Publicité

Remise en cause de la «National Literacy & Numeracy Strategy»

6 mai 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Après un peu plus de deux ans, le bilan de la National Literacy & Numeracy Strategy (NLNS), conçu pour réduire le taux d?échec au Certificate of Primary Education (CPE), est très mitigé. A tel point que beaucoup d?enseignants souhaitent la disparition du projet qui a amené une extension quotidienne de 30 minutes des classes du primaire.

Le principal syndicat du primaire, la Government Teachers? Union (GTU) soumettra au vote l?arrêt ou non du projet lors de son assemblée des délégués d?aujourd?hui. Selon plusieurs sources, le ministère ne serait pas contre l?annulation du projet.

«De nombreux profs veulent que le projet soit retiré et il semblerait que le ministère n?est pas contre. C?est pour cela que nous présentons l?option devant notre assemblée des délégués. Cela dit, au niveau du syndicat, nous ne voulons pas que le NLNS soit retiré. Avec un taux d?échecs de 40 % au CPE, nous ne pouvons nous permettre de signer sa fin», estime le président de la GTU, Vinod Seegum.

C?est le même sentiment qui a prévalu l?an dernier par le truchement d?un sondage piloté par l?Union of Private School Teachers. «La majorité des enseignants nous a dit qu?il était préférable d?arrêter le projet», explique Clency Kelly, président du syndicat.

«Les objectifs ne sont pas atteints»

Mais la plupart des dirigeants des syndicats du primaire soutiennent le projet tout en concédant que la NLNS comporte de nombreuses lacunes sous sa forme actuelle. «En réalité, confie Vinod Seegum, le projet n?est pas mis en pratique partout et ses objectifs sont loin d?être atteints.» Les syndicalistes identifient deux causes majeures aux maux du projet dont l?allocation des enseignants pour l?exécution du projet. «A la signature de l?accord entre le ministère et le front commun des syndicats en octobre 2002, explique Vinod Seegum, nous avions accepté de participer au projet en échange d?une allocation variant entre Rs 1 200 et Rs 1 800 dépendant de l?ancienneté et du poste occupé à l?école. A la suite au rapport du Pay Research Bureau de mai 2003, cette allocation a été ramenée entre Rs 550 et Rs 1 000.»

Les syndicats du primaire font le forcing pour rétablir les montants convenus sur papier en 2002 mais ils se sont jusqu?ici heurtés au refus du gouvernement. «Le ministère de l?Education fait la sourde oreille, se plaint Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers? Union (GHTU). «Pourtant en début d?année, le ministre Dharam Gokhool a accepté de revoir l?allocation, constate Clency Kelly, mais le dossier est en veilleuse depuis.»

L?autre problème majeur de la NLNS concerne le contenu même du projet ainsi que la distribution des tâches entre les différents grades d?enseignants. Tout cela avait été abordé dans un rapport préparé par un High- powered committee du ministère de l?Education, finalisé en septembre 2005. Un rapport resté sans suite?

Les enseignants «généralistes» reprochent à leurs collègues des langues orientales le fait qu?ils touchent les mêmes montants qu?eux, même s?ils ne participent pas au projet. Ils souhaitent donc une distribution équitable entre les deux catégories de profs. Une idée approuvée par Suttyhudeo Tengur. «Les responsabilités doivent être partagées car ce n?est pas normal que des instituteurs soient rémunérés pour ne rien faire?»

Dans le fond, le rapport a conseillé une refonte totale du projet. Alors que la NLNS était destinée à réduire le taux d?illettrisme au primaire avec comme objectif de combattre le taux d?échecs au CPE, les 30 minutes qui devaient être consacrées au projet sont trop souvent transformées en classes de? leçons particulières subventionnées par l?allocation de l?Etat.

«Il n?y a eu aucun suivi de la part du ministère et le rôle de chacun est mal défini. C?est la confusion chez les enseignants alors que le programme n?est pas adapté aux réalités», regrette Suttyhudeo Tengur.

Publicité