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Rodrigues : Roussety, Von-Mally et Clair créent une situation d’agitation politique
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Rodrigues : Roussety, Von-Mally et Clair créent une situation d’agitation politique
Ambiance de campagne électorale pour la rentrée politique à Rodrigues. Les trois leaders politiques dans l’île ont convié les Rodriguais à des rassemblements et leur ont demandé de rester mobilisés.
Trois réunions politiques d’importance, à Rodrigues, le dimanche 9 janvier. Le Mouvement Rodriguais (MR) de Nicolas Von-Mally avait convié ses partisans à Saint Francois. Johnson Roussety avait, lui, invité ceux qui le soutiennent à Mourouk, alors que Serge Clair réunissait les sympathisants de l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) à Gravier.
Selon les observateurs dans l’île, les meilleures mobilisations ont été notées au rassemblement de  l’OPR et à celui de Johnson Roussety. Ce dernier, font-ils ressortir, a réussi la prouesse de réunir une bonne foule enthousiaste, alors qu’il n’a pas de parti. Le grand perdant  de cette journée serait le MR qui n’aura pu mobiliser qu’une maigre assistance.
Les discours des leaders à ces rassemblements, ont comme, on s’y attendait, tracé la voie pour les actions à venir des partis respectifs. Des propos très durs ont été tenus à l’égard des adversaires politiques.
Johnson Roussety est revenu sur ses désaccords avec le gouvernement central à Maurice. Il a rappelé comment il a dû entrer un procès pour que l’exécutif décide de payer l’allocation demandée par les  pêcheurs Rodriguais. Il a affirmé qu’à part Paul Bérenger, aucun des leaders politiques mauriciens n’a de vision pour le développement de Rodrigues.
L’ancien chef-commissaire affirme que des politiciens mauriciens ont fait une requête pour qu’il soit mis à l’écart et, selon lui, Nicolas Von-Mally n’ a fait qu’agir pour réaliser ce vœu.
Il a annoncé sa décision de lancer son parti le 1er février prochain. Il a donné un aperçu de ce que sera l’orientation politique de sa formation. Il a demandé à ses partisans de réfléchir à l’avenir de Rodrigues. « Le gouvernement  ne nous permet pas de développer ni un port ni un aéroport. Nous devons commencer à réfléchir comment prendre l’avenir de notre pays entre nos mains», s’est-il écrié. Sans prononcer  le mot indépendance, Johnson Roussety a  appelé ses partisans à orienter leurs réflexions dans ce sens. «  La France viendra nous aider », laisse-t-il échapper à un moment de son discours.
Serge Clair pour sa part s’est évertué à mettre en garde contre cette vision indépendantiste. Il a rappelé que Rodrigues obtient beaucoup de soutien Maurice. « Les fonds utilisés pour fournir des services à Rodrigues viennent de Maurice », dit-il.
Le leader de l’OPR a aussi relevé qu’en faisant partie de l’Etat mauricien, Rodrigues bénéficie d’une couverture internationale. Il a rappelé comment il a, personnellement, été élu co-président de l’Assemblée paritaire ACP-UE.  C’est pourquoi, dit-il, l’OPR a travaillé avec le  gouvernement du jour quel que soit le parti qui le forme. 
En revanche, le leader de l’OPR insiste sur l’autonomie. Il estime que le MR au pouvoir,  à l’Assemblée régionale, a galvaudé ce concept. « Le MR a fait beaucoup de tort, mais l’OPR est la pour réparer les dégâts » a-t-il lancé. Serge Clair a réclamé la dissolution de l’Assemblée régionale et l’organisation des élections. Il a dit sa certitude que son parti sortira victorieux de ces consultations.
Nicolas Von-Mally, pour sa part, s’est acharné sur Johnson Roussety. Il a tenu des propos très durs à l’égard de son ancien compagnon d’arme. Il l’a comparé à Laurent Gbagbo, le président de Côte-d’Ivoire qui ne veut pas quitter le pouvoir. Il a donné sa version des faits en ce qui concerne l’expulsion de Johnson Roussety du MR. Von-Mally affirme que le parti avait demandé à Roussety de prendre un congé politique en attendant la fin du procès que lui intente la commission anti-corruption (Icac). Toutefois, selon lui, l’ex-chef-commissaire est parti dire partout qu’il avait été expulsé du MR.
Nicolas Von-Mally a expliqué que Johnson Roussety doit assumer ses responsabilités pour ses actions. « Il y a la séparation des pouvoirs, le politique  n’intervient pas dans le travail du judiciaire », a-t-il dit. Il a laissé entendre que l’Assemblée régionale ne sera pas dissoute et qu’elle poursuivra son travail  jusqu’à la fin de son mandat en décembre prochain.
Les trois leaders politiques ont demandé à leurs partisans de rester mobilisés et d’assister à toutes les réunions qui seront organisées dans l’île dans les jours à venir. Une façon de dire que l’île Rodrigues est en pleine agitation politique, si elle n’est pas déjà en campagne électorale.
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