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Réunion Premier ministre - sucriers : l?angoisse s?installe
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Réunion Premier ministre - sucriers : l?angoisse s?installe
La déception commence à céder la place à l?angoisse dans l?industrie sucrière devant le retard pour appliquer la réforme. Les sucriers sont dans le flou au sujet de la réunion avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam.
Avant son déplacement pour Londres, ce dernier a laissé comprendre qu?à son retour d?autres réunions allaient se tenir sous sa présidence. Deux semaines se sont écoulées et il n?en a rien été. Hier soir, des sucriers étaient toujours dans l?expectative au sujet de la reprise de ces nouvelles discussions. Car le Premier ministre part en Chine samedi.
Mais lors de l?inauguration d?un marché à Triolet samedi, Navin Ramgoolam a déclaré : ?Zot dal na pas pe kwi ar mwa parce que je suis un politicien qui a des convictions.? Il ne précise pas de qui il parle, mais fait tout de suite le lien avec les négociations avec ?les sucriers et gros planteurs?.
?Si mo pa ti premier minis, zot ti pou fini gayn seki zot pe rode. Zot ti pou fer fet la, ti pou partaz ladou tou mem si zot na pa manz ladou. Ceci est parce que mo lame pas atase ek personn et je veillerai toujours à l?intérêt de tous les Mauriciens et non pas d?une seule section de la population.?
Mais le Premier ministre précise ?mo pe koz ar zot byen?, estimant que ?la fausse propagande? a pour but de ?fer ou krwar ki bizin fou Ramgoolam la deor?.
Y a-t-il une tension entre l?Hôtel du gouvernement et la Plantation House ? Non, répond un sucrier, qui reste optimiste que le bon sens va prévaloir ?afin qu?il y ait une situation gagnant-gagnant pour tout le monde?.
?Panne sèche?
?Nous attendons la réunion avec le Premier ministre. Des déclarations qu?il a faites au Parlement nous permettent de penser que tout va plutôt dans le bon sens.?
En revanche, Thierry Merven, chief executive officer de Beau-Vallon, se montre plus pessimiste. Dans une interview accordée à l?express-dimanche, il dit que la ?réforme est en panne sèche?. Et lors de la réunion entre des membres du gouvernement et des sucriers, ?on serait cru dans un fact-finding committee?.
Alors que les deux premières réunions présidées par le Premier ministre ?s?étaient bien passées. Le contact avait été rétabli, sérieusement et dans un esprit cordial?.
Or l?angoisse commence à s?installer en raison du retard dans l?application de la réforme. Ce sentiment est manifeste à la Mauritius Sugar Producers Association, a déclaré un proche de cet organisme. Plus le temps passe plus il sera difficile de le mettre en pratique. La centralisation est affectée. L?usine Mon-Loisir continue ses opérations. Mon-Trésor Mon-Désert et Riche-en-Eau ne tournent pas mais doivent, comme St.-Félix, payer les employés. Or, une des conditions pour obtenir l?aide de l?Union européenne en contrepartie de la baisse du prix de sucre est la centralisation.
Rama Sithanen, ministre des Finances, a déclaré en conférence de presse samedi que les discussions sont en cours ?afin que le gouvernement et l?industrie sucrière puissent arriver à un accord?.
Alain BARBÉ
CENTRALISATION
Le syndicat contre la fermeture
■ L?Union of Artisans of the Sugar Industry (UASI) est contre le principe de fermeture. ?Elle amène toujours la désolation, comme dans les années 1980, avec Saint Antoine ou The Mount?, insiste Serge Jauffret, le président. Mais il reconnaît que des employés sont pour la fermeture de leur usine. ?Ceux-là doivent faire un choix collectif.? La fermeture annoncée de plusieurs usines ?joue sur les nerfs des travailleurs?. Malgré les plans d?insertion, c?est ?difficile?. Les conditions pour la fermeture peuvent être attrayantes : deux mois et demi de salaire par année de service plus un lopin de terre. Option avantageuse pour les plus de 50 ans. L?est-elle pour les plus jeunes ?
Thierry CHATEAU
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