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Référendum passionné sur la procréation assistée

13 juin 2005, 00:00

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Les Italiens sont invités hier et lundi à se prononcer par référendum sur un assouplissement de la législation sur la procréation médicalement assistée, au terme d’une campagne électorale passionnée dans laquelle le nouveau pape Benoît XVI s’est personnellement investi.

Les électeurs doivent répondre à quatre questions, portant sur les points de l’actuelle législation que les promoteurs de cette consultation d’initiative populaire souhaitent voir modifier : l’interdiction des dons d’ovules ou de sperme; la limitation de la recherche sur les embryons; la limitation du nombre d’embryons implantés à chaque tentative de procréation assistée; et surtout les références à l’embryon en tant qu’être humain.

L’avenir de la loi n°40, l’une des plus restrictives d’Europe en la matière, dépend cependant davantage du taux de participation que des bulletins déposés dans les urnes.

La participation à l’une de ces quatre consultations doit atteindre au moins 50 % pour que son résultat soit validé.

C’est pourquoi les opposants à l’assouplissement de la législation, au premier rang desquels se trouve l’Eglise catholique, ont multiplié les appels à l’abstention.

Quatre heures après l’ouverture des bureaux de vote, seuls 4 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes.

L’Italie a longtemps été considérée comme une sorte de zone de non-droit en matière de procréation assistée et l’on a pu y voir, dans les années 1990, une femme de 62 ans mener une grossesse à terme.

Quel poids pour l’église catholique ?

Depuis l’adoption de la loi en février 2004, le nombre de couples italiens stériles partis chercher une aide médicale à l’étranger a triplé alors que l’Italie a déjà l’un des taux de natalité les plus faibles d’Europe.

A l’image des débats sur la légalisation du divorce en 1974 et de l’avortement en 1981, la campagne électorale a déchaîné les passions et dépassé les clivages politiques traditionnels.

Malgré la prudence du président du Conseil Silvio Berlusconi, Stefania Prestigiacomo, ministre de l’Egalité des chances, a ainsi qualifié l’actuelle législation d’atteinte aux droits des femmes et elle en a réclamé l’abrogation partielle afin de favoriser la natalité.

Le résultat du scrutin permettra également de mesurer le poids de l’Eglise catholique sur la société italienne.

Les prêtres n’ont pas hésité à mener campagne auprès des fidèles jusque dans leurs sermons en martelant le slogan “Sur la vie, on ne vote pas”.

Benoît XVI, élu en avril, est lui-même intervenu pour la première fois dans le débat italien et il a félicité les évêques italiens qui ont tenté d’“éclairer le choix des catholiques”.

Ces prises de positions de l’Eglise font craindre à certains partisans d’une modification de la loi une éventuelle offensive des opposants à l’avortement en cas d’échec du référendum.

“Qu’est-ce que les hommes politiques et les prêtres connaissent à mes ovaires?”, a ainsi interrogé l’actrice Monica Bellucci.

Philip PULLELLA

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