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?Réformer l?industrie sucrière le plus vite possible?

15 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● Avec toutes les menaces extérieures qui pèsent sur l?industrie sucrière, comment voyez-vous l?avenir du secteur ?

L?industrie sucrière peut relever ses défis à condition qu?on lui laisse le temps et l?opportunité d?achever la mutation entreprise depuis quelques années. Mutation qui se traduit par la recherche d?un équilibre financier, un assainissement des finances et la réduction des coûts opérationnels grâce à des investissements massifs.

● L?Union europénne (UE) compte quand même proposer des mesures d?accompagnement ?

Ces mesures seront déterminantes pour que les investissements importants, face à la réforme et la modernisation, se fassent en vue de réduire les coûts de production. Il faut espérer qu?il y aura un assouplissement de la réforme proposée par l?UE. Tant dans les délais que sur le quantum de la baisse de prix. Mais cette reforme dans sa forme actuelle n?est pas acceptable.

● Qu?en est-il des coûts sociaux et des contraintes dans le secteur ?

Il est essentiel que les coûts sociaux et les contraintes imposées à l?industrie sucrière soient davantage réduits. Il s?agit là de lui donner les moyens d?opérer sur des bases comparables à celles de ses compétiteurs. Le contexte dans lequel évolue l?industrie change drastiquement. Il est essentiel que les conditions dans lesquelles elle opère soient assouplies. Toute la stratégie de l?industrie sucrière est de la rendre compétitive et de rationaliser les outils de production.

● Ce qui signifie que la centralisation et la production énergétique sont incontournables dans la politique de compétitivité ?

Exact. Mais le coût des centralisations freine le processus. Les compensations sont très élevées et six fois supérieures à ce que paierait n?importe quelle autre entreprise à Maurice en cas de redundancy. Mais l?industrie sucrière est disposée à faire face, et de façon responsable, à cette situation. Son souci : préserver les intérêts de tous les stakeholders. Il y aussi d?autres facteurs limitatifs tels que l?endettement et le coût élevé du transport.

Dans un contexte de baisse de prix, il faut des mesures d?accompagnement pour faciliter la centralisation des usines. La politique locale de production énergétique doit accorder une place importante à la bagasse. Il faut continuer à moderniser.

● Comment moderniser alors que l?industrie sucrière est fortement endettée ?

Les dettes se chiffrent aujourd?hui à Rs 5 milliards, contre Rs 6 milliards il y a quelques années. Et malgré cet endettement, il nous faut continuer d?investir. Les investissements prévus sont de l?ordre de Rs 8 milliards sans compter l?investissement dans les centrales bagasse-charbon et dans l?éthanol.

On espère que les négociations avec l?UE donneront des résultats concluants qui nous permettront de restructurer, de rééchelonner nos dettes et aider à investir. Le processus de plan de retraite volontaire (Voluntary Retirement Scheme-VRS) doit continuer. C?est indispensable pour la réforme. Il nous faut continuer la modernisation des champs à travers l?épierrage, l?irrigation et la mécanisation.

● Vous pensez qu?il faudra peut-être revoir le fonctionnement ?

C?est indispensable pour faire face à la compétition. La plupart de nos compétiteurs utilisent une part très faible de leur main-d??uvre permanente pour la coupe et beaucoup de main-d??uvre saisonnière. De par le rôle social imposé à l?industrie sucrière, nous avons encore un niveau de main-d??uvre élevé même si à travers le VRS nous l?avons déjà réduite de 33 %. Nous accordons beaucoup plus de place à la formation afin de spécialiser la main-d??uvre.

● La nouvelle centrale de Savannah a-t-elle toute sa place dans la réforme engagée ?

C?est un projet capital dans le cadre de la réforme accélérée et la centralisation dans le Sud. ça va permettre d?optimiser l?utilisation de la bagasse pour la production énergétique. C?est un investissement qui tourne autour de Rs 5 milliards.

Et l?on peut se permettre d?imaginer que l?on pourra exporter notre savoir-faire dans la région. Car à la récente conférence internationale sur le sucre au Guatemala, l?expérience mauricienne dans ce secteur a d?ailleurs été citée en exemple.

● Quelles sont vos attentes face au plan d?action accéléré de réforme ?

Un plan d?action doit permettre l?implication de toutes les parties. Toutes les composantes de l?industrie doivent avoir les chances de réussir leur réforme. Ce plan doit permettre une amélioration de nos revenus par plus de valeur ajoutée : cannes, différents types de sucre, bagasse, éthanol?

En même temps, il s?agit là de mesures pour diminuer les coûts et poursuivre la modernisation et des mesures qui répondent aux besoins des planteurs. De plus, il doit favoriser une adéquation du capital humain à la stratégie globale du secteur grâce à la formation, un accompagnement des ressources humaines, de la communication et de nouvelles relations industrielles. Et donner par là même plus de flexibilité afin d?optimiser la relation performance-rémunération.

Il est important de poursuivre cette réforme le plus rapidement possible. Avant même que les prix ne baissent. Il est donc impératif que l?industrie ait accès au financement pour pouvoir investir dans les secteurs identifiés par le plan d?action.

Propos recueillis par Alain BARBÉ

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