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Rishi Jogoo sous l??il de John Hoyland
Le plasticien mauricien, Rishi Jogoo, français par le mariage et vivant en Grande-Bretagne, était de passage dans l?île. Ses gravures (2000), comme ses collages et autres techniques mixtes (2002), réalisés à Paris et à Londres au long d?une décennie, avaient, durant deux expositions mauriciennes, ravi les amateurs d?art de qualité par leur force explosive, au chromatisme volcanique. Une ?uvre dont le peintre John Hoyland, qui était récemment à Maurice, ne tarit pas d?éloges : ?(?) personnellement, je voudrais évoluer dans un contexte multi-culturel. J?estime qu?il s?agit là d?un véritable défi pour nous tous : comment créer des oeuvres hybrides qui seraient susceptibles de transcender les barrières raciales, sociales, culturelles ou linguistiques.?
Poursuivant son analyse, John Hoyland estime que Rishi Jogoo pourrait parfaitement incarner ce rôle. Il a beaucoup voyagé et a fait l?expérience de bien des cultures. Il a lutté, mais, à travers son art, a retenu des liens puissants avec son héritage. Hoyland fait ressortir que l??uvre de Rishi est intemporelle. Elle n?est pas limitée à son seul lieu de naissance. Certes, ses peintures portent la marque de son espace d?origine, mais comme toutes les ??uvres hybrides?, elles portent en elles l?avenir de l?art. Elaborant sur cet Art en général, Hoyland précise : ?It will grow in a cross-cultural context of universal awareness made all the more universal by the very personal nature of its expression.?
Nous avons demandé à l?artiste mauricien, dont l??uvre se situe entre figuration et abstraction, s?il pensait que cette dernière pouvait se passer de la figuration. Rishi Jogoo explique que la figuration est une combinaison de lignes, de couleurs. C?est la représentation des formes telles qu?elles sont, dépendant de l?artiste. L?abstraction est une combinaison de différentes choses neutres qui n?évoquent pas toute l?étendue de l?émotion individuelle. ?L?Abstraction est une évolution des formes de la figuration. C?est là que la toile a un certain contexte qui lui donne son poids, sa solidité, dans son propre espace?.
?Dans une galerie, on n?apprécie pas tout?, dira-t-il encore. Cela dépend de notre sensibilité. Il y a tout un monde qui joue là. La manière de regarder une ?uvre dépend de la sensibilité individuelle. Il est plus difficile de comprendre une ?uvre abstraite qu?une peinture figurative, qui est directe. Par contre, la tension, la pureté des lignes, sans un contenu, ne valent rien, fait remarquer l?artiste.
La peinture, en ce début du XXIe siècle, a-t-elle un avenir ? La réponse est directe. ?L?on peut dire que l?Impressionnisme, le Modernisme, et autres tendances sont morts. Cela ne veut pas dire que la peinture est morte. Si nous regardons autour de nous, quand un enfant naît, il est curieux des couleurs. Les enfants dessinent ce qu?ils connaissent, plutôt que ce qu?ils voient. L?enfant est de nature instinctive. Il procède par des formes différentes.? Toutefois, rappelle l?artiste, bien plus tard, la technique l?aidera par une certaine qualité de l?expression.
Rishi Jogoo exposera ses gravures récentes à la salle polyvalente du Centre Charles Baudelaire en septembre 2004.
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