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SAJ et Ramgoolam chez le haut-commissaire indien
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SAJ et Ramgoolam chez le haut-commissaire indien
La chaleur de l?accueil du haut-commissariat indien sera-t-elle assez intense au point de briser la glace entre sir Anerood Jugnauth et Navin Ramgoolam ? Les invités du couple Haer à la réception de demain à l?occasion du 58e anniversaire de l?indépendance de l?Inde auront sans doute les yeux braqués sur ces deux principales personnalités de l?État pour tenter de décrypter leurs moindres gestes.
On sait que depuis les dernières élections, sir Anerood et Navin Ramgoolam se regardent en chiens de faïence pour de multiples raisons. Chacun accusant l?autre de manquements. Ainsi depuis l?installation du nouveau gouvernement, le contact se fait par voie épistolaire. La dernière fois que le président et le Premier ministre se sont salués remonte au 14 juillet, à la réception de l?ambassadeur de France.
Le chef du gouvernement reproche particulièrement au président d?avoir fermé les yeux sur la participation de lady Jugnauth à des réunions politiques lors de la dernière campagne électorale. Et de n?avoir pas non plus sevré tous ses liens avec le Sun Trust dès son installation à la State House. Navin Ramgoolam en veut au président d?avoir fait des commentaires défavorables sur son pari de commencer à changer la vie des gens dès les premiers 100 jours de son retour aux affaires.
<B>Dispositions « sans ambiguïté »</B>
Pour sa part, sir Anerood n?a pas apprécié que Navin Ramgoolam ne soit pas venu personnellement à la State House le lendemain de son élection pour recevoir sa lettre de nomination comme Premier ministre. Il n?a pas digéré la décision de l?exécutif de faire la cérémonie de prestation de serments des ministres, le 7 juillet dernier, devant l?hôtel du gouvernement, et non au château du Réduit.
La situation s?était également envenimée à la suite du remaniement de la Public Service Commission et de la Disciplined Forces Service Commission. Le chef du gouvernement est d?avis qu?il y a eu non-respect d?une convention de la part de la présidence dans la mesure où plusieurs noms qu?il avait proposés n?ont pas été retenus.
Depuis, le Premier ministre a publiquement souhaité que le président s?en aille. Mais ce dernier ne l?entend pas de cette oreille. Il a laissé savoir qu?il n?a aucune intention, dans l?immédiat, de céder sa place et qu?il s?en tient aux dispositions de la Constitution.
S?agissant de celles-ci, l?exécutif a d?ailleurs annoncé, par le biais de son programme gouvernemental 2005-2010, qu?il entend instituer une commission constitutionnelle pour revoir toute la question. Le hic : pour amender de telles clauses, l?actuel gouvernement ne dispose pas d?une majorité suffisante et a besoin du soutien de l?opposition.
Or, Paul Bérenger a, une fois de plus, précisé mardi, qu?il ne compte nullement soutenir une telle démarche. Il pense que les dispositions constitutionnelles actuelles sont « sans ambiguïté et permettent un bon équilibre » entre l?exécutif et le chef de l?État.
À moins que le gouvernement parvienne à obtenir l?appui de cinq autres parlementaires, on voit mal comment toute procédure d?amendement pourra être engagée.
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