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Rose-Marie Ravina ne courra plus

10 août 2004, 20:00

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Rose-Marie Ravina rêvait de faire honneur à son pays natal au même titre qu?Eric Milazar. Elle avait 10 ans, elle pratiquait l?athlétisme et se donnait à fond pour atteindre son but, mais le destin a voulu qu?il en soit autrement. La mère de la jeune fille, Marie-Noëlle se souvient encore de ce jour fatidique, qui a bouleversé non seulement le quotidien de sa fille, mais aussi le sien. Un accident l?a clouée définitivement sur un fauteuil roulant.

C?est l?après-midi. Comme d?habitude Rose-Marie s?est rendue sur le terrain d?entraînement. La fille aujourd?hui, une adolescente de 15 ans, était pleine de vie et était un accro de la course. Elle se trouvait sur le terrain quand une autre athlète qui s?entraînait également, a lancé un javelot. C?est l?accident dans toute son horreur. Le projectile atteint Rose-Marie Ravina à la colonne vertébrale. Elle est transportée d?urgence à l?hôpital.

Terrible diagnostic

Le diagnostic tombera comme un couperet. Rose-Marie ne marchera plus jamais. Les soins prodigués à Maurice confirment la mauvaise nouvelle. Le rêve de la jeune fille est brisé et sa vie ne sera plus la même. Elle devient même cauchemardesque. Elle fera une croix sur le sport et cessera l?école en sixième. ?Elle était une bonne sportive et se débrouillait pas mal aussi en classe. Elle avait certainement un brillant avenir devant elle?, raconte la mère. C?est le début du calvaire.

La vie de la maman prendra aussi une autre tournure. Elle accompagne sa fille presque tous les jours au début de l?accident pour le traitement à l?hôpital. «Elle connaît bien l?hôpital. Je ne sais plus combien de cartes de rendez-vous elle possède », explique la mère.

Cinq années plus tard, rien n?a changé, sauf le physique de la jeune fille. Elle, si mince et souple autrefois, n?est plus la même. A force d?être assise dans son fauteuil, Rose-Marie a pris plusieurs kilos. Elle est devenue très timide et ne communique qu?avec les membres de sa famille. Aux questions des journalistes, elle esquisse un sourire tristounet.

Sa vie se résume à ses visites à l?hôpital. Sinon, elle passe sa journée sur sa terrasse, mais avec sûrement un pincement au c?ur. Comment n?est pas être triste quand sa maison a une vue magnifique sur le stade de Camp-du-Roi, avec sa piste synthétique ? Rose-Marie n?aura jamais l?occasion de fouler cette piste et d?écouter les clameurs de la foule. Elle n?a que ses yeux pour voir les autres athlètes briller et penser à son rêve brisé.

Sa solitude est encore plus grande car ses anciens amis de l?école d?athlétisme ne viennent plus la voir. «Mem so ansien entrener pa vinn get li », souligne la mère. Quand l?ancienne athlète avait fait son accident, elle avait eu le soutien financier des autorités pour les soins, mais plus maintenant. Elle touche uniquement une pension d?invalide et sa mère aussi touche une petite somme d?argent car elle s?occupe de sa fille à plein temps. «Mo nepli capav travail. Mo lazourne fini avek lopital. Kan mo rent lakaz bizin fer louvraz. Kot ou kroir mo capav travail. Kas pa rentre. Gagne difikilte pou viv », dit-elle.

Outre des difficultés financières, la santé de l?handicapée s?est quelque peu détériorée ces derniers temps. En tout cas, c?est ce que pense la mère. Elle souhaite faire des examens plus approfondis à l?île Maurice, mais elle n?en a pas les moyens. Elle lance un appel pour qu?on lui vienne en aide.

En attendant, la fille reste là, sous la véranda, entourée de ses proches et n?arrête pas de regarder ce stade, qui ironie du sort, se trouve justement au pied de sa maison. Et personne ne sait ce qu?elle pense en regardant la piste synthétique?

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