Publicité
Riaz Durgahed : Je vise un titre mondial
<B>C?est parti pour vous Riaz ?The Razor? Durgahed. Racontez-nous ce premier combat ?</B>
? Avant cela, je dois rappeler que j?ai fait de la boxe amateur pendant quinze ans. Après avoir disputé les Jeux olympiques de Sydney et réaliser tous mes rêves en amateur, je n?étais plus motivé. Il me fallait passer professionnel et réaliser d?autres rêves. Le bon Dieu m?a alors envoyé Jerry Mortimerdo, mon entraîneur en Angleterre. Il m?a accueilli chez lui comme un fils et je suis très motivé à donner le meilleur de moi-même.
<B> Et ce premier combat ?</B>
? Je ne savais pas trop ce qui allait se passer. Ce n?est pas facile d?autant que c?est la première fois que j?allais combattre officiellement sans casque et sans t-shirt. En arrivant à Thisle Hotel à Bristol, j?ai jeté un coup d?oeil à la carte de mon adversaire James Thomas et j?ai été surpris de voir qu?il comptait 30 combats professionnels, alors qu?on avait dit qu?il n?en comptait que trois. J?ai eu un moment de doute, mais Jerry Mortimerdo m?a assuré que son palmarès n?est pas éloquent. Et puis je me suis dit que je ne me suis pas sacrifié pendant six mois pour abandonner sur la ligne de départ. C?est certain que je ne m?attendais pas à le mettre K.-O. après seulement 90 secondes de combat.
<B>Qu?est-ce qui se passait dans votre tête à ce moment-là ?</B>
? Voyez-vous, je suis devenu un autre Riaz. Je n?ai pas de pitié. Je n?ai aucun sentiment. Je dois faire un boulot et je suis prêt à le faire à n?importe quel moment. Pour tout vous dire, je suis prêt à mourir sur le ring s?il le fallait. J?étais bien évidemment super content après le combat. En Angleterre la boxe a une grande valeur. Je sais que certaines personnes à Maurice priaient pour que je perde? Mais cette victoire est inoubliable. D?autant qu?elle a été obtenue avec l?apport de Jerry, celui qui m?a aidé à faire mes premiers pas en boxe amateur pendant trois années.
<B>Aviez-vous eu une pensée spéciale lorsque l?arbitre vous a déclaré vainqueur ?</B>
? Oui. J?ai pensé à Jerry Mortimerdo. Cette victoire est aussi la sienne. Aussi à mes amis en Angleterre, Judex Meemeea, François Napaul et Dananjay Rungeea. Certains à Maurice pensaient m?avoir détruit. J?ai ceci à leur dire : ?Riaz est revenu.? Et je crois pouvoir réaliser de grandes choses à l?avenir.
<B> Quels sont vos objectifs ?</B>
? Il va falloir enchaîner les combats. Après je chercherai à obtenir un titre. Rien n?est impossible.
<B>Quel titre ?</B>
? World Champion ! Il y a toutes sortes de possibilités. Je pratique la boxe depuis tout petit. Je suis un guerrier de nature. Maintenant que je suis libéré, je n?ai plus de pression, je m?exprime à mon aise.
<B>On voit que vous vous êtes vite adapté aux conditions anglaises ?</B>
? Tout se passe très bien. Je ne cesserai de remercier Jerry. Je suis logé, nourri et de plus nous avons les mêmes ambitions pour la suite de ma carrière. Je suis triste qu?il n?y ait pas une personne de son calibre à Maurice pour aider les jeunes boxeurs à trouver leur voie. ? <B> Est-ce que la boxe pro paie bien ?</B>
? Of Course ! Mais dans mon cas, pas tellement. Je ne fais que commencer. Cela devra augmenter au fur et à mesure. Mon but dans l?immédiat est de rencontrer le champion d?Angleterre de ma catégorie (-56 kg) et du Commonwealth, Eshan Pikkering.
<B>Avez-vous un message pour le public mauricien ?</B>
? Bien sûr que oui. Je voudrais qu?il sache que j?étais très déçu et abattu de n?avoir pas remporté la médaille d?or dans mon pays pour les Jeux des îles de l?océan Indien. Maintenant que je suis passé professionnel, je vais faire plaisir à tous ceux qui m?apprécient vraiment. Je profite pour faire des gros bisous à mes parents, Said et Tahera, à mon frère Iqbal et ma soeur Nazima.
Propos recueillis par Jean-Hugues OLIVIER
Publicité
Publicité
Les plus récents