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Sasha Mosafeer aux mains d?argent

30 septembre 2006, 20:00

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OPI, Nioxin, Paul Mitchell? ces marques inscrites sous les affiches de mannequins aux cheveux impeccablement lissés ou bouclés, habillent les murs et les portes de son institut. À l?entrée, le regard se porte sur les étagères où trônent une multitude de produits. Et leur représentant local n?est autre que le jeune homme à la chemise aux rayures bleues et turquoise chatoyantes. Il a une coupe de cheveux très tendance. Du patch-blond, dit-il. C?est un mélange de ton chocolaté à la base relevée par de fines mèches blondes éparpillées. Digne du coiffeur avisé et un tant soit peu perfectionniste !

« Le résultat est important. Aujourd?hui, tout le monde veut avoir de beaux cheveux, sortir d?un salon avec de bons conseils du coiffeur, une coupe à la mode ou une jolie coloration », indique Sasha Mosafeer.

D?ailleurs, il prend lui-même grand soin de ses cheveux. Séance de shampooing quotidienne, application de produits anti-chute, suivie de quelques secondes de coiffage au salon. Et la couleur, elle, change tous les mois ! Car le monde de la coiffure évolue à une vitesse grand V. Le professionnel doit suivre le pas. Et grand passionné qu?il est, Sasha Mosafeer ne jure que par ce métier.

Il est tombé dans cette marmite dès l?enfance, en passant ses week-ends avec son frère, Shah, au salon de son père, Sharif.

« Nous aidions mon père, nous passions un coup de balai et puis nous avons appris les techniques du shampooing. Il était là pour nous superviser », raconte Sasha.

Immergé dans cet univers, il est émerveillé. L?expérience auprès du père fait naître en lui une flamme, un rêve. Il sera coiffeur ! « La question ne se posait pas. Je n?aspirais qu?à cela. Ce métier me fascinait », souligne-t-il. Son temps libre, il le passe au salon et dévore livres et revues consacrés à la coiffure. « Feuilleter des pages de coiffure était un ravissement. Assimiler cela était bien plus facile pour moi que de plancher sur un manuel de mathématiques. J?admirais les coupes, je voulais devenir un professionnel et je voulais partir à l?étranger pour apprendre », confie-t-il, en riant.

Après le School Certificate, Sasha Mosafeer travaille avec son père, qui fonde également une école de coiffure. Il assiste aux stages et se jette dans les méandres des permanentes, des coupes, des coiffures relevées, des tresses, entre autres. Au bout d?un an et demi, Sasha Mosafeer s?embarque pour l?Angleterre et fait une formation chez Alan D et chez Toni and Guy. Puis, il part en France pour un C.A.P.

Après son diplôme, il reprend tout à zéro pour se perfectionner. Il travaille ainsi dans sept salons professionnels avec des produits L?Oréal, Eugène Perma, entre autres, avant de prendre de l?emploi au salon Cambon à Ajorès.

De nouvelles techniques qui font un malheur

En 1995, il rentre au pays et se met à chercher un emplacement pour y lancer son salon. Son choix s?arrête sur la rue Ste-Thérèse. Et c?est ainsi que le salon baptisé Sasha voit le jour le 24 octobre 1995. Il y emploie alors une seule coiffeuse.

Mais il doit bien vite augmenter son effectif pour répondre à la demande. En 1996, il introduit le visagisme assisté par ordinateur ? technique permettant aux clients d?entrevoir la nouvelle coupe avant même que celle-ci ne soit effectuée. Après quelque temps, ce service ne sera plus offert, étant accessible sur le web.

Puis, en 1997, il fonde un institut de beauté ? Beautérama ? où il propose des soins au laser pour prévenir la chute de cheveux, le lifting et le hairoscope, des soins très avancés en esthétique et coiffure. Et en l?an 2000, il effectue une rénovation du salon où il crée des cabines spécifiques pour le coiffage et l?esthétique.

Ensuite, Sasha Mosafeer devient le représentant officiel de la gamme Paul Mitchell, marque américaine qui connaît un grand succès et il inaugure la compagnie Twincare. Quelque temps plus tard, il devient aussi représentant des produits Nioxin, contre la chute de cheveux, et OPI, soins des mains et des pieds, qu?il distribue également aux autres coiffeurs.

En juin 2001, il épouse Pascaline qui vient lui prêter main forte dans la gestion. De cette union, naissent deux enfants, Sasha et Shania, âgés de 4 et 3 ans, respectivement. Entre-temps, il continue dans la diversification de ses services et importe des fers à lisser T3, dotés de pierres précieuses aux vertus brillantes pour les cheveux. Il se rend ensuite en Afrique du Sud et assiste des coiffeurs participant au concours Hair Stylist of the Year.

Puis, il crée Sharmed Ltd, son école de coiffure et travaille avec des coiffeurs. Sasha y dispense des formations et il fait également venir des experts étrangers pour les assurer. Peu après, le coiffeur fait une escale en Afrique du Sud sur une invitation de Paul Mitchell et seconde son frère, Deen, dans l?ouverture du salon Hairmoves à Melbourne, en Australie.

En 2006, Sasha Mosafeer met le cap sur le Japon ? à l?institut Paimore ? pour acquérir les nouvelles techniques qui font un malheur. Ainsi, il y découvre le lissage permanent (hair rebonding) et le Digital Perm ? une permanente effectuée avec des impulsions électroniques. « Ces deux traitements procurent souplesse et brillance aux cheveux. Dans le cas du rebonding, les femmes qui ont fait un brushing n?ont plus de soucis à se faire par rapport à l?humidité. Les cheveux restent droits pour tout le temps. Pour le Digital Perm, les boucles sont superbement définies. Auparavant, c?était le cauchemar de tout coiffeur car on ne savait pas quel serait le résultat. Les produits appliqués protègent les cheveux », confie-t-il.

« Je veux continuer à évoluer »

Comme il a effectué une formation sur le hair rebonding pour les coiffeurs, Sasha Mosafeer prépare une prochaine séance axée sur la permanente digitale. Et fidèle à l?évolution, il envisage de lancer bientôt de nouvelles colorations signées Paul Mitchell ainsi que d?autres produits, et de poursuivre ses formations. Il entend aussi transformer son salon avec un design très moderne et un espace spécialisé pour la vente de produits.

Son temps libre, Sasha le passe en famille. Il s?adonne aussi à des parties de foot à Souillac, le dimanche, et il est un grand supporteur de Liverpool. Féru de soft music, le coiffeur est du genre fonceur. « À chaque heure de ma vie, je me demande ce que je peux faire. Il y a encore beaucoup de choses à réaliser. Je veux aller de l?avant, continuer à évoluer », souligne-t-il. Et pour continuer en si bon chemin, il s?active au lancement de son site web.

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