Publicité
Retrouver la vertu
Méfiance, suspicion, règlement de comptes? le département des douanes a souvent été associé à des substantifs peu laudatifs. De manière générale, l?opinion publique reste très prudente lorsqu?il s?agit de porter un jugement critique sur ce département tant les enjeux sont complexes et multiples. Aujourd?hui, la détermination de l?Etat à vouloir récupérer ses manques à gagner à cause de certaines carences au niveau de ce département fait face à des appréhensions justifiées de la part des opérateurs et de certains douaniers alors que, d?un autre côté, elle est confrontée aux résistances corporatistes.
?La fraude et la contrebande ne seront plus tolérées?, avertit le contrôleur des douanes, Bert Cunningham, qui ajoute que ceux qui opèrent dans la légalité n?ont rien à craindre. De toutes les réformes qui ont été enclenchées depuis quelque temps, c?est une constante qui est remontée à la surface : ceux qui évoluent à la limite du licite se sont constitués en groupes de pression pour bloquer les réformes. Mais il est un autre fait qui demeure tout aussi intéressant. C?est le fait qu?aucune réforme ne fait l?unanimité et qu?il y a une critique systématique pour dénoncer le manque de dialogue et de concertation. Le département des douanes ne fait pas exception. Les critiques qui ont été émises vont dans le même sens. C?est l?une des caractéristiques de l?argumentation corporatiste. C?est aussi l?un des moyens dont se servent des opérateurs qui constatent que les changements structurels ne leur garantissent plus l?impunité.
Aujourd?hui, le département des douanes s?est fixé des objectifs réalistes et qui tendent à desserrer la robinetterie économique nationale. Il y a une volonté affichée d?augmenter les revenus de l?Etat en combattant la fraude et la corruption dans ce secteur. Dans un cadre global, le gouvernement ne s?épargne aucun effort pour s?assurer que l?Etat ait de moins en moins à souffrir de ceux qui utilisent des voies illicites provoquant des manques à gagner conséquents. Concernant la douane, les initiatives visant à assainir la situation ont été accueillies diversement. Il est important dans ce contexte que les exercices d?explication et de communication se multiplient pour ne laisser aucun doute au sein de l?opinion publique. A cet effet, la rencontre entre les responsables de la douane et des opérateurs de la zone franche, des courtiers et des ?custom clerks? est une démarche saine. Il s?agit désormais d?élargir ce champ d?explication.
Dès la nomination de Bert Cunningham à la tête des services douaniers, il y a eu une campagne pour dénoncer le recours à des compétences étrangères alors qu?il existe parmi les cadres locaux déjà des personnes qui peuvent accomplir la tâche. Discours classique mais qui ne manque pas d?accrocher. On a noté également des grincements du côté des syndicats des douanes. Puis il y a eu des saisies, quelques-unes spectaculaires, pour démontrer que la réforme dans ce secteur commençait à porter ses fruits. Récemment des grognements ont été enregistrés en raison des lenteurs notées suite à la mise en place de nouvelles procédures à l?importation et à l?exportation.
Les services douaniers demeurent, à n?en point douter, un secteur sensible. En évitant la confrontation, en mettant l?accent sur la concertation, en recherchant constamment le consensus et en jouant à fond la carte de la transparence, les autorités douanières et, par extension, le gouvernement seront plus à même de mettre toutes les chances de leur côté pour que la réforme de ce secteur aboutisse dans une atmosphère saine. Il n?est pas seulement question d?accroître les revenus de l?Etat. C?est toute une logique de diffusion d?une culture de transparence, de l?éthique et de vertu dans le monde des affaires dont il est question.
Publicité
Publicité
Les plus récents