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?Riv-Noire: 400 ans d?histoire?: Moutou répond à Rouillard
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?Riv-Noire: 400 ans d?histoire?: Moutou répond à Rouillard
IL CONVIENT en tout premier lieu de préciser que certains renseignements contenus dans Rivière Noire: 400 ans d?histoire ont été puisés de sources qui ne correspondent pas nécessairement à celles citées par l?auteur de l?article dont il est ici question, M. Guy Rouillard. Celles-là feront l?objet de vérification quant à leur authenticité. J?en donnerai, à titre d?exemples, quelques-unes de ces différences d?appréciation :
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Page 27. M. Guy Rouillard déclare que j?ai tort de dire que l?île Maurice est mentionnée pour la toute première fois en 1502 par le célèbre navigateur Alberto Cantino. Cette assertion se trouve en contradiction avec ce qu?écrit Monseigneur Amédée Nagapen à la page 8 de son Histoire de colonie. ?Les noms arabes dont ils baptisèrent les îles figurent déjà sur la très ancienne mappemonde du Portugais Alberto Cantino, de 1502?, écrit-il. Jocelyn Chan Low, historien de renom, écrit d?autre part dans La VOC, T?Eylant Mauritius et Rodrigues, à la page 2, ce qui suit : ?L?Île Maurice, Rodrigues et la Réunion figurent bien sur le planisphère de Cantino terminée en octobre 1502.?
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Daniel Va xcélaire, lui, dans un ouvrage qui réunit les meilleurs historiens, intitulé Mémorial de la Réunion, écrit : ?Au moment présumé de la découverte de ces îles (Mascareignes), on assiste d?ailleurs à un phénomène curieux : certaines cartes les ignorent purement et simplement alors que leur existence était admise quelques années plus tôt par les Européens les postulants d?Alberto Cantino et Nicolo Canerio en 1503 accordent crédit aux indications fournies par la navigation musulmane faisant bien figurer à l?est de Madagascar les trois îles...? Qui croire donc ?
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Autre exemple à la page 198 (et non 98 comme écrit par erreur dans l?article). L?auteur nie le rôle catalyseur de Pierre Poivre Intendant, à l?île de France (1766-1772) dans la vulgarisation de la culture du giroflier et trouve que si Pierre Poivre en fut l?introducteur en 1770, la récolte des girofles eut lieu bien après son départ !
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Page 52, j?écris ?la nouvelle route reliant Case Noyale à Chamarel fut ouverte le 19 septembre 1901?. Il trouve qu?il y avait déjà une route dans ce sens en 1822. Comme quoi, il ne fait pas de différence entre route et nouvelle route !
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Page 164. La chapelle de St. Benoît a pu être construite en 1890, mais il n?est pas moins vrai que le présent édifice érigé en 1901 fut endommagé par le cyclone de 1945 et fut reconstruit par Wilfrid Lebret suivant les plans de l?architecte George Randabel.
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Mes renseignements concernant l?auteur du tableau de St. Augustin en l?église de St. Augustin furent pris dans le numéro de La Vie Catholique de mars 2001 et qui se lit comme suit: ?Le tableau de St. Augustin est dû au pinceau du peintre mauricien bien connu Philippe de la Hogue Rey?.
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Page 33. C?est bien à un manuscrit rapporté par Nicolas de Céré, directeur des Jardins du Roi, que nous devons la description suivante : ?Cabris, cochons, ânes, singes étaient en une telle abondance, etc.? Voir à la page 354 de l?ouvrage de Thomy Pitot T?Eyland/Mauritius. Quant à l?auteur de l?article rapporté, rien ne dit que c?est l?abbé de la Caille, ce manuscrit pouvant tout aussi bien être l?oeuvre de l?abbé Rochon ou de toute autre personne, toujours selon Thomy Pitot.
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Page 170, j?écris que ?les canons des tours Martello étaient destinés à faire fuir les négriers porteurs de cargaisons serviles aux esclavagistes resquilleurs bravant l?interdiction de la traite des esclaves par l?empire britannique dès 1813?. M. Rouillard trouve là une aberration de ma part car dit-il :?les tours Martello ont été construites en 1863 soit bien après l?abolition de l?esclavage?, alors qu?à la page 94 du livre Coastal Fortifications édité par Philippe La Hausse de La Louvière, ce dernier écrit: ?When were the Towers built ? Construction of the five Martello towers took three years, beginning by September 1831 and finishing before the end of 1834.?
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Page 57. Alors que M. Rouillard me fait la leçon en écrivant que le réseau de la Northern Line des chemins de fer fut inauguré le 21 mars 1864 et non en 1862, comme imprimé par erreur, il commet lui-même une erreur, car cette inauguration, qui fut faite par le gouverneur Sir Henry Barkly, eut lieu le 21 mai et non le 21 mars.
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L?existence de Barbe Blanche est bien mentionnée dans cette déclaration du Chevalier de la Motte en 1756 qui écrit notamment : ?Le chef de ces noirs nommé Barbe Blanche a un pouvoir despotique sur eux les esclaves fugitifs. Sa tête est mise à prix depuis un grand nombre d?années sans que l?on ait pu venir à bout de lui ni se saisir de sa personne morte ou vive?? (extrait du Détachement cité par Bradshaw en 1832 et repris par Jocelyn Chan Low ? voir 5 Plus du 5.5.1996.)
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Salines de la Rivière Noire. M. Rouillard écrit, sans toutefois citer ses sources, que les premières salines furent construites en 1808 à Rivière-Noire par Monsieur Fortier alors que Pierre de Sornay écrit dans son livre Ile de France/Ile Maurice qu?en 1816 il n?y avait que cinq salines dans tout le pays dont une à la Rivière-Noire. Dans mon livre, à aucun moment, je ne dis que la première saline fut construite en 1830, car j?écris à la page 221 que les premières salines ont dû être construites au temps des Hollandais.
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Page 107. Il est inexact de dire que j?ai fait mention d??Avory? seulement comme ayant été le nom du consul de France. J?ai bien écrit Jean Marie d?Avory, malheureusement le ?d? a été enlevé par le curseur.
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Terre des sept couleurs. Dans un autre ordre d?idées, non content de chercher la petite bête, M. Rouillard veut s?arroger le droit de me dicter ce que je dois écrire. Quel mal y a-t-il à citer les différentes opinions de l?époque sur l?origine des terres de sept couleurs ? Par exemple, il trouve ridicule que je fasse état de celle de M. France Dupavillon sur les volcans de l?île Maurice qui seraient à l?origine des terres de sept couleurs (1979) et de sa composition par London Analytical Laboratory effectuée en 1894 !
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Case Noyale ou Case Royale. Selon Adolphe Macquet, auteur du Précis Terrier de l?île de France (1887), Pierre Marie Le Normand (1721-1802), en sus d?être l?heureux bénéficiaire d?une concession au Morne, avait également bénéficié d?autres concessions à La Prairie et à Case Noyale totalisant 1838 arpents environ. Il est vrai qu?il y avait un certain M. Noyale qui n?était qu?un simple soldat mais rien ne dit qu?il possédait une belle demeure que l?on pouvait considérer comme une ?case royale?. C?est M. Le Normand qui fut en fait un grand philanthrope et qui accueillait à bras ouverts les voyageurs. Case Noyale serait bien une déformation de ?Case Royale?.
Voici à ce propos ce que dit Antoine Chelin dans La Gazette des Iles dans son numéro d?octobre 1989, à propos de l?origine des noms des lieux de Maurice : ?Case Noyale : Pierre Marie Le Normand né à Rennes en 1721 est décédé à Port-Louis Isle de France, le 7 avril 1802. Grenadier dans les troupes de la Compagnie des Indes en 1741, il participa aux campagnes de Mahé La Bourdonnais et du marquis Bussy-Castelnau. En 1765, il obtint à l?Isle de France des concessions de terre à Rivière-Noire sur l?une desquelles il s?établit et fut député de ce quartier près de l?Assemblée Coloniale pendant la Révolution française. Sa munificence et son hospitalité envers les voyageurs valurent à sa résidence le nom désignatif de Case Royale, nom qui a été entaché de corruption et connu comme Case Noyale.?
(15) Page 171, M. Rouillard se fait fort d?écrire qu?il n?y a jamais eu de sucrerie ni à Palmyre, ni à Casela ou encore à Clarens. Or, d?après Le Robert ?sucrerie? veut aussi dire lieu où l?on plante la canne à sucre (page 3678).
(16) Page 155, ?L?église de St Sauveur construite en 1841?. Mes renseignements ont été puisés (sans doute à tort) de la page 91 de l?Annuaire du Diocèse de Port-Louis, 1991.
Monsieur le Rédacteur, je pourrais citer d?autres exemples mais je ne voudrais pas abuser de l?indulgence de vos lecteurs. Avant de terminer, puis-je, M. le Rédacteur, signaler à M. Rouillard que compte tenu que les usines sucrières de la Rivière-Noire avaient toutes fermé leurs portes vers la fin du 19e siècle sauf pour ce qui est de Médine comment peut-il maintenir qu?elles étaient encore en opération en 1974 comme illustré dans sa fameuse carte de ce district dans l?article en question ? Est-ce faire justice à la bonne pédagogie dont l?auteur de l?article se fait le champion ?
Au demeurant, certaines mauvaises interprétations des faits ? inévitables dans un tel ouvrage ? relevant souvent du montage et de la réconciliation des textes et que j?ai notés, feront l?objet de rectification lors d?une deuxième édition du livre.
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