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Récolte sucrière :« Entre optimisme et frustration »
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Récolte sucrière :« Entre optimisme et frustration »
Pourquoi se plaint-on du climat alors que les champs sont verdoyants ?
Il a beaucoup plu depuis le début de l?année. Ceci explique l?aspect très fourni des champs. La plante a mieux grandi qu?en temps normal mais elle n?a pas tout à fait atteint le niveau de croissance de l?année dernière ou de celui de 2001 qui est une année référence (647 000 tonnes de sucre). Les cultures ont souffert d?un excédent d?eau. Rien qu?entre janvier et février, FUEL a reçu un mètre et demi d?eau. Il n?y a que dans le Nord où la forte pluviosité n?a pas laissé de séquelles. Voilà ce qui frustre les agriculteurs car il s?en est fallu de peu pour que la récolte de la canne puisse être optimisée.
Le temps a aussi affecté le taux d?extraction ?
Les indicateurs pour le taux d?extraction sont encourageants. Celui-ci devrait être bien meilleur que les 10,23 % de l?année dernière. Mais rien n?est encore joué. Cela dépendra des températures et de l?ensoleillement durant les jours à venir. Mais la présente campagne démarre avec une meilleure maturation de la canne que l?année dernière. Nous devrions pouvoir atteindre les 11 %, ce qui mènerait à une production sucrière de 600 000 tonnes.
Quelles seront les recettes de l?industrie sucrière cette année ?
Les perspectives sont très bonnes. La tonne de sucre se vend à 523 euros. Si cette monnaie continue à être aussi forte, des recettes intéressantes sont à prévoir. En 2003, la tonne de sucre a rapporté Rs 15 200. Nos engagements commerciaux sont de 571 000 tonnes. Une production de 600 000 tonnes devrait nous permettre de constituer un stock stratégique à condition que nous importions encore une fois notre consommation locale.
Quelle est la proportion de cette rentrée d?argent qui ira au financement des dettes ?
Difficile à prévoir. Chaque entreprise a son propre plan. Mais il est évident que notre période de grâce en tant que fournisseur privilégié sur le marché européen ne durera pas plus de trois ans. A partir de 2007, le prix du sucre va baisser et nul ne sait par combien. Il est absolumment nécessaire d?assainir nos finances d?ici là.
Quel est le niveau d?endettement de l?industrie sucrière ?
L?industrie sucrière est l?une des plus endettées. Les dernières statistiques émanant de la Banque centrale font état de Rs 5,5 milliards de dettes dont un peu moins de cinq milliards inscrits au compte des seuls planteurs-usiniers. Dans l?ensemble, ce secteur doit payer Rs 375 millions par an aux banques rien qu?en termes d?intérêts sur les emprunts. Et nous sommes encore loin d?avoir complété nos plans d?investissement. D?ici peu, nous allons devoir trouver Rs 1 milliard pour doter, en infrastructures, les terres accordées en compensation aux salariés partis en retraite volontaire.
L?industrie sucrière est censée financer ses investissements en vendant des terres. La formule marche-t-elle ?
Pas vraiment. Il est extrêmement difficile de trouver preneurs pour les terres. Cela parce que le permis ne nous est délivré qu?au bout de quatre à cinq ans au mieux. Entre-temps, le marché foncier est engorgé d?offres venues de toutes parts. Constance, par exemple a centralisé sur Deep-River-Beau-Champs en 1997. Cette dernière vient seulement d?avoir son permis de morcellement. En six mois, elle n?a pu vendre que 100 lots sur 550.
Comment les opérateurs sucriers s?en sortent-ils ?
Nous en sommes arrivés à procéder par phase afin de pouvoir suivre l?évolution du marché. Développer un morcellement est coûteux. Nous ne pouvons nous permettre d?y engager nos ressources en l?absence d?une possibilité de rentabiliser rapidement l?investissement. Il faut dire aussi que la majorité des sucreries ne sont pas gâtées par la situation géographique de leurs terrains. Elles ne peuvent y pallier qu?en faisant preuve d?imagination et d?innovation dans la conception de projets de morcellements.
A ce rythme, le processus de modernisation sera ralenti. Quel est le plan stratégique prévu ?
L?endettement est notre préoccupation principale. La chute de 2,5 % dans le Lombard Rate depuis 2001 nous a été d?un grand secours. Mais cela ne suffit pas. Nous avons proposé à l?Etat de revoir ses instruments monétaires afin de nous permettre de rééchelonner nos dettes sur une plus longue période. Nous suivons de près les travaux du Debt restructuring committee pour la zone franche. Nous souhaitons avoir le même traitement.
Le moratoire accordé pour rembourser le prêt devant financer le plan de retraite volontaire tire à sa fin. A-t-on déjà commencé à rembourser ?
Certaines entreprises devront le faire dans pas longtemps. Nous avons sollicité une extension du moratoire à un an. L?Etat nous avait prêté Rs 2 milliards remboursables après un moratoire de deux ans et demi.
Qu?en est-il de l?idée de rationaliser le « Global Cess Fund » afin d?améliorer les finances de l?industrie ?
Les politiques semblent être d?accord sur la nécessité de réduire nos contributions, actuellement de Rs 1 100 par tonne de sucre produite, par au moins 40 %. Nous attendons qu?ils passent à l?action. Il faudra revoir les structures et le mode de fonctionnement des institutions financées par ce fonds. Même les petits planteurs à qui sont destinées ces institutions n?en veulent pas vraiment.
Et qu?en est-il de la mécanisation et de l?irrigation?
Les task forces instituées pour dresser un plan d?action ont siégé une ou deux fois. Mais il faut dire que les gros planteurs n?attendent pas un plan de l?Etat pour investir dans leurs champs. Ils ont déjà une belle avance et c?est cela qui leur a permis de continuer à fonctionner après le départ de 33 % de leur main-d??uvre. En moyenne, 25 % de la superficie sous canne est exploitée mécaniquement. Dans certaines entreprises, comme Belle-Vue et Médine, les activités au champ sont presque entièrement mécanisées.
La centralisation des activités usinières a aussi pris du retard ?
Nous avons en effet pris un an ou deux de retard. Nous avons une trop courte période d?opération. Autre facteur : le coût de la centralisation. Fermer une usine coûte plus cher maintenant que durant la période 1995-2000. Voilà pourquoi nous en sommes encore à 11 usines alors que notre objectif est d?arriver à sept ou huit.
Un tiers de la main-d??uvre est parti. Ceux qui sont encore là ont déclaré litige concernant les 40 heures. Comment s?organise la récolte ?
Nous avons complété notre période de rodage après le plan de retraite. Nous employons encore 14 000 salariés. Là où ils ne suffisent pas et la mécanisation ne peut les soutenir, nous avons recours à une main-d??uvre saisonnière. Nous avons aussi rationalisé nos activités en supprimant certaines tâches. Pour ce qui est du litige, on attend tous d?être fixés depuis 1998 ! Cela vient me donner raison quand je dis qu?un compromis négocié est toujours meilleur qu?un litige, même s?il ne donne pas entière satisfaction.
Trois ans après son introduction, le plan stratégique pour le sucre s?est résumé à un grand coup d?éclat comme celui de la retraite volontaire...
Ce gouvernement a eu au moins le mérite d?introduire ce plan. A quel coût, c?est un autre débat. Il faut reconnaître que ce dossier est très complexe et a mobilisé. Il a aussi introduit un plan pour le secteur non sucre. Mais celui-ci est plus visionnaire qu?autre chose. Il faudrait à présent que le gouvernement vienne avec des propositions concrètes pour encourager les gens à continuer à cultiver leurs terres.
« Le taux d?extraction est encourageant. Celui-ci devrait être bien meilleur que l?année dernière. Rien n?est encore joué mais la récolte se présente avec une meilleure maturation de la canne.»
«L?industrie sucrière est l?une des plus endettées. Elle doit payer Rs 375 millions par an aux banques rien qu?en termes d?intérêts. Et nous sommes encore loin d?avoir complété nos plans d?investissement.»
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