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Samraj : the success history
Dans la vie, il faut savoir être patient, discipliné, bosser dur, attendre son heure et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. C?est cette philosophie qui a, sans doute, contribué au succès de Samraj Mahadia.
Lorsqu?il aura rangé bottes, googles, toques et cravaches dans quelques années, ce jockey mauricien ne sera peut-être pas reconnu comme étant un des plus grands ayant exercé sur l?hippodrome du Champ-de-Mars, mais il sera déjà dans l?histoire comme le premier Mauricien à avoir réalisé le doublé dans le Maiden.
Ce bonheur, ce moment de grandeur, il l?a connu dimanche dernier en selle sur Have Mercy. Un nom trompeur, car Samraj Mahadia et son coursier ont été sans pitié pour la deuxième fois en trois ans.
Une semaine après être entré dans l?histoire, lui comme son désormais coursier fétiche (Have Mercy devient le troisième cheval à réaliser le doublé en 154 ans d?histoire du Maiden après Tahara Maid en 1905 et 1906 et Lines Of Power en 1988 et 1989), Samraj a repris son train-train quotidien sans avoir la grosse tête.
« À aucun moment je n?ai pensé à ce qui allait se passer si je remportais le Maiden. Ce n?est pas que je ne croyais pas en la victoire, mais tout simplement j?étais concentré sur la course. Dans ma tête je savais que je pouvais gagner. J?étais confiant parce que Have Mercy n?avait jamais été en aussi bonne forme. Et comme il avait tiré la première ligne.? », explique d?emblée le Curepipien.
Cette première ligne a en effet été déterminante. Samraj la doit sans doute à sa bonne étoile, une étoile nommée Ashley, son second fils qui est né deux jours avant son premier triomphe dans le Ruban Bleu avec Have Mercy. C?était en 2003.
Le destin a voulu que ce soit à nouveau lui qui pilote le coursier cette année, comme ce fut le cas en 2004. Mais lors de la précédente édition, le duo n?avait pu se porter en tête et la victoire finale était revenue à un certain Etro.
Cette fameuse première ligne a été attribuée à Have Mercy par le jockey de l?écurie Fok, François Herholdt. Si vous êtes un inculte des courses, sachez que Have Mercy est un pensionnaire de l?écurie pour laquelle monte le Sud-Africain Herholdt et que ce dernier a choisi, vendredi à la dernière minute, de piloter l?autre représentant de l?établissement dans le Maiden, en l?occurrence Brandy-Pawnee. Lors du tirage au sort des lignes le jeudi précédant la course, Herholdt est invité à participer au déroulement et il tire la ligne 1 pour Have Mercy.
« Je peux dire merci à François. Il tire la première ligne et par la suite il délaisse le cheval et donc j?obtiens la monte », explique le jockey.
La suite on la connaît. Samraj propulse le hongre bai en tête de la course dès l?ouverture des boîtes et les 2400 mètres sont bouclés en temps record : 2 minutes, 23 secondes et 28 centièmes.
Avant lui, Maxime de Coriolis, Jason Espitalier-Noël, Praveen Nagadoo et Vishan Venkaya avaient été les seuls Mauriciens à inscrire leurs noms au palmarès de la plus grande course à Maurice.
« Cela fait 15 ans que j?exerce ce métier de jockey et je peux marcher dans la rue la tête haute sans que personne ne puisse me montrer du doigt. »
Si on est en droit de s?émerveiller devant l?exploit qu?a réalisé ce fils du sol, il préfère, lui, ramener les choses à leurs justes proportions. « Je ne suis que le dernier maillon de la chaîne. Il y a tout un travail fait à l?écurie : le palefrenier, les propriétaires, le vétérinaire, le maréchal-ferrant, l?entraîneur. Moi j?arrive après et je termine le boulot. Si j?ai gagné, c?est grâce aux instructions méthodiques de l?entraîneur Bud Gujadhur. Le plus important était de prendre un départ canon pour que ni Altaturk, ni Ubusuku n?ose venir nous taquiner à l?avant. Ensuite, il fallait laisser souffler Have Mercy en deux occasions », confie Samraj Mahadia.
Et dire qu?il avait failli passer à côté d?un tel bonheur. C?est en effet par le plus pur des hasards qu?il est devenu jockey. « C?est ma curiosité qui m?a amené là. Je suivais sans grand intérêt le parcours des jockeys mauriciens comme Anand Bundhoo et les frères Nagadoo. Puis un jour, je suis tombé sur un avis dans un journal où on recherchait des cavaliers mauriciens. J?ai envoyé ma candidature, juste pour voir comment cela se passait. Je me disais que j?allais filer à l?anglaise vite fait bien fait », rigole-t-il.
Mais tel est pris qui croyait prendre. Lorsque débute le stage, Samraj a le coup de foudre. Le premier avant d?en connaître un autre quelques années plus tard lorsqu?il rencontre Simla, aujourd?hui son épouse, qui lui a donné deux fils, Hansley, 6 ans, et Ashley, 2 ans.
« Je suis tombé amoureux du cheval lorsque le stage a commencé et voilà où j?en suis aujourd?hui », lâche-t-il.
Fils unique, les parents ne s?opposent pas à son désir, même s?ils ne sont pas chauds à l?idée qu?il devienne jockey. Lorsque le jeune Samraj avait terminé ses études secondaires au Collège St Joseph, après avoir étudié au collège Renaissance et fréquenté la Robinson Government School à Curepipe, sans doute que ses parents voyaient son avenir autrement.
« Je ne regrette pas mon choix. À ce jour, j?ai remporté 75 courses, dont quatre classiques à Maurice, des épreuves en Inde et en Afrique du Sud. Ce n?est pas une carrière extraordinaire, mais elle est déjà bien remplie », fait-il remarquer.
De Varsity Pass, le premier cheval qu?il a entraîné, en passant par Sea Rumour, le premier cheval monté en course, Amber Trail, le premier succès, et Exclusive Cane, la première victoire chez les professionnels, le jockey a fait du chemin.
La fameuse victoire de Botanique dans la Coupe d?Or 1995 face à Le Turbo, c?était avec lui. Le dead-heat historique d?Alexei avec Road To Gold dans la Duchesse 1997, c?était encore lui. Bref, Samraj Mahadia, à défaut d?être un jockey qui se manifeste journée après journée, est un homme des grandes occasions.
Combatif à souhait, il ne se laisse pas gagner par le découragement facilement. Même si en 2003, il a failli raccrocher, juste avant que Have Mercy ne relance sa carrière. « Je suis un bosseur, discipliné, strict, méticuleux. Cela fait 15 ans que j?exerce ce métier de jockey et je peux marcher dans la rue la tête haute sans que personne ne puisse me montrer du doigt », souligne-t-il.
En dehors des séances d?entraînement quotidiennes au Champ-de-Mars et au Centre Guy-Desmarais à Floréal, Samraj passe son temps libre à la maison. En famille, à s?occuper de son business : la culture de tomates hydroponiques. « J?ai trois serres dans ma cour pour la culture des tomates et j?y consacre tout mon temps. C?est ce que j?aime faire », fait-il ressortir.
Le cours normal des choses a repris hier pour Samraj avec une journée ordinaire au Champ-de-Mars. En attendant d?autres grands événements, il pense le plus sérieusement du monde au Maiden 2006 avec? Have Mercy. Bien sûr ! Comment pouvait-il en être autrement ? « Il peut toujours être présent en 2006 pour une quatrième participation d?affilée. Have Mercy nous a démontré de quoi il est capable », dit-il sérieusement.
Vous êtes avertis les gars?
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