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Rs 135 millions pour fermer Saint-Félix
La campagne sucrière 2006 aura un goût amer à Saint-Félix. Cette usine ne roulera plus. Le Conseil des ministres a avalisé sa fermeture à sa réunion d?hier. Une fermeture qui coûtera Rs 135 millions alors que 136 employés seront dédommagés.
Une existence étalée sur 175 ans arrive ainsi à terme dans un contexte de centralisation accélérée, et de baisse du prix garanti du sucre sur le marché européen. Les cannes seront broyées à Saint-Aubin et éventuellement à Savannah dans le sillage de la centralisation dans le sud aboutissant à une unique «flexi-factory».
Avec une chute de 36 % des revenus effective en 2009-2010, dit Frédéric Léon Robert, directeur de Saint-Félix, l?usine aurait été dans l?incapacité de soutenir les coûts de production. Et il s?avère que l?éta-blissement roulait déjà à perte.
Le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, le souligne : «Techniquement et financièrement, elle était insolvable.» Hier après-midi, il a eu une séance de travail avec les partenaires de l?industrie sur la question.
Au vu de la situation financière prévalant au sein de l?industrie, la Banque de Maurice, avance un bridging loan au montant que nécessitera la fermeture, soit Rs 135 millions. Le déboursement, fait ressortir le ministre de l?Agro-industrie, est en anticipation des mesures d?accompagnement que l?Union européenne mettrait à la disposition du pays pour l?aider à réformer son industrie sucrière.
Financement de projets
Une fois, ces aides financières versées dans les caisses du gouvernement, elles seront «warehoused» dans un fonds étatique. Et ce fonds entrera dans le capital de la Société usinière du Sud (Suds), unique entité qui gérera, à l?issue de l?exercice de centralisation, les opérations sucrières dans cette région du pays. Le fonds sera distribué sous forme d?actions après que les experts ont mené l?exercice d?évaluation. «Au moment venu de financer des projets de développement ou d?entrepreneuriat, ces actions seront vendues», souligne le ministre.
De son côté, Jean Li Yuen Fong, directeur de la Mauritius Sugar Producers? Association (MSPA), a rappelé que la fermeture de l?usine s?inscrit dans le droit fil du plan de centralisation de l?industrie sucrière. Notamment afin d?être compétitif dans un contexte de baisse de prix du sucre sur le marché européen.
«Nous avons pris connaissance des conditions attachées à la fermeture. Elles ont des implications financières allant même jusqu?à une participation au capital. A ce sujet, nous avons exprimé certaines réserves et demandons plus de précisions avant de nous exprimer là-dessus», souligne le directeur de la MSPA.
Les 136 employés seront, eux, compensés selon la formule établie dans le Blueprint, document préparé en 1997. Il y est stipulé que tout employé sera dédommagé à hauteur de deux mois et demi de salaire par année de travail. Dépendant de son temps de service, il recevra entre 10 à 16 perches de terres pour construire sa maison.
Sous ce plan, l?employé bénéficie également de Rs 5 000 pour la formation de même qu?une allocation de Rs 50 000 pour créer une entreprise, dépendant de la viabilité du projet qu?il soumettra.
Réagissant à l?annonce officielle de la fermeture de Saint-Félix, le syndicaliste Lall Deonath, président de l?Artisans and General Workers Union, estime que les employés s?y étaient préparés depuis «plus de 10 ans», dans la mesure où à chaque coupe, l?on annonçait la cessation.
Cependant, explique-t-il, les travailleurs craignent pour leur avenir. «L?argent obtenu en guise de compensation servira à construire une maison sur les terres offertes. Il serait souhaitable qu?ils obtiennent une pension mensuelle pour subvenir à leurs besoins», fait-il ressortir.
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