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Relativisons

12 octobre 2004, 20:00

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Enfin une bonne nouvelle pour la zone franche qui passe par des moments très difficiles. Le Congrés américain a consenti à nous accorder à la dernière minute une dérogation pour l’importation de tissu des pays tiers.

A l’issue du vote de l’Afirica Growth and Opportunity Act III qui prévoyait une extension pour quatre ans de cette même dérogation pour les pays en développement, c’était la déception, voire de l’amertume dans le camp mauricien. Car notre demande pour bénéficier de la même faveur avait été ignorée.

La déception était d’autant plus grande que les fermetures d’usines se multipliaient. Les entreprises hongkongaises qui se concentrent sur le marché américain et qui représentaient 50 % des exportations de Maurice sur ce marché pliaient bagage une à une.

On estimait alors qu’avec la dérogation, les entreprises hongkongaises auraient prolongé leurs activités à Maurice. Peut-être. Mais ce n’est pas si sûr.

Pour plusieurs d’entre elles, quitter Maurice pour la Chine est un choix stratégique qu’elles avaient déjà fait ou qu’elles auraient fait avec ou sans dérogation. Il est ironique de constater que le groupe Afasia a choisi de stopper ses opérations à Maurice quelques jours à peine après l’obtention de la dérogation sous le “third country fabric”.

Le départ des groupes hongkongais a occasionné une réduction significative des exportations de Maurice sur le marché américain et a contribué à la contraction de l’industrie du textile-habillement.

L’obtention de la dérogation permettra-t-elle d’inverser la tendance ? Sans vouloir cracher dans la soupe, il convient de relativiser. Cette dérogation n’est pas la panacée aux maux du textile-habillement.

Il est vrai qu’elle donnera aux vêtements mauriciens un avantage sur les prix en terme d’exonération de droits de douane qui tournent autour de 18 % en moyenne sur le marché américain. Cela devrait certainement aider à vendre davantage aux Etats-Unis.

Selon les dernières statistiques disponibles 55 % des vêtements produits localement étaient exemptés des droits de douane sur le marché américain. Il y a donc 45 % de nos produits qui pourront désormais bénéficier d’une entrée en hors taxes. Encore une fois, cela devrait contribuer à doper les exportations.

L’ampleur de la croissance des exportations est tributaire des capacités de production. Elles peuvent être augmentées mais pas de manière substantielle et surtout pas en un si court laps de temps.

Un an, c’est peu dans le cycle de production d’une entreprise de confection. De plus, les entrepreneurs pourraient hésiter à investir dans une expansion de leur outil de travail sachant que la dérogation expire dans un an et que son renouvellement n’est pas garanti.

Par ailleurs, l’obtention de la dérogation risque fort de retarder encore l’investissement dans des filatures qui demeure la seule stratégie valable à long terme pour assurer la pérennité de ce qui nous restera comme industrie de textile et de confection. Les filatures déjà en opération risquent aussi d’en souffrir.

Le soulagement que procure l’obtention de la dérogation ne doit pas occulter le caractère éphémère de toute préférence unilatéralement accordée.

Il ne faut pas oublier non plus que les exportations de vêtements de Chine ont progressé de manière spectaculaire bien qu’étant frappées de droits de douane. C’est dire que dans certaines catégories de vêtements, l’industrie de confection de la Chine nous bat à plate couture en termes de compétitivité des prix. Et à partir de janvier 2005, la Chine pourra exporter sans restrictions de quotas.

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