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Ring Road et Dream Bridge : les voies du salut
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Ring Road et Dream Bridge : les voies du salut
Si tout va bien, la construction du pont enjambant le port, le Dream Bridge et la route circulaire qui contournerait le centre-ville pourrait débuter cette année ou au plus tard l?année prochaine. La décision prise par le gouvernement de construire et le Dream Bridge et la Ring Road est une indication d?une nouvelle volonté de prendre à bras-le-corps le problème de la congestion routière dans la capitale
Leur entrée en opération ? de préférence avant les prochaines élections, comme le souhaitent les décideurs politiques ? permettra de soulager, dans une grande mesure, la congestion à Port-Louis. Le pont et la route circulaire dévieront près de la moitié des véhicules qui entrent et sortent de la capitale aux heures de pointe, matin et après-midi. Et ce, notamment sur la quatre-voies appelée Motorway 2 ou M2. De fait, quand Rashid Beebeejaun a assumé le portefeuille des Infrastructures publiques en 2005, ses techniciens lui avaient déjà dit que la Ring Road serait la planche de salut pour décongestionner la capitale.
Dans la même optique, l?expert britannique, Jonathan Richmond, sollicité par le gouvernement, devait également proposer la construction de cette route circulaire. En fait, elle aurait dû débuter dans les années 80. Elle fut repoussée en raison du glissement de terrain à la Butte et son tracé modifié à trois reprises en raison du changement de donnes dans le trafic routier.
Selon la Road Development Authority (RDA), le tracé retenu de la route circulaire comprend un tunnel de 1,3 kilomètre sous la montagne. En fait, cette route commencera dans la région de Sorez (dans les environs de Montebello, après la nouvelle station d?Indian Oil, passera par Guibies, derrière le Domaine Les Pailles. Elle empruntera un tunnel qui sera creusé sous la montagne, débouchera dans les environs de la rue Justice (dans la région de la pagode chinoise et de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation). Cette route prendra ensuite la direction de la colline Monneron, passera par Vallée Pitot pour déboucher à la route des Pamplemousses, dans les environs des locaux de la MSPCA. Elle empruntera, enfin, la route militaire pour rallier le rond-point qui mène vers le port.
L?annonce concernant la construction de cette route de concert avec le Dream Bridge a toutefois surpris certains. «La mise en chantier des deux projets en même temps ne me surprend pas. La situation a changé et je crois qu?il nous faut maintenant penser sur le long terme», affirme un haut responsable de la RDA, qui a requis l?anonymat.
La construction du Dream Bridge ne pourra se faire sans que tous les ronds-points entre Caudan et Terre-Rouge ne soient rehaussés. Cela afin de créer des ronds-points identiques à celui de Saint-Jean. «Je ne voudrais pas que le flot de trafic empruntant ce pont soit bloqué à sa sortie sur le rond-point de Roche-Bois», a d?ores et déjà averti le président de la Mauritius Port Authority (MPA), Siddick Chady. Il est l?homme derrière le Dream Bridge. De fait, ce sera sur les terres appartenant à la MPA, qui financera le pont à hauteur de 25 %, qu?il sera bâti.
<B>Forte volonté politique</B>
Une route sera construite dans les environs du collège Royal de Port-Louis pour mener vers ce pont qui passera derrière le Port-Louis WaterFront pour enjamber le port. Il passera sur le quai D pour ensuite déboucher, soit sur le rond-point de Roche-Bois ou celui de Riche-Terre.
On estime que la réalisation des deux projets mettra fin à la congestion dans la capitale pendant quelques années seulement. D?autres mesures seront nécessaires pour que ce décongestionnement dure, tel l?Open Bus Way que propose Jonathan Richmond, une troisième voie sur l?autoroute qui descend vers la capitale, entre Phoenix et Port-Louis, un système de transport par autobus luxueux pour encourager les automobilistes à opter pour le transport en commun, etc.
Quoi qu?il en soit, personne ne pousse un «ouf» de soulagement devant l?annonce de la mise en chantier des deux projets. En fait, ils ont été à maintes reprises envisagés puis renvoyés aux calendes grecques. Le principal obstacle concernant la concrétisation de ces deux projets est d?ordre financier. Ils coûteront Rs 10 milliards.
On estime qu?une forte volonté politique sera nécessaire pour mener à bien ce projet, principalement la mise en pratique des mesures accompagnatrices. Volonté que le Cabinet a déjà exprimée.
<B>Genèse de la route circulaire</B>
La «Ring Road» a été évoquée pour la première fois en 1975 par Raymond Rivet. Il était alors question que cette route circulaire, qui contournerait la capitale, partirait de l?entrée Sud de Port-Louis, sur l?autoroute à Pailles, à hauteur de la station St.-Louis, pour rejoindre le prolongement de la rue Labourdonnais. La partie initiale de la route longerait la montagne des Signaux, en passant à l?arrière des habitations de Bell-Village et de La Butte, et du monument Marie-Reine-de-la-Paix.
Ce projet fut de nouveau considéré après les élections générales de 1976. Une étude de faisabilité fut confiée au cabinet de consultants français, «Setec International». Il prit presque trois ans pour compléter l?étude et le tracé proposé en 1975 est retenu avec une importante modification : une route nouvelle complémentaire, en parallèle aux routes existantes, est proposée.
Elle partirait de la jonction Labourdonnais passant par Tranquebar et Vallée-Pitot pour rejoindre le tracé initial à la jonction Victoria.
Deux évènements devaient freiner ce développement routier : le glissement de terrain à La Butte et l?installation des squatters sur le tracé de la route circulaire. Le gouvernement s?adressa, au début des années ?90, au cabinet de consultants anglais, «DHV International». Dans son rapport soumis en 1993, ce dernier proposa de remplacer la partie initiale du tracé préconisée par son homologue français, par un autre comprenant un tunnel de 1,3 kilomètre à travers la montagne des Signaux. Cette proposition fut rejetée.
Le projet de la «Port-Louis Ring Road», qui sera exécuté, a été approuvé par le gouvernement en 2002. C?est le fruit d?un travail entre la RDA et la firme indienne CES. Selon un technicien de la RDA, l?option tunnel sous la montagne a été retenue parce que les autorités comptent l?utiliser pour une route qui relierait Port-louis à Moka en passant par Guibies.
Les embouteillages coûtent Rs 2 milliards par an</B>
Selon une étude de la «Mauritius Employers Federation» (MEF), les embouteillages coûteraient Rs 2 milliards par an à l?économie mauricienne. Au total, 97 % des entreprises interrogées dans le cadre de l?étude estiment qu?elles sont pénalisées. 76,8 % affirment que leurs coûts d?opération sont majorés par des dépenses supplémentaires en termes d?une consommation plus élevée de carburant en raison de la congestion? Retards et absentéisme dans les entreprises et livraisons tardives sont d?autres incidences négatives. Les coûts sont plus élevés pour la distribution et le transport, sans compter la perte de productivité et de compétitivité des entreprises, l?augmentation des coûts de main-d??uvre et le recours aux heures supplémentaires pour pallier retards et absentéisme. Une qualité de service diminuée, et la réduction des ventes sont également notées. Ainsi, 62,3 % des entreprises estiment que la congestion décourage les investissements futurs. Plus de 25 % des entreprises interrogées disent avoir eu recours à une délocalisation de leurs activités en raison de la congestion. 21,7 % ont introduit des mesures pour des horaires de travail flexibles. Ces entreprises demeurent, malgré tout, très pessimistes : 94 % estiment que le problème va rapidement empirer.
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