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Salaires réunionnais : chauds débats sur les barèmes
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Salaires réunionnais : chauds débats sur les barèmes
Un salaire qui n?augmente pas est un salaire qui régresse... Après le relèvement du Smic de 2,3 % le 1er mai, le nombre de branches au plan national qui affichent au moins un coefficient inférieur au Smic sont encore plus nombreuses qu?elles ne l?étaient en février dernier ? 90 sur 160. A l?époque, un rapport de la direction générale du Travail (DGT) dénonçait déjà une quinzaine de branches (dont le commerce, les hôtels, cafés restaurants ou encore la coiffure), faisant systématiquement obstacle à la réévaluation du bas de leur grille de salaire. Les 4 à 5 millions de salariés concernés au total perçoivent bien sûr des rémunérations au moins équivalentes au salaire minimum. Mais, à défaut de négociation et de revalorisation, les rémunérations de ces secteurs sont écrasées, tassées au niveau du Smic dans quasiment la moitié de la grille. La situation n?est pas plus glorieuse au plan réunionnais et promet de régresser encore après la prochaine hausse du Smic, qui devrait être d?au moins 0,9 %, au 1er juillet ? il passera de 1 308 euros bruts mensuels à au moins 1 320 euros. En matière d?accords collectifs, le code du Travail prévoit depuis 1994 que les conventions collectives nationales ne peuvent s?appliquer dans les DOM que si elles le prévoient expressément. Dans le cas contraire, un texte local est élaboré. A défaut, seul le code du Travail s?applique. C?est le cas par exemple des secteurs de la métallurgie, des transports routiers ou encore de la coiffure. Dans ce dernier, une négociation entamée en 2004 a finalement été avortée.
<I>«A partir de 2010, les entreprises qui ne respecteront pas leurs obligations salariales sont menacées de sanctions, et notamment d?une baisse des allégements de charges de 10 %.»</I>
«Sans accord local ni national, ou lorsqu?une grille est obsolète, le Smic devient la seule référence, souligne Gilbert David, directeur adjoint du Travail, responsable du pôle entreprises. On se vend au plus offrant. Mais du coup, les disparités sont importantes sur le terrain entre les grandes entreprises et les petites qui n?ont même pas de représentation du personnel. En cas de litiges individuels, ces vides juridiques causent les pires difficultés. Ils rendent également impossible l?évaluation des salaires des Réunionnais.»
Et des grilles de salaires obsolètes, on ne trouve quasiment que ça à La Réunion. «A La Réunion, nous sommes en difficulté sur certaines branches qui sont mal organisées», déclare Gilbert David. Et de donner l?exemple du commerce, secteur de loin le plus à la traîne.
Ou encore, pour citer une branche en plein boom, «La convention collective locale du secteur de l?aide à la personne date de Mathusalem, affirme Gilbert David. Nous voudrions réunir les responsables syndicaux autour de la table mais il n?existe pas d?interlocuteur sur l?île. La fédération des employeurs de particuliers d?employés de maison (Fepem), n?est pas représentée ici.» Seuls les salariés du BTP (25 000) parviennent à tirer leur épingle du jeu.
A l?issue de négociations annuelles souvent longues et houleuses ? de 12 réunions en 2005, on est cependant passé à six en 2007 et 2008 ? les salaires du BTP augmentent d?au moins trois points par an, un cas de figure exceptionnel par rapport aux autres branches et par rapport à cette même branche en métropole.
Pour le reste, «les secteurs où il m?apparaît le plus urgent de négocier au plan local sont l?agroalimentaire, l?automobile, le commerce, la coiffure et l?aide à la personne», souligne Gilbert David. Observées depuis des années dans toute la France, ces situations de blocage viennent de conduire le gouvernement à intervenir plus fermement. A partir de 2010, les entreprises qui ne respecteront pas leurs obligations salariales sont menacées de sanctions, et notamment d?une baisse des allégements de charges de 10 %.
Cette perspective pourrait changer la donne mais elle se heurte pour l?instant à une résistance farouche des organisations patronales. «Jusqu?ici, on ne pratique pas de coercition en matière d?élaboration des conventions collectives, souligne Gilbert David. Les partenaires sociaux n?accepteraient pas que la loi régente tout.» Pourtant, compter sur les bonnes volontés ne semble pas suffire.
Source: Journal de l?île</I>
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