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Saisir la balle malgache au bond

3 avril 2004, 20:00

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«La dépréciation du franc malgache va inévitablement intéresser les investisseurs. Aux Mauriciens de se positionner rapidement, car une fois que les grands groupes commenceront à arriver, cela risque d?aller très vite. » Parole d?un banquier mauricien en poste à Antananarivo. C?est dire combien le secteur privé attend énormément de la visite de quatre jours qu?entreprend Paul Bérenger en compagnie de six ministres et de responsables du secteur privé. Visite au cours de laquelle le chef du gouvernement rencontrera le président Marc Ravalomanana, son Premier ministre, Jacques Sylla, les opérateurs mauriciens installés dans la Grande île et le secteur privé malgache.

La monnaie malgache, qui a pendant de nombreux mois a « défié la logique par rapport au dollar américain » en refusant de s?adapter à la tendance des autres devises des pays en voie de développement, a amorcé une baisse depuis le mois de janvier. Au début de l?année, l?euro valait 6 900 FMG. La monnaie européenne avait en fin d?après-midi du 31 mars atteint la barre de 12 000 FMG avec une moyenne de 10 800.

Un partenariat plus large

Lors de sa première rencontre avec la presse malgache, le 30 mars, James Bond, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la région, avait soutenu que la dépréciation du FMG « va doper la compétitivité et favoriser les investissements tournés vers l?exportation » Ce qui devrait intéresser les investisseurs mauriciens à revenir à Tana, notamment ceux qui étaient partis à cause de la crise de 2002. Selon les milieux bien informés, environ 30 % d?entre eux sont déjà de retour.

Même s?il considère que l?investissement étranger tarde, Henri Fleurot, directeur général de l?Union Commercial Bank (UCB) souhaite que la visite de la délégation serve à « resserrer les relations entre Madagascar et Maurice, non seulement pour les industries de la zone franche mais également pour les exportations en direction de Maurice, en particulier celles des produits agro-alimentaires. »

À la SBM Madagascar, c?est sensiblement le même sentiment. Krishnadutt Rambojun, le directeur général, affirme que « le potentiel d?un plus large partenariat entre les opérateurs mauriciens et ceux de la Grande île sont énormes. » Il estime que le taux actuel du FMG représente une incitation supplémentaire pour les industriels qui souhaitent s?installer ici. Madagascar intéresse de plus en plus les investisseurs du monde entier. « Il y a eu de nombreuses visites de prospection ces derniers mois et une fois qu?un grand groupe débarque, les autres vont suivre. Il nous importe de nous positionner », dit-il.

Un vaste boulevard à ouvrir, pour peu que les dirigeants politiques arrivent à aplanir les difficultés administratives pour aider les opérateurs mauriciens à saisir la balle au bond.

Renaud MARIE (à Antananarivo)

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