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Sahir Edoo, une étoile qui monte
Un nom à retenir. Sahir Edoo. A 17 ans, ce membre de la sélection nationale juniors a réussi à semer la panique dans le camp des aînés. C?était il y a deux semaines à l?occasion du Tara Republic Open. Maîtrisant parfaitement son jeu, il s?est imposé avec panache (15-12, 15-10) devant Vishal Sawaram, titulaire de la sélection nationale.
« Je ne m?attendais pas à le battre. Je n?avais qu?une idée en tête, faire de mon mieux. Mais quand je me suis rendu compte que j?avais la possibilité de le battre, j?ai saisi ma chance. Cette victoire est une grande source de motivation pour moi », explique le jeune prometteur.
Ce faisant, Sahir Edoo a envoyé un signal fort à ses aînés : « Le fossé entre la vieille garde et la jeune génération commence à diminuer. » L?avenir du badminton mauricien qui est passé par des moments difficiles, ces dernières années, est donc assuré.
Sahir Edoo est d?autant plus accueilli comme une bouffée d?air frais dans le giron du badminton, avec les Championnats d?Afrique juniors derrière la porte. Ce rendez-vous africain se tiendra en juillet prochain en Éthiopie.
Sahir sera sans conteste l?une des pièces maîtresses de la sélection de Maurice. Arrivera-t-il à effacer la pâle prestation de Maurice lors des dernières éditions ? En tout cas, il n?y va pas avec la fleur au bout du fusil.
« Si je suis sélectionné, j?irai pour la médaille d?or. Je pense que c?est faisable. Je n?ai jamais été aussi sérieux à l?entraînement avant cette année. Je m?entraîne à raison de cinq séances par semaine et je n?ai manqué qu?une seule session, en raison de la pluie, depuis le début de l?année », raconte-t-il.
<B>?Trouver la juste mesure?
Il faut savoir que s?il est retenu pour le rendez-vous éthiopien, Sahir fera alors son baptême du feu dans une compétition internationale juniors. « J?ai participé à plusieurs Internationaux de Maurice, mais jamais dans une compétition juniors. Heureusement que nous aurons les Internationaux de Maurice juniors en juin, ce qui me servira de repère pour les championnats d?Afrique », souligne-t-il.
Étudiant en Upper VI à la SSS Leckraj Teeluck à Flacq, ce jeune avoue qu?il n?est pas facile de concilier sport et études. « Je suis conscient que sans un diplôme universitaire, il me sera difficile d?obtenir un bon emploi. Mais je ne peux pas non plus me passer du badminton, qui fait désormais partie intégrante de ma vie. Disons que j?essaie de trouver la juste mesure. Il est évident, toutefois, qu?après les Championnats d?Afrique, je me consacrerai beaucoup plus à mes études », précise-t-il.
Brillant élève, Sahir Edoo s?en est toujours bien sorti jusqu?ici. D?ailleurs, il n?a pas l?intention de s?arrêter en si bon chemin. « Une chose est sûre, je poursuivrai mes études tertiaires à Maurice. Ainsi, je pourrai continuer à m?adonner à mon sport préféré », confie-t-il.
Fils de boulanger, Sahir Edoo est redevable envers ses parents qui l?ont toujours soutenu, que ce soit dans les études ou le sport. « Ma mère est femme au foyer. C?est mon père seul qui fait bouillir la marmite. Et ce n?est pas toujours facile pour eux car en sus de mes études ils doivent également financer mes équipements de sport. Et puis, j?ai également un petit frère (NdlR : Naadir) de cinq ans », indique-t-il.
Contrairement à certains de ses camarades de la sélection juniors, Sahir Edoo ne bénéficie pas de bourse de haut niveau, soit l?aide financière du ministère de la Jeunesse et des Sports. « Ce n?est peut-être ma priorité pour l?instant mais si j?arrive à décrocher cette bourse, je pourrai alléger le fardeau de mes parents », fait-il remarquer.
Ce fervent admirateur d?Eddy Clarisse est conscient que sa victoire sur Vishal Sawaram n?est qu?une étape dans sa quête de gloire. « Il me reste un long chemin à parcourir avant d?atteindre le sommet. Il me faudra commencer par devenir champion de Maurice. J?espère atteindre cet objectif d?ici deux ans. »
Et pourquoi pas émuler Eddy Clarisse ? « Il n?y a pas deux comme lui. À 33 ans et avec seulement deux mois d?entraînement dans les jambes, il a réussi à battre tout le monde pour remporter le Tara Republic Open cette année. J?espère que j?arriverai à imiter son exploit, soit remporter trois titres de champion d?Afrique », poursuit-il.
Toutefois, Sahir Edoo est d?avis que sans le support d?un directeur technique national (DTN), il lui sera difficile de concrétiser ses rêves. « Nous avons besoin d?un DTN. C?est, d?ailleurs, grâce aux deux anciens DTN, Venu Gopal et Mike Adams, que Maurice a eu de grands champions tels qu?Eddy Clarisse et Stéphane Beeharry. Après le départ de Mike Adams, le niveau du badminton mauricien a chuté considérablement. Le bref passage de Luo Guo n?a malheureusement pas aidé grandement. Néanmoins, les jeunes qui ont eu l?occasion de s?entraîner avec ce dernier ont eu une bonne base », estime-t-il.
Mais comment ce jeune de 17 ans s?est-il intéressé au badminton ? « J?avais 12 ans quand j?ai commencé à jouer. Au départ, je jouais dans un club à la SSS Regis Chaperon, et j?ai rejoint par la suite l?ecole de badminton de Rose-Hill. Depuis deux ans, je m?entraîne avec la sélection nationale juniors », répond-t-il.
Le déclic est en fait venu avec les 6es Jeux des îles de l?océan Indien en terre mauricienne. Il s?investit alors à fond dans le badminton. « J?avais agi comme juge de ligne pour la compétition de badminton. C?étaient des Jeux fabuleux. J?ai eu l?occasion, même si c?était en dehors des courts, de côtoyer des joueurs des Seychelles, de la Réunion et d? autres pays de la région », dit-il avec enthousiasme.
L?année dernière, toutefois, il devait accuser un manque de motivation.
« Sans doute parce qu?il n?y avait aucune compétition importante dans ma catégorie. Cette année, c?est différent, nous avons deux événements majeurs : les Internationaux de Maurice juniors et les Championnats d?Afrique. »
Espérons que ce jeune champion en herbe ne s?arrêtera pas en si bon chemin. Pour la petite histoire, sachez que Sahir veut faire carrière dans l?enseignement afin de pouvoir quitter son lieu de travail tôt, pour pouvoir continuer à s?entraîner.
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