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Salonee Bhoobun
Comment avez-vous fait pour vous joindre à cette équipe de guides ?
Après avoir complété mon School Certificate (S.C) et des cours en dactylographie, il y a une dizaine d?années, j?ai essayé en vain de me joindre à la fonction publique. Un jour, j?ai remarqué dans un journal, que l?Industrial Vocational and Training Board (IVTB) allait former des guides pour le jardin botanique de Pamplemousses. Donc, j?ai postulé pour ces cours d?une durée de trois semaines avant de pouvoir exercer comme guide.
Neuf ans après, quel est votre sentiment ?
C?est un métier que j?aime profondément. Non seulement j?apprends aux touristes beaucoup de choses sur le jardin et sur Maurice, mais je me documente en même temps. En effet, souvent, les touristes parlent de leur pays et de leurs traditions.
Vous aimez votre travail.
Il y a un bon environnement de travail. D?ailleurs j?aime la nature et surtout, il n?y a pas de pollution. Il n?y aucun chef derrière moi. Mais malheureusement, il n?y a pas les facilités que j?aurais pu avoir si je travaillais dans un bureau. Je n?ai pas de congé et si je tombe malade, ce sera des revenus en moins. Donc, il n?y a pas de sécurité d?emploi.
Quelle est la réaction du touriste vis-à-vis d?une femme-guide ?
C?est humiliant si un touriste refuse vos services. Mais heureusement, dans la majorité des cas, ils sont courtois.
Le guide peut-il gagner facilement sa vie ?
C?est de plus en plus difficile. Avec la concurrence, surtout avec les tour-opérateurs qui ont leurs propres guides. Nos avons de moins en moins de recettes. D?ailleurs, je lance un appel aux autorités pour qu?elles révisent le tarif. Depuis neuf ans, c?est le même, c?est -à -dire Rs 50 par personne ou Rs 40 quand ils sont en groupe. Très souvent on n?a que deux couples pour la visite du jardin.
Regrettez-vous parfois d?avoir choisi ce métier ?
Non, pas du tout, quoique que c?est de plus en plus difficile de joindre les deux bouts.
De bons souvenirs ?
Une fois, un touriste m?a envoyé une documentation sur le Kew Garden d?Angleterre. Cela m?a émerveillée. Assez souvent, je reçois des lettres de remerciements.
Et votre plus mauvais ?
C?est lors du passage du cyclone Dina en 2001. Je n?ai pas travaillé pendant trois semaines.
Continuerez-vous à faire ce métier pendant encore longtemps ?
J?ai une certaine appréhension avec l?entrée d?un Trust Fund pour la gestion du jardin. Je ne sais pas trop ce que l?avenir nous réserve, à mes amis guides et à moi-même..
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