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Sécurité au Port-Louis Waterfront Promenade autour d?un réseau

19 septembre 2003, 20:00

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Un promeneur flâne sur l?esplanade du Port-Louis Waterfront. Une seconde d?inattention et il sent le sol se dérober sous ses pieds. Il tombe lourdement. Il s?est pris les pieds dans les briques tapissant un sol devenu inégal. Fort heureusement, il n?est pas blessé.

L?incident, à l?apparence anodine, s?est produit il n?y a pas très longtemps. Il interpelle sur l?importance de sensibiliser les usagers des lieux par rapport à la sécurité. La State Property Development Company Ltd (SPDC), administratrice des lieux, s?en est occupée cette semaine.

«Qu?on se le dise, le Port Louis Waterfront est un endroit sûr à tous les points de vue. En cinq ans d?opération, nous n?avons pas eu d?incidents graves à déplorer. Mais il y a des petites choses à surveiller. Pris comme nous sommes entre la mer et la capitale, un moment d?inattention de notre part risque d?être lourd de conséquence. Notre campagne de sensibilisation est de nature purement préventive», explique Anand Soochit, Chief Executive de la SPDC.

La campagne s?est étalée sur deux jours. Elle a ciblé trois groupes : le personnel de la SPDC, ses tenanciers et le public. La compagnie emploie environ soixante personnes dont une quinzaine de cadres.

Elle gère pour le compte de l?Etat les fronts de mer de Port-Louis et de Mahébourg ainsi que la plage publique de La Cuvette. Les facilités qui tombent sous sa responsabilité incluent 36 boutiques, 15 restaurants et food courts, un complexe de cinéma, des bureaux, des aires de stationnement de véhicules et les deux passages souterrains permettant aux piétons de traverser l?autoroute pour accéder au front de mer à Port-Louis.

Ces passages sont de loin les plus fréquentés.

Quelque 25 000 personnes transitent par le front de mer quotidiennement, estime la SPDC. Et à l?occasion de concerts et autres manifestations culturelles et commerciales, l?esplanade accueille des foules encore plus importantes- plusieurs dizaines de milliers de personnes à la fois.

Pour connaître les risques à la sécurité sur ces lieux, il faut avoir une idée de la manière dont le front de mer est constitué. Le Port-Louis Waterfront s?étale sur 25 000 mètres carrés, traversés par des conduits de gaz, d?électricité, d?eau et de téléphone.

La SPDC opère comme grossiste pour l?eau, l?électricité et le gaz. Elle les achète aux fournisseurs et les revend à ses tenanciers à travers son propre réseau de distribution. C?est donc à elle d?entretenir ce réseau. Le personnel devant s?acquitter de cette tâche requiert un encadrement spécial.

«Mais il n?y a pas que notre personnel. Il suffit qu?un tenancier soit imprudent avec le gaz, par exemple, pour déclencher un incendie en série. Car tout est relié ici», fait remarquer Anand Soochit.

Le Port-Louis Waterfront est construit sur un terrain comblé. Celui-ci prend du temps avant de se stabiliser, surtout sur la partie qui longe la mer. Par endroit, le niveau du sol a baissé et les briques qui l?habillent se sont détachées. C?est le cas devant les salles de cinéma et sur le promontoire de l?esplanade.

«Il est exagéré de penser que le sol puisse céder. Ce type de mouvement du sol est courant dans les zones comblées. Nous avons commandé un examen complet de l?état du sol. Les experts se mettent au travail en janvier», indique Anand Soochit.

Le front de mer souffre de l?environnement salin. L?érosion et la corrosion sont des ennemis permanents. Même les bancs de l?esplanade requièrent une couche de peinture spéciale, habituellement utilisée sur les bateaux, à des intervalles réguliers.

Les passages souterrains traversant l?autoroute sont deux autres zones qui exigent une attention constante. Le carrelage tapissant les murs a tendance à se détacher. La vibration causée par le flot incessant de véhicules sur la route en serait la cause.

Ceux qui fréquentent le front de mer ont sûrement dû s?interroger sur les relents d?égout qui remontent d?un drain d?eau pluviale séparant le Port Louis Waterfront du Caudan, à proximité du casino. La SPDC explique que ce problème est incontournable car c?est dans ce parage que le réseau de tout à l?égout du Caudan rejoint celui de la ville. Le drain ne pouvant être recouvert, l?unique solution c?est de le nettoyer régulièrement à grand jet d?eau. Entreprise coûteuse qui incombe une fois de plus à la SPDC.

Au- delà des risques à la sécurité liés à l?aspect physique des lieux, l?administrateur doit s?assurer que l?endroit est fréquentable à n?importe quelle heure, de jour comme de nuit. La SPDC sous-traite le gardiennage. Actuellement, c?est le Caudan Security Services qui détient le contrat.

«Malgré tout, il ne faut pas oublier que nous sommes dans un port. Partout ailleurs, à de pareils endroits, la prostitution est incontournable. Nous avons pu contenir ce problème. Mais nous ne pouvons tout prévoir», fait remarquer Anand Soochit.

Les rixes entre marins, par exemple, sont parfois inévitables. Il y a bien eu une tentative de suicide. Un homme s?est jeté à l?eau à partir de l?esplanade. Mais il a été repêché.

Le numéro un de la SPDC dit mettre un point d?honneur à ne rien laisser au hasard. La compagnie a été jusqu?à former son personnel pour qu?il puisse prodiguer des soins d?urgence. Les risques d?accidents sont multiples, notamment avec deux importants espaces jeux pour enfants. Mais il n?y a pas qu?eux.

L?autre jour, un touriste pris d?un malaise, est tombé en syncope. Le personnel nouvellement formé de la SPDC l?a promptement réanimé.

Le Port Louis Waterfront couvre 25 000 mètres carrés traversés par des conduits de gaz, d?électricité, d?eau et de téléphone.

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