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Sailesh Ramchurn le triomphe modeste
Rien ne lui échappe. Attentif à chaque question, Sailesh Ramchurn a l?esprif vif, le débit facile et parfait, le sourire aux lèvres, le sens de l?humour en plus. « Je m?étais mis en tête qu?il fallait sortir très vite de l?émission. J?ai eu la chance de franchir toutes les étapes. Par contre, ma famille, mes amis et le public y trouvent leur bonheur. Les félicitations sont spontanées. Cela me fait plaisir, mais entre nous, ma vie n?a pas beaucoup changé depuis. Je suis toujours au même bureau et je suis surtout le même ! »
Pourtant, cette semaine, chacun d?entre nous a bondi de son siège en le voyant parcourir chacune des trois étapes précédant le « face à face » final de Questions pour un champion avec brio. Mieux, on a tous hurlé de joie, lorsqu?il a, avec une facilité déconcertante, rattrapé les neuf points d?écart qui le séparait de Lama, sa concurrente libanaise et battre à la volée, la Malgache Perlette, vice-championne de l?émission. « Je ne comprends pas pourquoi on n?arrête pas de ressortir ce 21-0. Cela m?afflige, d?autant que ce n?est pas gentil pour notre voisine de l?océan Indien. J?ai beaucoup de respect pour l?adversaire », se défend-il.
Sailesh Ramchurn n?est pas de ceux dont l?égo est surdimensionné. Après s?être inscrit une première fois aux éliminatoires de la Spéciale Francophonie de 2001 et après avoir sorti des « banalités » où il ne s?était « pas démarqué, » il avait très sereinement tourné la page. N?en déplaise pourtant à Ashvin, son collègue ami qui l?a inscrit à son insu aux éliminatoires de 2005. « Je n?étais pas particulièrement intéressé, je ne me voyais pas aller chercher le formulaire et je ne me voyais pas y aller !» Mais Ashvin a insisté. Un gâchis évité de justesse !
Au ministère des Affaires étrangères, pendant que ses collègues Malini, Yousouf ou Antish, venus lui apporter un dossier ou échanger quelques mots, ne tarissent pas d?éloges à son sujet et quand la souriante Malini sort candidement : « On ne savait pas qu?il était aussi malin ! », Sailesh Ramchurn pourrait presque disparaître sous son bureau. Il attribuerait presque son succès à un heureux concours de circonstances. «Pendant mes études, j?étais un flemmard de première catégorie. J?allais très peu en cours, à la Réunion parce qu?il faisait trop chaud, à Orléans, parce qu?il faisait trop froid. Si j?étais aussi brillant que cela, j?aurais été à la Banque Mondiale ou encore je serais prix Nobel de littérature ! Je ne serais pas fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères ! » Et quand vous lui sortez qu?il participe à la Collection Maurice, il s?exclame : « La belle affaire ! J?écris une nouvelle par an ! Pour être prolifique, je le suis, c?est certain ! »
<B>Une autre image de Maurice </B>
Son savoir venu d?une culture livresque étonnante, n?a rien non plus de sorcier, selon lui. « J?ai la chance d?avoir eu des parents qui aimaient les livres. Mon père était enseignant, on n?y échappe pas. Je lui suis redevable, avec mon frère, de nous avoir transmis ce goût des livres. Je suis capable de lire rapidement. Je lis de tout, de l?histoire à la science et la science, seulement lorsque ce n?est pas trop complexe. » Il n?aura ainsi subi aucun entraînement particulier pour défier les questions de Julien Lepers. Il est juste redevable envers sa belle-mère, pour qui il a une grande affection, de lui avoir fait cadeau du dictionnaire de Questions pour un champion. Il aura seulement parcouru avec un intérêt débordant, le dictionnaire de la Mythologie. Etant littéraire dans l?âme, il n?a même pas eu à se forcer, plaisante-t-il.
Sailesh Ramchurn est un homme qui se passe de commentaire. Atypique dans son triomphe, capable de rire de lui-même jusqu?à banaliser totalement l?exploit qu?il vient d?accomplir, Sailesh Ramchurn est sans conteste, un drôle de personnage. Pour l?émission, il s?était mis en tête de vendre une autre image de l?île Maurice. « Après avoir passé trois ans au Consulat de Maurice à Mumbai, j?ai réalisé à quel point Maurice était prisonnière des clichés touristiques. Je ne dis pas que c?est mauvais, mais si on veut se convertir aux TIC, il faut tenter autre chose au niveau de l?image. Etant Mauricien, je savais que je ferais exotique sur le plateau, je me suis dit pourquoi ne pas utiliser cette plate-forme pour au moins donner une base sur laquelle on pourrait construire autre chose. Nous sommes tous la vitrine de l?île Maurice », explique-t-il.
<B>Ecriture d?un roman</B>
Après avoir appris l?art du commentaire composé sur les bancs de la faculté des Lettres à la Réunion et en France, avec deux maîtrises, l?une de français, l?autre de l?anglais en poche, Sailesh Ramchurn regagne l?île Maurice. Il est enseignant pendant sept ans au collège St Mary?s « Je remplaçais Bashir Khodhabux qui devenait ministre, lui-même remplaçait Cassam Uteem qui devenait président ! » Est-ce à dire qu?il pourrait se lancer dans l?arène politique ? « La politique, c?est, entre autres, l?art des compromis, voire des compromissions, je ne sais pas si je m?y plairais. »
En revanche, au ministère des Affaires étrangères où il est deuxième secrétaire, Sailesh Ramchurn se plaît totalement. Les accords bilatéraux, le protocole, les missions à l?étranger, c?est tout à fait de son ressort. Diplomate dans l?âme et avec les autres, Sailesh Ramchurn espère se mettre bientôt à l?écriture d?un roman. « Cela fera surtout plaisir à ma femme. Elle n?arrête pas de me dire qu?il est temps que je m?y mette ! »
Respectueux des multiples talents de Léonard de Vinci, admiratif du dévouement de Nelson Mandela et de celui de Rosa Parks pour les droits de l?humain, Sailesh Ramchurn est un homme à part. Ce n?est pas autant sa belle nature qui émerveille, mais son détachement par rapport à cette belle aventure qui vient de lui arriver. « J?ai toujours pensé que les remerciements à l?équipe de Questions pour un champion étaient forcés. C?est même en deçà de la vérité. Il n?y a vraiment rien à dire au sujet de leur accueil. »
Le champion francophone de Questions pour un champion est aussi grand de taille que dans sa simplicité. Faisons modestement écho au président Abdou Diouf, venu sur le plateau lui remettre son chèque de 10 000 euros et sa Vénus de Bronze. Bravo pour « votre maîtrise, votre talent, votre culture et votre rapidité. » A bon entendeur !
<B>J. Teeroovengadum, vice-champion 2001 : «C?est une grande fierté ! » </B>
Jayen Teeroovengadum, maire de Curepipe, a été finaliste malheureux, en 2001, de l?émission. « En 2001, j?avais dis à un journaliste que je souhaitais qu?un Mauricien remporte un jour cette spéciale de Questions pour un champion. C?est aujourd?hui chose faire grâce à Sailesh. Je le félicite chalereusement. C?est une grande fierté, un bonheur incroyable ! C?est dans ces moments-là qu?on se sent mauricien et fier de l?être. C?est à notre nation entière qu?il fait honneur ! »
<B>Perlette Raharivelo, vice-championne 2005 :
« Je me suis bien débrouillée » </B>
L?enseignante en français de Fianarantsoa offre à son pays sa troisième participation à la finale de Questions pour un Champion, spécial Francophonie.
<B> « L?Express de Madagascar » : Perlette, pas trop déçue d?avoir échoué si près du but ? </B>
- Perlette Raharivelo : Bien sûr qu?il y a une petite déception, de ne pas avoir décroché le trophée. Mais je ne suis pas mécontente d?être arrivée en finale. Une 2e place sur dix pays participants, je trouve que ce n?est pas mal du tout.
<B>Vous attendiez-vous à vous retrouver en finale ? </B>
- C?est un concours, donc, quelque part, il y avait toujours cette volonté d?aller le plus loin possible. Au début, j?étais un peu intimidée par les autres candidats, que je trouvais excellents. Mais, bon, je me suis bien débrouillée. Je trouve que Madagascar en finale a été une très grosse surprise pour tous.
En cet instant très particulier où vous êtes passée près de l?exploit, quel message aimeriez-vous transmettre aux Malgaches?
- J?aimerais encourager les jeunes qui étudient en ce moment à ne pas se laisser obséder par la finalité des diplômes, mais de prendre le temps de se cultiver véritablement, pour acquérir le maximum de connaissances générales.
Propos recueillis <B>par A.R. de l?Express de Madagascar</B>
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