Publicité

?Rs 150 000 pour agresser l?amie de son épouse?

25 mai 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

De plus en plus glauque. Le qualificatif n?est pas exagéré compte tenu de la tournure de l?affaire Deelchand.

Dans sa dernière déposition, hier, Antoine Chetty a officiellement incriminé l?avoué Yogesh Bissessur. Lors de son interrogatoire au quartier général de l?Anti- Drug & Smuggling Unit (Adsu), l?ex-bras droit du notaire Vinay Deelchand a révélé que Mario Douce et lui auraient reçu une somme de Rs 150 000 du notaire Deelchand et de l?avoué Yogesh Bissessur pour agresser une femme, nommée Rekha, à Vacoas.

L?avoué Yogesh Bissessur considérait que Rekha, l?amie de son épouse, était responsable du mauvais comportement de cette dernière à son égard. Il aurait ainsi sollicité l?aide du notaire Deelchand et aurait donné des instructions pour l?agresser. Et les services d?Antoine Chetty et d?un dénommé Mario Douce auraient été retenus pour cette agression perpétrée en l?an 2000.

L?avoué et le notaire auraient demandé qu?une partie du cuir chevelu de Rekha leur soit ramenée comme preuve que l?agression avait été bel et bien été perpétrée. Le plan et les détails de l?agression ont été établis dans le bureau du notaire Deelchand à Port-Louis. Le lieu fixé pour apporter la preuve de l?agression : dans les environs du Gymkhana Club à Vacoas. La somme de Rs 150 000 aurait été remise à Antoine Chetty et Mario Douce pau même endroit.

Après son agression, la victime a dû se rendre en Afrique du Sud pour des soins sur son cuir chevelu. Des instructions auraient aussi été données pour agresser un employé d?une compagnie de téléphonie, qui serait lié à cette affaire de vengeance. Mais ce dernier a pu échapper à la fronde de l?avoué Bissessur et du notaire Deelchand. Craignant pour sa sécurité, l?épouse de l?avoué avait également fait une déclaration à la police.

Au cours du week-end l?avoué Bissessur a nié les accusations portées contre lui car son nom avait commencé à être cité dans un cas d?agression.

La déposition d?Antoine Chetty, qui a débuté vers 16 heures pour durer quelque deux heures, a été consignée en présence de son homme de loi, Me Rama Valayden.

Sa collaboration avec la police a repris hier. Elle avait été suspendue vendredi en raison de la décision de l?Adsu de reporter l?arrestation de Raj Dayal. Ce dernier ayant été arrêté lundi, Antoine Chetty a donc repris ses dénonciations concernant d?autres délits criminels reprochés à des personnes proches de Deelchand.

?Dayal nu kamarad sa?

L?Adsu a aussi complété hier la partie de l?interrogatoire du notaire Deelchand ayant trait au meurtre de Parvez Damree, par overdose d?héroïne, en juillet 1995.

Antoine Chetty avait téléphoné à Deelchand pour l?informer de la mort de Parvez Damree. Le notaire lui aurait alors dit : ?Pa kas latet. Dayal nu kamarad sa.?

La dose mortelle aurait été injectée à Parvez Damree par Mamade Fawzee Hossenbocus. Ce dernier a été arrêté la semaine dernière à la rue Bénarès, Port-Louis, dans le cadre de l?enquête de l?Adsu sur ce meurtre.

Outre Antoine Chetty et Mamade Fawzee Hossenbocus, une troisième personne serait impliquée dans le meurtre de Parvez Damree. Mais elle n?a pu être retracée à ce jour.

Ce troisième comparse aurait lui aussi, comme Mamade Fawzee Hossenbocus, obtenu Rs 25 000 pour injecter la dose mortelle à l?ex-toxicomane. En présence du notaire Deelchand et de son bras droit, Mamade Fawzee Hossenboccus aurat dit à cette troisième personne : ?Pa trakase. Mo conn fer travay la.?

Lors de son interrogatoire hier, le notaire Deelchand a nié les allégations portées contre lui par son ex-chauffeur repenti. Quant à Moonsamy Mooraghen, autre suspect de l?affaire Deelchand, il a été interrogé sur certains détails relatifs aux allégations d?Antoine Chetty sur la tentative de meurtre de Fezal Buglah à Madagascar en mars 1999.

Il a également été entendu sur un complot qui visait à cacher de la drogue chez ce dernier à Mare- Gravier, Beau-Bassin, en avril de la même année.

Publicité