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Retour au pays des rescapés du ?Mauritius II?
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Retour au pays des rescapés du ?Mauritius II?
Les 23 rescapés du naufrage du Mauritius II rentrent à Maurice, le dimanche 20 avril 1980. Ils sont accueillis à leur descente d?avion par les capitaines P. Moorooghan, Yves Bétuel, René Sanson et par MM. S. Lalloo, Dennis Taylor, Christian Couacaud, D. Harel et G. Desmarais. L?atmosphère demeure tendue. Les rescapés conservent un visage crispé, traduisant un sentiment tenace d?angoisse, de tristesse, d?inquiétude. Quelques-uns donnent l?impression d?être encore sous l?effet de choc. Plusieurs d?entre eux ne savent pas encore s?ils auront ou non le courage de reprendre la mer.
Le capitaine Gilbert Langlois ne cache pas son trouble : ?Je navigue depuis 37 ans mais ce qui s?est passé est un mauvais coup. Il m?a vieilli de plusieurs années. Par chance, le naufrage a eu lieu en plein jour. Aurait-il eu lieu de nuit que nous ne serions peut-être pas là à vous expliquer ce qui s?est passé.?
L?ordre de mettre à l?eau le seul canot de sauvetage disponible et d?abandonner le navire est donné quand le capitaine se rend compte que ce dernier ne parvient pas à se retourner et reste penché sur le côté. Au dire du capitaine Langlois, les membres d?équipage sont magnifiques de courage. Nul ne panique. Les deux femmes et deux officiers prennent place à bord du canot de sauvetage bâbord. Ils se tiennent à environ 50 mètres du navire. Voyant qu?on ne peut rien faire pour redresser le navire, ordre est donné aux membres de l?équipage de l?évacuer et de rejoindre le canot à la nage. Le capitaine Langlois est le dernier à quitter son navire. Mais le dernier à prendre place à bord du canot est le chef mécanicien que le courant entraîne au loin. Cela ne manque pas d?inquiéter ses compagnons d?infortune car les parages du naufrage sont infestés de requins. Peu après, arrivent, sur les lieux du naufrage des hélicoptères de l?armée sud-africaine. Ils indiquent aux naufragés la direction à prendre pour rejoindre le pétrolier Al Faradhi venant à leur rencontre mais qu?ils ne peuvent apercevoir en raison de la hauteur des vagues. L?accostage et l?embarquement sont des plus périlleux. Certains membres d?équipage sont à bout de force. L?accueil à bord du tanker est en revanche des plus chaleureux et réconfortants? A l?aéroport de Durban, les rescapés subissent un examen médical.
Le 22 avril 1980, Sir Veerasamy Ringadoo annonce qu?une enquête sera ouverte sur les circonstances du naufrage du Mauritius II. Il explique qu?en attendant la signature d?un contrat entre l?Etat et Rogers, un comité fut nommé et accepta de louer le Mauritius II à la compagnie sud-africaine Unicorn pour une somme de $ 3 025 par jour. Ce comité est composé du directeur de la Marine Authority, du secrétaire permanent du ministère de Rodrigues, du comptable général, du chef comptable du ministère des Finances.
Entre-temps, la Marine Authority commence sa propre enquête. Le 23 avril 1980, elle prend note de la version du capitaine Gilbert Langlois. Elle présente une requête à Rogers afin que cette firme obtienne des affréteurs, la compagnie Unicorn, des renseignements précis concernant la disposition de la cargaison d?acier à bord du Mauritius II. L?Ecossais, G. Duff est déjà reparti pour le Royaume-Uni. Il a été engagé précisément en raison de son expérience du chargement de marchandise à bord des rouliers.
L?histoire de la marine marchande mauricienne et de la navigation maritime dans cette partie de l?océan Indien est attristée, au cours de la seconde moitié du 20e siècle, par plusieurs naufrages, dérives, incendies et autres accidents en haute mer ou en rade. Voici les noms de quelques navires impliqués dans des catastrophes maritimes, survenues dans nos parages ou impliquant des compatriotes :- Wanetta (1950), Klipfontein (1953), Argus, Garden City (1969), Tayeb (1972), Stella Maru (1978), l?Induna de Kim Mac Pherson, Sirène (1979), Le Huron (1989), Scampi I (1990), Good Hope (1994), Stargate, Aster, Sun Vista, paquebot de croisière dans le détroit de Malacca mais avec des passagers mauriciens à bord, le Well Speeder (1999), Aamor aux Kerguelen (2000), Noor Star, explosion en tête de rade, Ching Hong Dar, Buff Bay à la dérive à l?ouest de Maurice, le bateau de pêche Hai Sheng, un incendie à bord du Nisson à 1 160 milles au nord de Maurice (2001), etc.
Quittons cette zone sinistrée de naufrages pour rappeler les résultats de l?élection au comité central du MMM, élection marquée par l?exploit de Lloyd Baligadoo, futur ambassadeur de Maurice à Canberra. Il réussit à se classer en tête de liste avec 113 voix, ex aequo avec un certain Paul Bérenger. Les suivants sont Anerood Jugnauth avec trois voix d?écart, Kader Bhayat (4 voix), S. Chinien et Bidianand Jhurry de la SILU (95 voix et 87 voix respectivement), Mathieu Laclé (82 voix), D. Rootoo (73), Ponapa Naiken (71), Rama Poonoosamy, cadre de la ZF (70), Mahen Utchanah, enseignant (66), France Soopramanien, président de la GWF (58), Raffick Ellahee (56) et G. Hazary (52 voix). Les recalés devront tenter le repêchage au niveau des régionales.
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