Publicité

Roger Federer tout en haut

1 février 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

LA finale somptueuse espérée à Melbourne entre les deux meilleurs joueurs de leur génération n?a pas eu lieu. Incapable de retrouver le niveau de jeu qui lui avait permis d?atteindre la finale, Marat Safin a offert une victoire facile à Roger Federer. Sans trop forcer son talent, le Suisse s?impose en trois manches, 7-6, 6-4, 6-2.

Cette deuxième victoire en Grand Chelem permet au Suisse de faire honneur à son nouveau statut de numéro 1 mondial tandis que Safin, deux ans après, essuie une deuxième défaite en finale de l?Open d?Australie.

Les cinq sets nécessaires pour éliminer Andy Roddick et Andre Agassi en quart puis en demi-finale ont fini par peser lourd dans les jambes de Marat Safin.

Federer sur un nuage

Le Russe, qui avait passé huit heures de plus sur le court que Roger Federer pour parvenir en finale abandonnant au passage la bagatelle de 129 jeux ? record absolu pour un finaliste ? a manqué singulièrement de fraîcheur pour passer le dernier obstacle. Du coup, le spectacle attendu entre les deux phénomènes a été quelque peu escamoté, le Russe, frustré de son impuissance, ne pouvant que se rendre à l?évidence.

Pour battre ce Federer-là, sur un nuage depuis le début du tournoi et tombeur successivement d?Hewitt, de Nalbandian et de Ferrero sans jamais puiser dans ses réserves, il aurait fallu un Safin plus frais. ?J?étais en panne d?essence?, se justifiera-t-il auprès du public forcément déçu. Les chiffres ne trompent pas. Son service, si efficace jusque-là, n?était pas au rendez-vous. Avec seulement trois aces pour cinq double-fautes et 49 % de premières balles, Safin n?a jamais pu s?appuyer sur cette arme, pilier de son jeu. Si on ajoute à ça les dix-neuf points gagnants contre les quarante et une fautes directes concédées, on comprend que le Russe était bien loin de son meilleur niveau.

Dans ces conditions, il n?était pas étonnant de voir le Moscovite commencer à s?énerver dans la deuxième manche et se laisser happer dans une spirale dont il n?allait jamais pouvoir se sortir.

En face, Roger Federer ne se départissait pas de son calme et pouvait aligner tranquillement les points. Un peu passif en début de match, il était d?ailleurs le premier à laisser filer son service dans la première manche, le Suisse prenait très vite l?échange à son compte et reprenait son bien rapidement.

Plus véloce, plus précis, il était aussi le plus lucide dans le jeu décisif du premier set, nettement dominé, sept points à trois.

Un nouveau patron

Dès lors, Marat Safin, la tête sous l?eau, ne pouvait plus espérer grand-chose contre un Federer en pleine confiance, au sommet de son art. Celui que John McEnroe situe dans la lignée de Rod Laver et de Pete Sampras imposait son rythme jusqu?à l?écoeurement pour le Russe. Intraitable en retour sur la moindre balle un peu courte, injouable sur son service sur lequel il n?allait céder qu?un minimum de points, l?Helvète enlevait logiquement les deux dernières manches, 6-4 et 6-2.

Roger Federer s?impose ainsi comme le nouveau patron incontesté du tennis masculin. Nouveau numéro 1 mondial, le voilà désormais à la tête de deux tournois du Grand Chelem après son premier titre acquis à Wimbledon en juillet dernier. Son tennis limpide, sa classe naturelle auront séduit tout au long de la quinzaine australienne. Si Marat Safin était évidemment déçu, il l?était bien moins que deux ans plus tôt après sa défaite surprise contre Thomas Johansson. Le Russe sait qu?il n?avait pas les moyens physiques pour lutter mais il gardera à coup sûr de cet Open d?Australie une énorme satisfaction. Celle d?avoir montré qu?il était de retour au premier plan et qu?il faudra compter avec lui en 2004. Roger Federer en est intimement persuadé.

Publicité