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Règlements de comptes

4 juin 2005, 00:00

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D?un côté, un aspirant Premier ministre, qui menace de représailles des officiers du secteur public, notamment des responsables de la Public Service Commission, si ces derniers cédaient à la tentation de faire le jeu du gouvernement sortant. De l?autre, un Premier ministre sortant qui met en garde contre des bookmakers, les oriflammes, la presse écrite, entre autres. Sans doute, à l?entrée de la dernière ligne droite, de telles affirmations vont devenir fréquentes et les mises en garde vont se succéder.

Mais les dirigeants politiques semblent avoir oublié une chose. Lorsque les citoyens sont appelés aux urnes, c?est aux politiques de rendre des comptes. Au gouvernement sortant comme à l?opposition. Le premier est déjà engagé dans un exercice à la fois de promotion et de défense de son bilan. Il est judicieux de rappeler que, dans de nombreux cas, le gouvernement aura beaucoup attendu avant de procéder à des inaugurations et à des cérémonies de «coupure de ruban» pour créer, à la veille des élections, la sensation qu?il compte de nombreuses réalisations. Avec évidemment l?espoir qu?un sentiment de satisfaction accompagnera l?électeur jusqu?à l?isoloir. La man?uvre n?est pas innocente et, même si elle peut paraître légitime, elle devient largement condamnable dès qu?elle franchit la ligne de la décence démocratique pour devenir un «bribe» électoral.

Reste que c?est, sur ses réformes, ratées et réussies, ses projets infrastructurels mis en place et une certaine vision de l?avenir que l?alliance gouvernementale est en train de faire campagne. A ce chapitre, elle a fort à faire. Car, dans l?essence, l?électorat ne comprend pas trop ce langage de bilan. Il est beaucoup plus porté par des espoirs d?un avenir meilleur, par des projets qui le font rêver. En ce sens, il semble que le gouvernement sortant est pleinement soumis à cette logique de comptes à rendre. Il veut être jugé sur son bilan et il le sera, quelle que soit la nature de la campagne de l?opposition.

Dans un tel contexte, toute opposition a le beau rôle. L?Alliance sociale ne se prive pas de ce plaisir. Pas de bilan à défendre. Attaquer le gouvernement sur tout ce qu?il n?a pu réaliser parce que, de toute évidence, en période de campagne électorale, ce n?est pas ce qui a été accompli qui compte mais ce qui n?a pas pu être réalisé. Elle a d?autant plus le beau rôle que l?alliance MSM-MMM n?attaque pas le PTr sur sa performance en tant qu?opposition, mais sur son séjour au pouvoir entre 1996 et 2000.

Mais, tout comme un gouvernement sortant, une opposition sortante est également tenue de prouver qu?elle a été constructive dans sa critique, qu?elle a pleinement contribué à la vie parlementaire et qu?elle a une vision d?avenir. Ce serait nettement plus rationnel que les mises en garde lancées, à tort ou à raison, en période de campagne, mais qui ne servent strictement à rien.

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