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Rester ou partir de l?Irak : options périlleuses pour les US

5 août 2005, 20:00

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Même si le nombre d?attaques quotidiennes reste le même depuis plusieurs mois environ 65 , les responsables militaires soulignent qu?elles sont de plus en plus sophistiquées et que les insurgés regarnissent leurs rangs plus rapidement que ceux-ci ne se vident.

Selon les calculs de l?agence Associated Press, au moins 1 820 soldats américains sont morts depuis le début de la guerre, en mars 2003, et plus de 13 700 ont été blessés. A la demande de la Maison Blanche, le Pentagone commence à préparer les plans d?un retrait d?une partie de ses unités d?Irak, mais doit bien mesurer le risque de voir les forces de sécurité irakiennes s?effondrer si elles n?ont plus un soutien suffisant.

Selon un rapport récent du général Peter Pace, le commandant en second de l?état-major combiné, le deuxième plus haut gradé de l?armée américaine, seul «un petit nombre» d?unités irakiennes sont capables, aujourd?hui, de faire face seules à la guérilla. Un tiers peut le faire avec l?aide des troupes américaines et deux tiers sont «partiellement capables» de combattre.

Il y a actuellement 138 000 soldats américains sur le sol irakien et environ 180 000 membres de la police et de l?armée irakiennes entraînés et équipés par les Américains. Cela ne semble pas troubler le secrétaire américain à la défense, Donald Rumsfeld. «Quand l?Irak sera en sécurité dans les mains du peuple irakien et d?un gouvernement élu avec une nouvelle Constitution, nos troupes seront capables de rentrer à la maison avec les honneurs qu?elles ont gagnés», avait-il prévu de déclarer, mardi, dans un discours à Dallas, au Texas. `

Son avion ayant eu des problèmes techniques, il n?a pas pu le faire. Mais le texte rendu public ne fait aucune mention de la défaite ou même de l?affaiblissement de la guérilla comme condition d?un retrait.

RÉDUIRE LES PERTES

Le désengagement, qui interviendra au plus tôt après l?avènement d?un nouveau gouvernement à Bagdad, en décembre, et plus vraisemblablement dans le courant de 2006, répond à la fois à des objectifs politiques et militaires aux Etats-Unis et en Irak. Cela permettra au Parti républicain de se retrouver dans une position moins difficile, lors des élections de la mi-mandat de novembre 2006, alors que la guerre est de plus en plus impopulaire.

Selon le dernier sondage réalisé par l?institut Harris, 65 % des personnes interrogées jugent négativement la façon dont la guerre est conduite.

Le retrait devrait aussi réduire les pertes, en offrant tout simplement moins de cibles à l?adversaire, et surtout permettre à l?armée de terre, accablée par les problèmes d?effectifs et d?usure de ses troupes, de se reposer et de reconstituer son matériel et ses forces.

L?armée américaine, composée uniquement de volontaires, éprouve aussi les pires difficultés à atteindre ses objectifs de recrutement. Le déficit approcherait les 15 % depuis le début de l?année. Dernier avantage d?un désengagement : la présence moins visible des forces étrangères pourrait réduire l?intensité de l?insurrection.

Reste à savoir s?il s?agit d?une stratégie réaliste face à une insurrection qui ne faiblit pas, dans un pays qui semble s?enfoncer jour après jour dans la guerre civile.

«La violence est de plus en plus focalisée sur des assassinats ethniques, avec les insurgés sunnites visant les civils kurdes et chiites dans des attentats-suicides. Il y a des rapports faisant état d?»escadrons de la mort» chiites, certains liés au ministre de l?intérieur, se vengeant en enlevant et en exécutant des leaders de la communauté sunnite», écrivait la semaine dernière le New York Times .

La plupart des experts militaires indépendants estiment que les 140 000 soldats américains en Irak sont en nombre insuffisant pour vaincre la guérilla. Ils soulignent que, comme au Vietnam, ils «nettoient» des zones qui sont réinvesties quand ils sont appelés à intervenir ailleurs.

© 2005 Le Monde News Service- Distribué par The New York Times Syndicate

L?IRAK, LE PAYS LE PLUS TRAUMATISE AU MONDE

En deux années de guerre, d?occupation et d?insurrection, l?Irak pourrait être devenu le pays le plus traumatisé au monde sur le plan psychologique, a déclaré jeudi à Reuters l?un des plus célèbres psychiatres du pays. Le docteur Harith Hassan, ancien directeur du Centre de recherches psychologiques de Bagdad, estime que plus de 70% de ses patients souffrent du Syndrome de stress post-traumatique (SSPT), une forme grave d?anxiété permanente. «L?Irak est l?un des pays les plus stressés et accablés au monde. On peut voir la souffrance chaque jour, chaque heure, chaque minute», affirme Hassan.

«Psychologiquement, c?est peut-être le pays le plus affecté au monde. C?est quelque chose qui inquiète les spécialistes et que nous devons étudier (...) Les conséquences à long terme sont graves», explique le psychiatre, qui a fait ses études en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis «Nous assistons à une véritable catastrophe sur le plan psychologique et sociétal», ajoute-t-il.

Après le choc initial de la guerre, marqué par l?opération «Choc et effroi» de bombardements américains, les Irakiens ont été confrontés à l?occupation par des forces étrangères, aux attentats de l?insurrection, qui sèment la mort aveuglément, et à la montée des tensions communautaires.

Ces tensions entre les communautés préoccupent beaucoup le docteur Hassan. Aujourd?hui, affirme-t-il, les Irakiens sont définis et se définissent eux-mêmes selon des classifications qu?ils n?opéraient pas autrefois. «On peut avoir un père chiite et une mère sunnite, et les enfants ne savent pas vraiment comment se définir, mais on les force à se ranger d?un côté ou de l?autre», explique Hassan. «L?Irak n?a pas connu ce genre de divisions par le passé et c?est la source d?un terrible traumatisme psychologique.»

Luke BAKER

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