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Ritz : club très privé pour gentlemen

4 mai 2007, 20:00

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«Il faut du toupet, du courage et de l?audace pour faire ce que j?ai fait jusqu?ici en créant le club privé Ritz.» Brizlall Codaychurn est amer en prononçant ces paroles alors qu?il monte l?escalier de son club pour nous faire visiter les 26 chambres du Ritz Club, dont 12 sont pourvues de jacuzzi.

Amer, dit-il, des accusations portées contre lui après qu?il a investi Rs 34 millions dans cet établissement pour donner un nouveau cachet au nightlife mauricien. C?est la deuxième fois de sa vie qu?on l?associe à un métier de la honte. «Quand je suis parti avant l?Indépendance pour éviter le «Quatre jours à Paris» ? c?est-à-dire ce travail qu?offrait l?état pendant quatre jours par semaine ? on m?a vilipendé. On disait, li pé alle lève pot chamb englais.»

Cet homme de 60 ans, qui vendait dans son enfance du pain à partir de quatre heures du matin avec son père, se dit quand même satisfait de ce qu?il a réalisé jusqu?ici, en Grande-Bretagne et à Maurice, même si son club privé ne lui a pas encore rapporté des profits.

«C?est pour le moment kif kif. Nous ne faisons pas encore de profits, mais nous ne perdons pas. Ce qui fait que souvent je dois puiser de l?argent des deux maisons de retraite que je possède en Grande-Bretagne et que ma femme, une Anglaise, et ses deux enfants gèrent. L?argent que j?ai investi ici, je l?ai gagné à la sueur de mon front. Je ne l?ai pas volé. Rs 34 millions n?est pas une petite somme et j?ai créé 20 emplois permanents. Aucun de mes employés ne peut dire que je suis un mauvais payeur», dit-il.

En fait, ce fils de livreur de pain de Quatre-Bornes a fait fortune en Grande-Bretagne où il se rend en 1966 sur un paquebot en utilisant de l?argent emprunté d?une prêteuse sur gages. Il se fera infirmier, se mariera à une Anglaise, économisera pour acheter une première maison de retraite, puis une deuxième.

<B>Le symbole du divertissement</B>

Il vivra aussi un peu de temps aux états-Unis où il visite des hôtels de luxe pour avoir le contact avec les divers types de nightlife. «C?est en assistant à un spectacle dans un hôtel de luxe que m?est venue l?idée de lancer une boîte identique à Maurice sous la forme d?un club privé pour offrir un plus aux touristes et aux Mauriciens.

En fait, il dispose d?un permis pour restaurant, hôtel et club privé et son établissement est fréquenté par bon nombre de touristes venant des quatre coins du pays. «Plusieurs viennent des grands hôtels du pays pour assister à nos soirées», affirme-t-il. «Mon établissement n?est pas le symbole du sexe, mais du divertissement. Un type de divertissement que les Mauriciens n?ont jamais eu jusqu?ici», dit-il. Mais quid des accusations que son club pratique et favorise la prostitution ? Brizlall Codaychurn nie l?accusation. «Je loue des chambres comme tous les hôtels et ce que les gens y font ne me regarde pas. Ce que les gens font dans leurs fêtes privées qu?ils organisent dans le club ne me regardent pas aussi. Mes chambres sont d?ailleurs des chambres de luxe et coûtent Rs 1 500 par nuit. Ce ne sont pas des chambres d?un hôtel de passe à Rs 300 par nuit», dit-il.

Brizlall Codaychurn a en fait acheté un ancien hôtel, connu sous le nom d?Arc-en-Ciel, qu?il a transformé en club privé. Le restaurant où se trouvent deux podiums pour le pole dancing, donne sur la plage de Baie-du-Tombeau.

Il compte rénover l?établissement et y introduire un nouveau concept à partir de la fin de ce mois. «Je viens avec une nouvelle idée qui me permettra de faire des profits.» Brizlall Codaychurn ne veut pas dévoiler cette «nouvelle» idée pour le moment. Il s?envole ce week-end pour l?Asie afin de mettre au point la nouvelle stratégie de l?établissement.

<B>Être membre du Ritz </B>

On est admis au Ritz si on est membre du club ou alors si on est invité par un membre de ce club privé. Les touristes, de même que certains Mauriciens y sont admis sans être membres.

Pour devenir membre, il faut s?inscrire au Ritz qui peut accepter ou refuser la demande par rapport au profil du demandeur. Le club a la vocation d?être un «gentlemen?s club». Les 200 membres du club ne payent aucune cotisation, mais il y a un droit d?entrée pour ceux qui viennent seulement pour les spectacles organisés du lundi au samedi.

Ce droit peut varier de Rs 150 à Rs 300, mais n?est pas applicable à ceux qui consomment beaucoup, boisson et alcool. Une bouteille de whisky de la marque Red Label est vendue à Rs 1 500 alors qu?un dîner comprenant l?entrée le plat de résistance et le dessert, coûte environ Rs 500. Le restaurant du Ritz est en fait le seul de la capitale, sinon de toute l?île, qui reste ouvert jusqu?à 2 h 30 du matin.

<B>La danse la plus demandée </B>

Le directeur du Ritz affirme que le gros du public ne fréquente pas son établissement pour le sexe, mais pour le divertissement. «Ne croyez pas que les gens viennent pour voir des filles danser en petite tenue. En sus des «pole dances», nous avons toute une variété de danses et je peux vous dire que les danses les plus demandées sont des danses de Bollywood, quand nos danseuses et danseurs sont vêtus des costumes de Bollywood. En fait la danse la plus demandée en ce moment est une danse du film «Bunty aur Babli» sur la chanson «Kajaré», explique Brizlall Codaychurn.

La danse en question est exécutée par une certaine Océane qui, après sa première prestation, fait souvent l?objet de plusieurs rappels sur la scène par le public.

<B>Le personnel et les services offerts </B>

Le Ritz compte une douzaine de danseuses qui ont toutes appris le métier de «pole dancer» sur le tas. Certains trouvent leurs danses aguichantes, sensuelles alors que d?autres les trouvent carrément vulgaires. Le directeur du club ne veut pas divulguer les salaires de ses employés, dont ceux des danseuses. Mais certaines d?entre elles affirment qu?elles touchent jusqu?à Rs 20 000 par mois. On ne sait pas si cette somme ne représente que les salaires, ou les salaires avec en plus les pourboires. Le Ritz dispose aussi d?un salon de beauté, d?un centre de remise en forme avec masseuses et jacuzzi.

<B>Enterrer sa jeunesse au Ritz </B>

En Grande-Bretagne et dans les pays anglophones on l?appelle «stag night», ou «stag party», en Afrique du Sud on l?appelle «bull?s party». C?est en fait une tradition anglophone bien codifiée pour enterrer sa jeunesse. La fête peut durer souvent tout un week-end avant le mariage.

«Le Ritz est en ce moment le seul établissement mauricien qui offre des «stag nights» à ceux qui vont se marier. Nous avons organisé 36 ?stag nights? depuis notre ouverture, dont une organisée pour une jeune femme. Pour les femmes ; cela s?appelle «Hen Night».

«La tradition d?enterrer sa vie de jeune célibataire commence à entrer dans les m?urs mauriciennes», explique Brizlall Codaychurn. Les «stag nights» se déroulent en privé dans le club, le futur marié et ses invités font la fête dans une partie privée du club.

«Normalement, il faut un minimum de dix personnes, chacune payant Rs 1 200. Le futur jeune marié ne paye pas. Mais nous pouvons organiser des «stag nights» pour des groupes plus importants. à cette fin, c?est un espace plus grand, mais toujours privé qui est réservé», nous dit Brizlall Codaychurn qui affirme que son club organise plusieurs autres fêtes privées, allant des anniversaires à la célébration de certains succès. «Nous avons même déjà organisé une fête privée pour une personnalité saoudienne», affirme-t-il.

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