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Rezistans secoue le système

11 juin 2005, 20:00

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Rezistans ek Alternativ ne compte pas s?arrêter en si bon chemin. Après avoir eu gain de cause en Cour suprême, ce mouvement invite tous ceux qui ont fait acte de candidatures pour les élections du 3 juillet et qui ne désirent pas se classifier en termes de communauté, pour le besoin de l?allocation des sièges de Best Losers, de le faire savoir à la Commission électorale.

Le 30 mai dernier, les Returning Officers de quatre circonscriptions avaient rejeté les candidatures des onze membres de Rezistans ek Alternativ, qui avaient refusé de divulguer leur appartenance ethnique pour l?octroi des huit sièges de Best Losers, comme exigé par un des règlements concernant les élections générales. Ils avaient, le même jour, écrit à la Commission électorale pour dire qu?ils ne comptent en aucun cas revendiquer un tel siège.

En déclarant nul et non avenu le rejet de ces candidatures, la Cour suprême a enlevé la dernière obligation faite à un citoyen mauricien de se classifier en termes de communauté.

<B>Ordre du juge</B>

Le jugement rendu, vendredi, par Eddy Balancy a conclu que la sanction appliquée par ces Returning Officers viole la section 1 de la Constitution. Cette section proclame que Maurice est un état démocratique et que le droit du citoyen de se porter candidat à une élection générale est si fondamental pour l?existence d?une vraie démocratie qu?il ne peut être « easily tampered with ».

Le jugement Balancy cite à profusion l?argument de l?ancien juge Dhiraj Seetulsing avancé en septembre 2000 dans l?affaire Carrimkhan v. Tin How Lew Chin & Ors. La Cour suprême avait alors trouvé qu?il est de plus en plus difficile de nos jours d?identifier la communauté de quelqu?un en se basant uniquement sur son mode de vie.

Le dénommé Carrimkhan avait contesté le procédé employé par des candidats de Lalit pour déterminer la communauté à inscrire sur leurs formulaires au moment de faire acte de candidature pour les élections de septembre 2000. Ils avaient, comme par le passé, eu recours à un tirage au sort pour le faire.

Le juge Balancy a ainsi ordonné à la Commission électorale d?inclure les onze candidatures. Interrogé, hier, Irfan Rahman, le commissaire électoral, indique que «c?est chose faite depuis vendredi après-midi». Les noms des membres de Rezistans ek Alternativ ont été ajoutés à ceux des 634 autres candidats pour les 62 sièges à pourvoir.

Ashok Subron, un des animateurs de ce groupe, qualifie le jugement de « grande victoire et de grand pas en avant ». Il explique que l?action entrée en Cour a été motivée par l?appel lancé par les étudiants de l?université membres de Rev Lib. Ce groupe avait invité les candidats éventuels à refuser de se catégoriser en termes de communauté pour les prochaines élections.

Notre interlocuteur note que c?est le résultat d?un combat mené depuis les années 1970 et qui a vu, en 1982, un amendement à la loi sur le recensement. Depuis cette date, le recensement, qui a lieu chaque dix ans, ne mentionne plus l?appartenance ethnique.

<B>Pas en avant</B>

Lors d?un point de presse, hier, pour commenter le jugement Balancy, Rezistans ek Alternativ réclame un débat national sur la nécessité pour l?Assemblée nationale de se défaire « des derniers restants communalistes dans notre système électoral ». Ce groupe invite également les deux principaux blocs en lice pour le scrutin du 3 juillet à inclure dans leur manifeste une proposition concernant l?introduction d?une mesure de transition en attendant l?abolition du système de Best Losers.

Les deux blocs politiques ont aussi commenté cette décision de la Cour suprême. Le Premier ministre a trouvé que c?est « un jugement très intéressant qui pointe vers l?avenir, mais qu?il ne remet nullement en cause l?actuel système de Best Loser ». Il est cependant d?avis que ce système est «appelé à disparaître de mort naturelle avec la réforme électorale. Nou pas éna aucaine doute qui nou pou capave, à tête reposée, arrive à ène consensus lors la réforme après les élections».

Le jugement est également accueilli « avec sérénité et plaisir » du côté de l?Alliance sociale. Xavier-Luc Duval, qui résume le sentiment général de ses partenaires, considère que c?est « une excellente nouvelle pour la démocratie et une bouffée d?air frais oeuvrant vers le vrai mauricianisme ».

Le seul couac est cependant venu du Mouvement libération militant. Son leader, le maulana Adam Sahodeea, annonce son intention de contester ce jugement.

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