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Sacrées machines à Peluches
Concentrée, les yeux rivés sur la machine, seules ses mains bougent pour man?uvrer la manette avec précision. Un peu à gauche, légèrement à droite, un peu plus devant, non derrière et les pinces descendent pour saisir la peluche? Mais flop ! Elle retombe dans le tas !
Mais Marie-Claire, fan invétérée des machines à peluches ne se laisse pas faire pour autant. Ni une, ni deux, elle remet une autre pièce dans la machine, et reprend la manette avec toute la volonté du monde. Eh oui, elle la veut sa peluche !
Et pour cause, Marie-Claire raffole de ces « bêtes à poils » de toutes les couleurs. Et sa collection est déjà bien étoffée. Un chien par-ci, une fillette par-là, au-dessus un ours, dans le coin de la chambre un énorme poussin qui ne passe pas inaperçu. Malgré son âge ? la trentaine bien entamée ? sa passion pour les peluches n?est en rien amoindrie. Toute occasion est bonne pour en gagner une. Et il est difficile pour Marie-Claire de résister dès qu?elle passe devant une machine.
Mais ce n?est pas uniquement l?amour pour les peluches qui la pousse à jouer autant. Les machines à peluches, c?est tellement grisant ! Être devant et ne pas savoir quel va être le résultat, si les man?uvres vont être fructueuses ou non ? Il y aurait du suspens dans les peluches ! Et ces grosses boîtes en fer et en verre auraient même des pouvoirs ! En effet, sous leurs airs innocents, elles arrivent à faire dépenser des sommes conséquentes. Et puis, elles font surgir toute une série d?émotions chez l?être humain : angoisse, rage, joie, adrénaline etc.
Et ces machines grisantes et qui rendent dépendant sont partout. Dans les supermarchés, devant les boutiques du coin, dans les centres commerciaux, et même dans certains hôtels.
Selon un responsable de Magic Entertainment, la firme qui importe et place ces machines à divers endroits de l?île, cela fait près de qua-tre ans qu?elles ont fait leur apparition à Maurice. Et en cette période de vacances scolaires et pendant les fêtes de fin d?année, la foule qui s?amasse d?ordinaire autour de ces fameuses machines ne fait que s?agrandir. « Il n?y a pas de profil type de ceux qui y jouent. Mais nous avons remarqué un plus grand nombre de clients parmi les jeunes. Et ces derniers vont, sans conteste, profiter des vacances pour y jouer encore plus. »
Ces machines et leurs peluches importées de Chine sont venues apporter une touche de nouveauté dans le paysage commercial mauricien. Plusieurs compagnies les mettent sur le marché, ce qui ramène leur nombre à un chiffre assez conséquent. Une trentaine de machines pour Kiddyland et une autre trentaine pour Magic Entertainment, sans compter les autres. Pas étonnant qu?elles semblent avoir poussé comme des champignons.
Un véritable business
La facilité avec laquelle elles ont proliféré est sûrement due au fait qu?elles peuvent être importées et commercialisées sans aucune autorisation, confie l?un des responsables de Magic Entertainment. Le nombre de peluches est donc assez difficile à imaginer en comptant une centaine par machine lorsqu?elles sont pleines. « Nous changeons de modèle assez régulièrement et remplissons les machines lorsqu?il n?y en a pas suffisamment. Tous les mois, nous récupérons l?argent », explique l?un des responsables de Magic Entertainment.
Mais revenons à la pratique. La machine à peluche est un jeu qui nécessite de l?adresse, voire même une certaine dose de pratique. Les premières tentatives ne sont pas toujours fructueuses et même carrément nulles. Vikas, photographe d?une vingtaine d?années, raconte son expérience des machines à peluche. « Ça dépend de la position de la peluche. Il faut savoir man?uvrer la manette. Ceux qui savent s?y prendre font même le tour de la machine pour analyser toutes les possibilités et les angles. Petite astuce : attendez que les autres aient joué, car, dans la plupart des cas, ils auront déjà fait trois-quarts du boulot. »
Au début, pour Vikas, c?était un véritable craze. « Dès que je passais devant une machine, il fallait que je joue. Et pas qu?une fois, je jouais même plusieurs pièces. » Aujourd?hui, il a tellement de peluches chez lui qu?il ne sait plus où les mettre et doit faire de gros efforts pour freiner ses envies de jouer. « Ça devient comme une addiction. » Comme pour les machines à sous ? « Il y a un peu ce côté risque du jeu. L?envie de gagner est là, mais on ne peut jamais être sûr du résultat », explique le responsable de Magic Entertainement.
Shah-Nawaz Shakhun, Operations Manager chez Winner?s note que ces machines, qui ont connu leur plus haut taux de popularité lors de leur première apparition à Maurice, semblent avoir moins d?adeptes aujourd?hui. « Comme tout phénomène de mode, c?est un nouvel objet et c?est tentant de l?essayer. » Mais il remarque une hausse dans le nombre de joueurs dès que la compagnie change les peluches. « Ils veulent à tout prix avoir les nouvelles pour agrandir leur collection. »
Bref, derrière ces jolis minois qui font fondre les amoureux de peluches se cache un véritable business qui, même si le nombre de joueurs est en diminution, n?est pas prêt de disparaître du paysage mauricien. En ce moment, selon Jennifer de Kiddyland, ce sont les nains de Blanche Neige qui remportent le plus de succès.
En attendant qu?une nouveauté fasse éclater la tirelire de ces adeptes de machines à peluches?
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