvres. ?Ils sont une seule et même communauté. Le communalisme se ressent chez les couches sociales plus élevées.?

Même constat chez Suzon Benoît, de l?Apeim, qui a, elle aussi, relevé l?allusion de Satish Boolell à la religion. ?Disons surtout qu?aujourd?hui il y a plus de religiosité que de spiritualité?, dit-elle, dans la lignée de l?argument du président du Macoss émis plus tôt et selon lequel ?nous ne ratons jamais un carême ou une prière?.

C?est donc dans ce climat qu?a eu lieu la remise de certificats aux travailleurs sociaux. ?C?est maintenant aux travailleurs sociaux, aujourd?hui plus professionnels, de répondre et de faire face aux problèmes qu?ils rencontrent, et cela alors même que la société connaît ses plus graves fléaux?, a, pour sa part, déclaré Mekraj Baldowan, Chairperson of Human Ressource Development.

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