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Remous sur le transfert du ?Licence Fee?au Tourisme

15 juillet 2003, 20:00

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?On a coupé notre élan?, s?exclame le président du conseil de district de Moka-Flacq, Prakash Bhunsee. Depuis juillet, les conseils de district ne reçoivent plus les redevances des opérateurs de l?industrie du tourisme. C?est la Tourism Authority qui les collecte. Une douche froide pour les administrations régionales car leurs revenus annuels baissent d?au moins 50 %.

Interrogé par le député travailliste Arvin Boolell, le ministre du Tourisme, Nando Bodha, indique que la possibilité de compenser les administrations régionales face aux redevances qui auraient dû leur revenir, est à l?étude. Les conseils de district auraient dû collecter environ Rs 53 millions cette année. Ce chiffre sera donc comparé à la somme collectée par la Tourism Authority.

Des consultations ont déjà eu lieu entre le ministère des Finances et les Administrations régionales, ajoute le ministre. Ce dernier précise également que les redevances (trade licences) collectées par la Tourism Authority, seront, pour leur part, versées dans le Consolidated Fund.

En ce qui concerne les entreprises touristiques, le ministre indique que celles-ci devaient renouveler leur permis avant le 15 juillet. Seulement 1 374 d?entre elles se sont acquittées de leurs redevances et le délai a donc été repoussé d?une semaine. ?Dans un esprit d?équité, la Tourism Authority a décidé de ne pas augmenter les redevances pour 2003-2004, en dépit de la disparité des redevances prélevées par les administrations régionales.? Cependant, à partir de la prochaine année, le montant de ces redevances sera rationalisé. La Tourism Authority appliquera un licence fee uniforme et le paiement en deux tranches sera aussi considéré.

Entre-temps, les quatre conseils de district ont déjà fait voter leur budget annuel. Les revenus provenant des redevances des hôtels, restaurants, boutiques artisanales, beachhawkers, villas, centres de loisirs, piano-bar, boat-houses et autres opérateurs y sont pris en considération.

Le président de Moka-Flacq estime que les conseils de district ?sont découragés parce qu?au départ même, il y aura un manque à gagner de Rs 14 millions. On n?a aucune garantie sur la possibilité d?un remboursement en attendant la municipalisation l?année prochaine. On aurait pu disposer de cet argent à partir du 1er juillet pour réaliser certains projets, mais maintenant il faut faire une demande auprès du gouvernement.?

Ce manque à gagner ne pourra jamais être comblé, estime le conseiller du district d?Albion, Chan Sitaram. ?Il y a trop de pauvreté dans l?Ouest pour penser à récupérer cet argent à travers la taxe immobilière.? Il s?élève aussi contre le transfert des redevances des restaurants, hôtels et boutiques touristiques vers cet organisme. ?Les conseils de district disposent déjà d?un département avec un personnel qualifié. On ne sait pas si la Tourism Authority peut assurer la relève.?

Takeshwar Gungooah, conseiller de district d?Arsenal, estime de son côté que le manque à gagner va freiner le développement des villages.?La nouvelle source de financement sera certainement la taxe immobilière qui va pénaliser davantage les habitants à faibles revenus, surtout ceux des cités.?

Ved Golam et Preetam Sundaram, respectivement conseillers de district de Moka et de Quartier-Militaire, réclament le retour de la gestion des trade licences sous la tutelle des conseils de district et des municipalités. Pourquoi demander à la Tourism Authority de gérer des revenus destinés aux administrations régionales, se demandent-ils.

Balram Appadoo, secrétaire général de la Local Authority Employees Union et Personnel Officer au conseil de district de Moka-Flacq, reproche au gouvernement de parler d?autonomie des administrations régionales alors que ses responsabilités lui sont amputées. ?On a créé la Road Authority, la Beach Authority et la Tourism Authority. Bientôt on viendra avec la Solid Waste Authority pour démembrer les administrations régionales.?

Un porte-parole du ministère du Tourisme rappelle que le Tourism Act de 2002 prévoit la mise sur pied de la Tourism Authority. ?Les conseillers auraient dû prendre leurs précautions parce qu?ils étaient au courant que ces redevances allaient être transférées.?

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