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Sacs plastique : Qui paiera la taxe ?

12 juin 2006, 00:00

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Rama Sithanen n’a pas limité l’exercice budgétaire au domaine économique seulement. Il en a également profité pour s’attaquer à un des plus grands maux environnementaux des temps modernes : la prolifération incontrôlée des sacs et bouteilles en plastique. Dès lors une question fuse : qui du producteur ou du consommateur paiera ?

En introduisant une taxe d’une roupie sur chaque sac et bouteille en plastique à partir du 1er juillet, le grand argentier pourrait amener le Mauricien à se familiariser avec un concept peu connu jusquà maintenant : la consommation durable. “Il y a actuellement une surconsommation de sacs plastique. Et pour régler les problèmes causés par les déchets, il faut commencer par réduire la consommation”, explique le conseiller au ministère de l’Environnement, le Dr Toolseeram Ramjeeawon.

Celui-ci connaît bien le dossier des sacs plastique pour avoir récemment présidé le comité technique chargé d’étudier la question. Comité qui a soumis son rapport qu’examinent depuis deux semaines les autorités concernées.

Une des conclusions de ce rapport est la nécessité d’introduire un “instrument économique”, tels des droits d’accise, pour pallier la surconsommation des sacs plastique. Le Dr Ramjeeawon souligne toutefois qu’il existe un danger que les commerçants tentent de “camoufler” cette taxe en transférant son coût à d’autres produits. Ce qui ne résoudrait en rien le problème de base.

Le ministère de l’Environnement compte parer à cette éventualité en signant sous peu un memorandum of understanding avec les grandes surfaces dans lequel ces dernières s’engageraient à ne pas camoufler cette nouvelle taxe sur les sacs plastique. “Le consommateur doit savoir qu’il paye pour les sacs plastique. C’est un moyen de changer les habitudes des gens.” Le Dr Ramjeeawon évoque l’introduction probable de sacs réutilisables, “avec un certain degré de biodégradabilité”, qui coûteront entre Rs 5 et Rs 10.

Le directeur d’une entreprise qui fabrique des sacs plastique se demande, de son côté, si cette taxe sera prélevée à la source, c’est-à-dire aux producteurs où sera à la charge des consommateurs. Etant donné qu’un sac plastique coûte Re 0,30 à produire, une taxe de Re 1 rendrait le prix du produit prohibitif.

Le manager du supermarché London Store, Nicolas Kan Wah, estime toutefois que cette mesure sera “une bonne chose sur le long terme si on peut éduquer le consommateur pour qu’il utilise moins de sacs”. Il ne sait pas encore quel sera l’impact de cette taxe mais précise qu’il faudra être honnête avec le consommateur.

Mosadeq Sahebdin de l’Institute of Consumer Protection pense finalement que cette taxe sera “passée au consommateur ”. Il la qualifie d’“ironique” car le gouvernement a échoué dans toutes ses autres tentatives de “responsabiliser le consommateur” et vient donc lui imposer un nouveau “fardeau”. Il ajoute cependant que le consommateur “doit être initié au concept de la consommation durable et changer ses habitudes pour qu’elles aient moins d’impact sur l’environnement”. Mosadeq Sahebdin conclut que le coût de cette taxe devrait être partagé entre les producteurs et les consommateurs des sacs et bouteilles en plastique.

En ce qui concerne les bouteilles en plastique, le conseiller de l’Environnement met en exergue “les actions volontaires” des producteurs. La Mauritius Soft Drink Bottlers Association (MSDBA) s’est, par exemple, engagée à contribuer à la collecte et au recyclage des bouteilles en plastique. L’association envoie actuellement 17 % des bouteilles usées à Polypet pour être recyclées. L’objectif pour l’année prochaine est d’arriver à collecter 30 % des bouteilles.

Mais le chief executive de Mauritius Beverages Ltd et de Phoenix Camp Minerals, Claude Pougnet, trouve l’introduction d’une taxe d’une roupie sur les bouteilles en plastique “décevante”. “Nous avons déjà un système qui fonctionne bien. Cette taxe ressemble à une green tax mais elle ne l’est pas.” Selon Claude Pougnet, il est encore trop tôt pour connaître l’impact qu’aura la taxe sur les consommateurs mais la MSDBA se réunira bientôt pour décider de la marche à suivre.

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