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Sage Afrique
En quelques jours vont se télescoper des questions épineuses à certains pays de l?Afrique australe. De la politique à l?économie en passant par la pauvreté et le sida, de multiples dossiers récurrents aux treize pays membres de la Communauté pour le développement de l?Afrique australe (SADC)... Les objectifs de la SADC demeurent, comme ceux de tout ensemble de regroupement, la consolidation des liens économiques, l?approfondissement des pratiques démocratiques et la promotion des échanges culturels, entre autres. D?autres objectifs comme la libre circulation des personnes, la création d'une devise simple ou celle d?une zone de libre-échange témoignent d?une ambition qui demande à être vérifiée dans le temps.
Aujourd?hui, au-delà des questions ponctuelles et urgentes qui animeront la réunion des chefs d?Etat et de gouvernement comme celles ayant trait aux conflits politico-militaires au Zimbabwe et de l?admission de Madagascar, il subsiste l?éternel enjeu africain dont la formulation reste toujours approximative. Certes il n?appartient pas à la SADC uniquement de déterminer le positionnement de l?Afrique. Mais il ressort clairement que chaque bloc régional a une responsabilité.
Dans un environnement international régi par les règles commerciales et économiques imposées par l?OMC et le FMI, c?est la capacité des pays à se regrouper selon des intérêts et enjeux qui leur sont propres qui donne à un bloc ou à un autre le rayonnement et le poids nécessaire pour influer sur le cour des événements. On a pu vérifier cette tendance avec la constitution du G90 au sein de l?OMC. Les pays en développement et les pays les moins avancés ont un devoir de solidarité qui s?exprime de plus en plus au sein des instances internationales. L?unilatéralisme des Etats-Unis et les tergiversations de l?Europe ne garantissent pas une prise en compte réelle de la voix de ces pays. C?est de leur aptitude à transcender une méfiance presque congénitale que ces blocs pourront se constituer en puissances régionales capables de parler d?une même voix.
Or, les discordances existent toujours. En témoigne l?incapacité des pays de la SADC à trouver un consensus sur la manière d?aborder la question zimbabwéenne. La logique des regroupements l?a démontré. Un bloc n?est pleinement fonctionnel que s?il y a un leadership fort et une dimension politique. Un trait politique quasiment absent du processus de regroupement des pays africains. On aura, dans les jours qui viennent, une démonstration de la force politique de la SADC à maîtriser la question zimbabwéenne. Il ne s?agira pas de la résolution de ce conflit qui mine le continent africain mais de la capacité de la SADC de conférer à ses actions une dimension politique qui valorisera tout le bloc et en fera, par conséquent, une parole d?autorité.
L?effort de regroupement des pays africains ne peut plus se limiter à des programmes d?adaptation. Il est ici plus question de pro activité et de prise d?initiative. De l?acte de dépossession initial, les pays africains doivent démontrer que leur patrimoine culturel et économique, les autorise désormais à réclamer un statut de partenaires.
L?île Maurice, qui s?est targuée d?avoir joué un rôle important dans la mise en place du G90 ou encore dans la résolution de certains conflits au sein de l?océan Indien, bénéficie d?une autre plate-forme pour remplir un rôle à la mesure des ambitions déclamées. Pour que toute l?Afrique ne soit plus traitée comme un sous-produit commercial dans un magasin des accessoires à la solde des pays riches?.
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