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Rouler à l?huile : solution écologique et économique
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Rouler à l?huile : solution écologique et économique
Rouler en voiture, sans essence. La formule n?est pas nouvelle, certes, mais l?on aurait tendance à penser uniquement aux voitures électriques, de plus en plus populaires. Toutefois, une autre alternative existe, pour peu qu?elle ait une légère odeur de?friture ! Le Mauritius Research Council (MRC) a organisé, mardi, un séminaire d?une demi-journée sur le thème de l?utilisation de l?huile végétale et de noix coco usée en substitution du carburant de diesel.
Déjà Rudolf Diesel, concepteur du moteur portant son nom, faisait fonctionner son engin révolutionnaire grâce à l?huile d?arachide, ayant personnellement essayé d?autres types d?huile végétale dans ses moteurs. A Maurice, Michael Chan est à l?origine d?un mouvement en ce sens. Outre l?aspect écologique, ce «recyclage» d?huile lui permet de réaliser des économies considérables.
«Ma voiture était un prototype», explique Michael Chan. Près de son bureau, quelques mécaniciens travaillent sur des véhicules en passe d?être modifiés. Le premier de ceux-là est un pick-up, mais tout type de voiture peu passer à l?huile végétale. «Du moment que c?est un diesel», dit Michael Chan. Le choix des 4x4 se fait en raison du caisson qui offre la place nécessaire pour un réservoir. Mais ce réservoir n?est pas indispensable à la conversion.
«Le conducteur peut choisir de basculer sur le diesel quand il le souhaite», continue Michael Chan. De plus, les mélanges d?huile et de carburant de Diesel, «à n?importe quel degré», sont également possibles, dit-il. Comment faire pour rouler à l?huile ? Quelques petites modifications au moteur s?imposent, comme une nouvelle pompe de distribution installée sous le capot. En tout, trois jours de travail sont nécessaires pour préparer un véhicule.
Rs 8 000 d?économie par mois</B>
Entre Rs 15 000 et Rs 30 000, c?est ce que coûte la conversion, précise Michael Chan. Mais, ajoute-t-il, le véhicule est vite rentabilisé. Concrètement, l?huile qu?il utilise dans son moteur lui permet d?économiser entre Rs 8 000 et Rs 9 000, par mois. Il s?en procure auprès de restaurants et d?hôtels, la traite notamment par un processus de filtration et la rend propre à être utilisée dans un moteur au bout de quelques semaines.
Michael Chan est convaincu que son projet est viable à grande échelle. Il faut toutefois un apport du gouvernement, afin de conscientiser les gens, leur expliquer que leur huile usée peut-être réutilisée. Un même type d?action doit être engagé vis-à-vis des restaurants et des hôtels, secteur prometteur pour cette technologie. Déjà, Michael Chan compte le Labourdonnais Hotel et le Hilton Resort & Spa parmi ses fournisseurs.
«Nous avons été approchés il y a un peu plus de deux ans par Michael Chan et le Mauritius Research Council (MRC)», explique Jaques Lassémillante, chef ingénieur au Hilton Resort & Spa. Le MRC et Michael Chan le convainquent d?essayer la conversion sur un des véhicules de l?hôtel. Un pick-up de 6 ans est choisi par l?hôtel et le kit de conversion est installé. L?huile que l?hôtel envoie habituellement à une station d?épuration est alors filtrée pour servir de carburant.
«Au début, c?était artisanal», explique Jacques Lassémillante. Mais au fil des mois, le processus de filtration se professionnalise. Désormais, la filtration ne prend que deux jours. Un an après l?essai concluant du premier véhicule, un deuxième est converti par l?hôtel. Bientôt, le premier pick-up, trop vieux, sera remplacé. «Cette fois, je compte convertir un véhicule neuf», révèle Jaques Lassémillante, maintenant totalement convaincu.
D?autres applications sont possibles</B>
Le chef ingénieur explique que cette conversion lui permet des économies annuelles de l?ordre de Rs 300 000 par véhicule. De quoi faire réfléchir les plus réfractaires. Pour Michael Chan, le seul obstacle à son projet est que les gens n?aiment pas se salir les mains. «Quand on leur dit qu?ils doivent eux-mêmes trouver leur huile et la filtrer, ils sont moins intéressés», affirme-t-il. Jaques Lassémillante pense, lui, que c?est l?odeur de l?échappement qui pourrait incommoder certains. Toutefois, à l?intérieur de la voiture, aucune odeur de friture n?est à signaler.
«D?autres applications sont possibles», dit Jaques Lassémillante. Pour lui, les moteurs de voitures ne sont qu?une étape. Pourquoi ne pas voir plus grand ? Il ne parle pas d?avions, mais de générateurs et de chaudières. Certes, il ne s?agit pas de faire tourner le générateur d?un hôtel à huile végétale. Mais de petits générateurs pourraient être facilement alimentés, dit-il. A quand ce passage au vert ?
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