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Reconversion difficile des licenciés du textile
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Reconversion difficile des licenciés du textile
Hookoomsingh Ramsurun, 39 ans ancien machiniste à Leisure Garments veut se reconvertir. Pour lui, plus question d?aller travailler dans une usine textile. Il a choisi de suivre un cours à l?Industrial and Vocational Training Board (IVTB) pour se former à un autre métier depuis qu?il a été licencié pour des raisons économiques.
Occupés à sauver un secteur tout en maintenant notre niveau d?exportation, patronat et gouvernement ont quelque peu oublié de prévoir un réel mécanisme de reconversion ou d?aide pour les travailleurs licenciés.
Pour un ex-employé de plus de 40 ans, une réorientation à l?intérieur du secteur textile est difficile, voire impossible si l?ancien l?employeur ne se charge pas de le placer au sein d?une autre unité de production. « Il faut être lucide. Quand j?ai le choix entre un jeune de 25 ans et une personne de 40 ans. Je choisis le premier, pour le même salaire, car il est plus productif », confie un chef d?entreprise qui emploie cinquante personnes.
Une simple attestation de présence
Le gouvernement l?admet : les licenciements sont inévitables, et il faut recycler les employés du textile qui ne pourront pas être récupérés par cette industrie. Le rapport Gherzi sur l?industrie du textile-habillement à Maurice, publié en mai 2000, n?a pas vu venir le problème de ce secteur. De plus, le rapport du High-Powered Committee paru en janvier 2002 n?a pas non plus apporté de réelles suggestions. Les auteurs se contentaient de rappeler que les employés du textile devaient se former et être prêts à changer de métier en cours de carrière. Ce rapport préconisait aussi la mise en place d?un Skilling and Reskilling Fund pour ceux qui rejoignent ce secteur ou qui cherchent à se reconvertir. Cette mesure qui vise à améliorer « l?employabilité » du travailleur du textile n?est que partiellement opérationnelle, notamment grâce aux aides à la formation de l?IVTB.
L?IVTB offre en effet depuis quelques mois des cours de recyclage dans 14 domaines, des métiers du tourisme à l?élevage. Mais les stagiaires ne suivent pas de formation poussée. On leur transmet uniquement les rudiments du métier. Il s?agit de cent heures de cours étalés sur 15 jours avec à la clé, une simple attestation de présence !
« Je ne vais pas décrocher un boulot avec ce cours. J?y vais pour ne pas rester chez moi et penser que je suis au chômage », lâche Hookoomsingh Ramsurun. En effet, l?attestation de présence ne pèse pas lourd aux yeux d?un futur employeur quand il a à la comparer avec un diplôme de l?IVTB qui sanctionne deux ans de cours à l?École hôtelière par exemple.
Une minorité de licenciés prend pourtant l?initiative de suivre les cours offerts par l?IVTB. Mais Nicolas Maigrot, directeur exécutif de la section knitwear du groupe Ciel demeure sceptique quant au recyclage. Il soutient que les autres secteurs de l?économie ne pourront pas absorber tous les licenciés du textile. « Ce sont des personnes qui devront se tourner vers les petits métiers », assure-t-il. Le temps de formation et de réadaptation pour travailler dans un autre secteur risque en effet d?être long et coûteux pour eux.
« Nous leur donnons les outils de base pour se lancer dans un secteur d?activité ou de se mettre plutôt à leur propre compte », explique Vinod Seegoolam, directeur adjoint de l?IVTB. Un plan de micro crédit est ainsi mis à la disposition de ceux qui souhaitent lancer leur petite affaire. Vinod Seegoolam estime que les cours que propose l?institution peuvent en effet ne pas permettre aux stagiaires, surtout les plus âgés, de se faire employer de nouveau. Mais il assure que les formations de trois à six semaines leur permettent néanmoins de se lancer, tout en peaufinant leurs connaissances par la suite.
Une aide financière directe réclamée
Vinod Seegoolam croit que la mentalité change et que les licenciés s?intéressent de plus en plus aux cours de reconversion. « Ils croient que ces cours leur permettront effectivement de se recycler », dit-il. Mais sur les 250 inscrits aux cours de recyclage vers le début de juillet, seuls 30 les ont vraiment suivis. Cependant, pour le dernier exercice, les 400 inscrits ont tous assisté aux cours.
Mais au-delà de l?aide à la reconversion, les employés licenciés de Leisure Garments ou de Summit Textiles attendent surtout une aide financière directe. Ainsi, les syndicalistes et le parti Lalit réclament une forme d?allocation de chômage qui serait fixée à Rs 2000 par licencié pendant tout le temps où il reste sans emploi.
Ce financement serait assuré à la fois par le gouvernement et le secteur du textile. Mais, empêtré dans ses propres problèmes de financement, le secteur textile cherche plutôt à se restructurer, avec l?aide de plans comme la Textile Emergency Support Team et l?Equity Fund. Pourtant, les aides financières aux licenciés de ce secteur sont encore loin d?être à l?ordre du jour. Le gouvernement s?attelle plus, et à juste titre, à défendre les préférences commerciales du pays dans les organisations internationales. Le sort de licenciés devra attendre encore un peu.
Danièle Wong, directrice de la Mauritius Export Processing Zone Association souhaite néanmoins un changement des mentalités. « Il faut arrêter de se dire qu?on aura un seul métier durant toute sa vie. Il faut être prêt à se recycler vite pour pouvoir redémarrer dans une autre activité professionnelle », estime-t-elle.
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