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Remorque 45 pieds ?nou pas lé !?
Il n?y a pas comme un plongée dans la presse d?il y a 25 ans pour prendre la mesure du temps et conscience des progrès accomplis en un quart de siècle.
En mars 1981, la compagnie de transitaire Cargo Express, dirigée alors par M. Yves Saint-Flour, ancien directeur de la succursale mauricienne de la East-African Ariways, reçoit une semi-remorque de 45 pieds de long. Police et Road Trafic Licensing Authority (RTLA, cet ancêtre de notre NTA) s?insurgent et font savoir que ce véhicule est trop long pour pouvoir circuler sur nos routes. La longueur maximale trouvant grâce à leurs yeux est de seulement 33 pieds. Pas question d?un coup de pouce, même prophétique, pour mettre les routes mauriciennes au diapason de ce qui se fait ailleurs en matière de longs convois et de transport routier de marchandises. Visiblement, casernes centrales et bureaucratie routière ne sont pas encore entrées dans l?ère de la conteneurisation.
La remorque de 45 pieds de long a été importée d?Angleterre au coût d?un million de roupies. Cargo Express n?a plus qu?à la conduire chez Forges Tardieu pour qu?on supprime les douze pieds excédentaires. Heureusement que cette entreprise dispose d?un équipement à rayons X, capable de détecter la moindre faille dans une soudure donnée.
M. Saint-Flour se console comme il peut en se disant que, pour l?instant, les navires, mouillant au Port-Louis, ne transportent que des conteneurs de 20 pieds de long. Il maîtrise suffisamment son sujet pour savoir que des conteneurs de 40 pieds sont courants à l?étranger. Quand ils arriveront à Maurice, il n?y aura plus qu?à recoller les morceaux. Pourvu que ça tienne.
Ce haut fait de notre intelligence policière fait penser à l?anecdote dont est victime la firme ?Randabel and Sons? ou plus exactement un de ses camions-citernes, conçus pour transporter un mélange de ciment, de sable, d?agrégats et d?eau sans qu?il se solidifie, grâce à une rotation permanente. Il s?agit d?un des camions-citernes les plus perfectionnés au monde, au moteur, à la direction et aux freins contrôlés par un système informatique des plus sophistiqués, paralysant le véhicule au moindre défaut. Un motard de notre police de la route estime intelligent de servir une contravention à cette merveille du transport routier. Ledit camion ne possède pas la cale en bois, attachée par une chaînette et devant équiper tout poids lourds en circulation sur les routes mauriciennes, en vertu des règlements codifiés par la défunte RTLA.
Ne quittons pas la route sans nous intéresser à un projet de nouveau pont à GRNO. Des experts norvégiens planchent dessus. Ils doivent soumettre leur rapport à la fin d?avril au plus tard. Le pont utilisé en 1981 a atteint sa limite d?âge. Il compte alors 56 ans de bons et loyaux services. La corrosion commence son ?uvre de destruction. Des consultants japonais ont déjà prononcé son arrêt de mort alors qu?ils préparaient un projet de nouvelle route entre Beau Bassin et Port Louis, projet dont nous attendons toujours la mise à exécution.
Notons que l?ancien pont de GRNO ne représente pas de risque sérieux, vu que les chauffeurs mauriciens de l?époque sont assez intelligents pour comprendre par eux-mêmes que deux poids lourds, même de moins de 10 tonnes, ne peuvent se croiser sans risques sur un pont aussi étroit. Sagement, ils laissent passer les gros véhicules venant en sens inverse avant de s?engager, à leurs risques et péril, non sans s?être signés, ni avoir invoqué les mânes de saint Christophe et touché du doigt sa médaille fixée au tableau de bord. Que le lecteur imagine la tête que fait le chauffeur, bloqué à Belle Etoile, parce que, à GRNO, un chauffeur cède la priorité à un autre poids lourd.
La firme General Construction se chargera par la suite de l?édification du nouveau pont de GRNO. Elle compte déjà à son actif le pont Colville-Deverell, surplombant le ravin de la Montagne Ory. Ce pont sera en béton armé avec des pilotis sur la berge et même dans le cours d?eau. Ce dernier ne fera pas preuve de la docilité voulue. Plusieurs fois en crue, il mettra à mal les échafaudages entourant les futurs piliers, obligeant nos constructeurs plus géniaux que généraux à remettre l?ouvrage sur le métier, comme l?enseigne Boileau.
Les Norvégiens appartiennent à la firme Norconsult. S?effectue alors un pointage précis de la distribution de la circulation routière au pont de GRNO. Le gouvernement travailliste espère inaugurer ce nouveau pont en juin 1983. C?est que, d?ici là, il sera passé beaucoup d?eau sous ce pont et plus rien ne sera comme auparavant car si, en France, on abat des chênes, à Maurice, on en fait de même avec des lafouche.
A l?époque, la firme Beechand offre en vente hors taxe les véhicules neufs aux prix suivants : Starlet de 933 c.c (Rs 54 000), Corolla 1250 c.c. (Rs 60 000), Corona de 1588 c.c. (Rs 66 000), van de 15 places de 2200 c.c. (Rs 95 000), forklift diesel de 2481 c.c. (Rs 150 000). Avec toutes les taxes imposées par Ringadoo, la station wagon Corolla de 1290 c.c., vaut Rs 125 000, le van Corolla de 1290 c.c. (Rs 85 000), le pick-up de 1000 c.c. (Rs 65 000), le van de 2200 c.c. (Rs 125 000), le pick-up de 2000 c.c. (Rs 85 000).
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