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Sarkozy annonce sa candidature à la présidentielle

1 décembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?Sarko? s?est déclaré officiellement candidat à la présidentielle, proposant ?une autre vision de la France? et ?une rupture tranquille?, à cinq mois de l?élection phare de la Vème République.

Nicolas Sarkozy n?a finalement pas attendu que soit passé le 74e anniversaire du président Jacques Chirac (célébré avant-hier) pour mettre fin au faux suspens de sa candidature à l?élection présidentielle de 2007.

Soucieux de s?adresser ?à tous les Français sans exception?, le ministre de l?Intérieur et président de l?UMP (L?Union pour un mouvement populaire) a choisi pour ce faire une interview à la presse quotidienne régionale, qui ne devait paraître que jeudi mais dont le texte circulait dès mercredi soir, bien avant les journaux télévisés de 20h00.

Prié de dire s?il est candidat, il répond simplement, à la manière du président socialiste François Mitterrand à la fin de son premier septennat : ?Ma réponse est oui?.

?C?est une lourde responsabilité vis-à-vis des Français, auxquels je demande de me faire confiance?, ajoute-t-il. ?Imaginer l?avenir et l?incarner, c?est désormais ma mission.? Il réaffirme sa volonté de ?rompre avec une façon de faire de la politique?, de proposer ?une autre vision de la France? où ?tout peut devenir possible? et d?incarner le mouvement face à un Parti socialiste qui a, selon lui, ?choisi l?immobilisme?.

Mais il s?efforce en même temps de rassurer ceux que cette volonté de rupture pourrait effrayer : ?Je veux une rupture tranquille?, assure Nicolas Sarkozy. Il critique la notion ?d?ordre juste? brandie par la candidate socialiste Ségolène Royal, désormais sa principale adversaire : ?L?ordre juste, c?est juste de l?ordre. Je veux que l?avenir redevienne une promesse et cesse d?être une menace.?

?Nicolas Sarkozy n?entend laisser aucun thème, aucun terrain, ni le nôtre ni le leur, aux socialistes?, commente un proche du ministre de l?Intérieur.

Il a en tout cas tout fait pour transformer en événement médiatique cette formalité et ne pas laisser Ségolène Royal, en partance pour le Proche-Orient, profiter de la dynamique créée par sa désignation et occuper seule l?arène.

<B>?Un acte personnel lourd?

Après avoir déclaré récemment qu?il annoncerait cette semaine ce que personne n?ignorait plus depuis longtemps, il a gardé le secret sur la façon dont il s?y prendrait jusqu?à la dernière minute, tout en multipliant les discours de quasi candidat. Avant de promettre mardi soir une ?surprise? à quelque 350 parlementaires UMP conviés à son ministère.

L?annonce de sa candidature par le biais des quotidiens régionaux est ?un peu impressionniste? et ne suffira sans doute pas à contrebalancer la désignation de Ségolène Royal par les militants du PS, admet un de ses proches.

Nicolas Sarkozy a certes eu l?occasion de préciser sa pensée hier soir sur France 2, dans l?émission ?A vous de juger?, et continuera sur sa lancée aujourd?hui, lors d?une réunion publique à Angers.

L?exercice est cependant ?un peu difficile à gérer?, estime un de ses conseillers. ?Il ne sera pleinement candidat qu?après le 14 janvier. Quand on est candidat, on ne s?adresse plus qu?aux Français. Mais là il est obligé de s?adresser encore à sa famille politique pour la rassembler derrière lui.?

Les premières réactions au sein de l?UMP ont pris acte sans surprise de ce qui n?en était pas vraiment une.

Le Premier ministre Dominique de Villepin, qui a entamé hier une visite de trois jours en Afrique et laisse planer le doute sur ses intentions pour 2007, a estimé sur

Europe 1 que c?était ?un acte personnel lourd?. Son prédécesseur à Matignon Jean-Pierre Raffarin a estimé que la candidature de Nicolas Sarkozy méritait ?le respect?.

Le président du groupe UMP à l?Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a salué ?un temps important? de la vie du principal parti de la droite en France et le député UMP de tendance libérale Hervé Novelli une ?candidature de rassemblement?.

A gauche, l?un des porte-parole de Ségolène Royal, Gilles Savary, a estimé que Nicolas Sarkozy ?brassait du vent pour faire diversion?, tandis que le député des Verts Noël Mamère a vu dans le ministre de l?Intérieur ?une sorte de Bonaparte saisi par le vertige de la peur?.

<B>© Le Monde 2006

		             Distribué par

                    The New York Times Syndicate</b>

TOURNÉE

<B>Au Proche-Orient, Royal veut étoffer sa stature internationale</B>

■ A peine investie candidate présidentielle par le Parti socialiste, Ségolène Royal a choisi d?étoffer sa stature internationale avec une tournée de cinq jours au Proche-Orient, point de passage obligé de tout prétendant à l?Elysée. La présidente de Poitou-Charentes, qui ne s?est jamais rendue dans la région, est attendue jeudi au Liban puis dans les territoires palestiniens et en Israël.Chaque étape est constituée d?entretiens officiels avec les principaux dirigeants - les Premiers ministres libanais et israélien ainsi que le président de l?Autorité palestinienne ? et de rencontres en petits comités avec la société civile. Pendant la campagne interne pour l?investiture socialiste, Ségolène Royal s?était rendue à Rome, Bruxelles et Madrid avant un voyage au Sénégal, où elle est née, pour parler d?immigration et de co-développement. A l?heure où les invitations internationales se multiplient, (Etats-Unis, Portugal, Allemagne), elle ?répond? à ses détracteurs qui critiquent sa légèreté diplomatique en commençant ?par le plus difficile?, explique son porte-parole, Julien Dray. Il évoque un ?voyage politique de prise de contacts?. ?Elle veut être en situation de faire des choses dès qu?elle sera élue, donc elle veut nouer des relations personnelles avec les dirigeants?, ajoute le député de l?Essonne. Pour elle, dit-il, le conflit entre Israéliens et Palestiniens est ?l?épicentre? de tous les problèmes de sécurité dans la région. ?Elle va dans une région importante pour la paix du monde (...), où la France et l?Europe ont un rôle important à jouer?, souligne son co-directeur de campagne, qui l?accompagne dans ce voyage. Ségolène Royal prône le rétablissement direct de l?aide financière et humanitaire aux Palestiniens, promet de ?parler à tout le monde? ? Hamas compris ? et souhaite que l?Union européenne organise une conférence internationale pour la paix.

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