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Raymond Domenech : “Je ne suis pas le messie”
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Raymond Domenech : “Je ne suis pas le messie”
•<B>Vous apportez de nombreux changements au sein du staff de l’équipe de France. Remettez-vous en cause le travail des prédécesseurs ?</B>
Je l’ai déjà dit et précisé, je n’ai aucun jugement de valeur sur ceux qui étaient en place précédemment. Je ne veux pas épiloguer. Je voulais faire des changements afin de créer une étincelle pour faire la différence entre une équipe éliminée en quart et une formation qualifiée pour la finale.
•<B> Philippe Boixel, l’ostéopathe des Bleus et de Zinédine Zidane, est écarté…</B>
Philippe Boixel interviendra mais il est important d’éviter la surmédicalisation. Les joueurs étaient satisfaits de ses services mais quand on vient en équipe de France, c’est pour jouer, pas pour se soigner, c’est pourquoi j’ai décidé de resserrer le staff médical. L’ostéopathie est un traitement à long terme à effectuer en club et pas avec les Bleus. Philippe Boixel pourra intervenir avant et après les rendez-vous internationaux.
•<B> Changer les habitudes et les hommes ne va-t-il pas perturber les anciens de l’équipe de France ?</B>
Je crois que quand on perd deux fois prématurément (Mondial 2002 et Euro 2004), les joueurs ont conscience qu’il est important de changer certains aspects.
•<B> Lilian Thuram a annoncé sa retraite internationale cette semaine. Avez-vous anticipé certains départs ?</B>
J’ai été surpris par le départ de Lilian. On ne regardait même pas son âge. Il est toujours performant. Il était une des bases de mon projet. La porte lui reste naturellement ouverte. Je vais prendre le temps d’appeler les anciens et surtout de les voir. Ils sauront ainsi dans quel contexte ils vont évoluer et pourront faire leur choix. Je n’ai pas de préjugés vis-à-vis des anciens, au contraire. La seule vérité est celle du terrain. Si un joueur est performant en club, l’équipe de France fera appel à lui. Les anciens peuvent transmettre des valeurs et s’avérer des guides précieux pour les plus jeunes.
•<B>Avez-vous tenté de retenir Zinédine Zidane ?</B>
Tenter de le retenir voudrait dire qu’il a des velléités de départ, ce qu’il n’a encore jamais affirmé. J’ai horreur du téléphone. J’ai besoin d’avoir un contact d’autant plus avec un joueur, de le rencontrer, de m’investir.
•<B>Après l’annonce de Lilian Thuram, ne craignez-vous pas un effet boule de neige ?</B>
Les joueurs sont suffisamment indépendants pour ne pas suivre l’idée d’un autre. Ils ne fonctionnent pas ainsi. Ils vont réfléchir. Ce ne sont pas des suiveurs mais de véritables leaders.
•<B> Le match amical face à la Bosnie approche. Allez-vous construire une équipe de transition ou établir une liste de joueur en fonction des éliminatoires du Mondial 2006 ?</B>
Je suis dans le même état d’esprit qu’il y a quinze jours. Le match le 18 août contre la Bosnie est un mal nécessaire pour préparer celui de septembre, qualificatif pour le Mondial 2006. Je vais faire le tour des joueurs d’autant plus que certains championnats tels que la Serie A et la Liga ne débutent que très tard.
•<B> Jacques Santini était très “arrangeant” avec les clubs contrairement à Roger Lemerre. Comme vous situez-vous ?</B>
Je pense que ça se gère au coup par coup. Ce n’est pas non plus facile pour les entraîneurs de club. Il faut trouver une solution afin que personne ne soit lésé. Il faut trouver un équilibre. Je ne vais pas imposer des lois mais essayer comme Aimé Jacquet d’avoir des relations étroites avec les entraîneurs. Je ne veux pas raisonner dans un schéma de rapport de force. Ceux qui vont au bout des compétitions sont cuits en fin de saison. Il faut trouver des aménagements dans l’intérêt du club, des joueurs et de l’équipe de France.
•<B> Vous êtes un peu dans la même situation qu’Aimé Jacquet en 1995…</B>
Oui et non. C’était plus difficile pour lui mais il faudra être prêt beaucoup plus vite. Il y a des cycles et on va essayer de recréer un cycle positif et de progresser. Ça dépend avant tout des joueurs.
•<B> On vous a imposé des objectifs ambitieux…</B>
On est obligé d’afficher des ambitions. On n’est pas là seulement pour se qualifier mais pour gagner la prochaine Coupe du monde. J’ai deux objectifs en point de mire : les résultats mais également construire l’avenir, un but encore plus important. Je veux construire la suite et l’utiliser si on m’en laisse le temps.
•<B>Avez-vous le sentiment que l’on attend beaucoup de vous ?</B>
Je commence à prendre peur (sourire). J’ai l’impression d’être investi d’une lourde mission. Tout le monde garde en mémoire 98 mais je vais être en décalage. On est en 2004, 2005 et 2006, on n’est plus en 98 et 2000. On va ramer un peu. Il faut reconstruire. Je ne suis pas le messie mais je peux être le déclic pour remettre les joueurs dans le bon sens. J’ai beaucoup de poids sur les épaules. Il faudra être performant dès le premier match face à Israël.
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