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Ratsiraka et la terre de ses ancêtres...
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Ratsiraka et la terre de ses ancêtres...
«Ce qui est fait est fait !» L?oubli sans nul doute volontaire de Didier Ratsiraka, après sa conversation prévue d?avance avec les journalistes de son pays, traduit son état d?esprit ! En exil à Paris depuis plus de six ans maintenant, l?ancien président de la République de Madagascar a choisi de ne pas aviser «le Quai d?Orsay et les Champs-Élysées» avant de s?adresser publiquement à ses compatriotes par le biais de la presse.
Mais en vieux routier, qui a longtemps offert à la Grande île ses meilleurs comme ses pires moments, Ratsiraka - qui a remis du baume au c?ur de ses partisans,orphelins depuis les événements de 2002 ? a stratégiquement choisi de prendre la défense de ces personnes qui sont expulsées de manière arbitraire par le régime Ravalomanana ? elles sont de plus en plus nombreuses, dont plusieurs Français. L? «Amiral», pour se donner un bon bord démocrate, a souligné les noms de deux journalistes français, Olivier Peguy et Christian Chadefaux, qui ont dû plier bagages parce que leurs écrits n?étaient apparemment pas au goût de l?actuel président malgache.
Le fait que Ravalomanana passe à la loupe tous les faits et gestes des ressortissants non-malgaches qui résident dans la Grande île n?est pas un secret. Le président a, semble-t-il, des préoccupations autres que le développement économique. Même les diplomates étrangers ont ses foudres. «Je regrette profondément que le président de la République malgache ne m?ait pas accordé la moindre chance de pouvoir accomplir l?exaltante mission dont je rêvais depuis longtemps.»
C?est en ces termes trempés de déception que l?ambassadeur français d?alors, Gildas Le Lidec, avait annoncé ? lors de la fête du 14 juillet dernier ?, que le président malgache avait demandé et obtenu son rappel prématuré à Paris. Et ce, pour une banale histoire de superstitions !
Les propos de Didier Ratsiraka provoquent certes une montée de la température politique. Si les opposants du pouvoir actuel, les fidèles de l?Arema, se sentent ragaillardis par cette intervention de Paris, aucun observateur n?est dupe. Cet «événement» téléphonique n?est pas fortuit; il coïncide avec le retour de Ravalomanana de Tanzanie.
«Plus que les déclarations présidentielles, les membres de l?Arema savaient pertinemment que la ?rédemption?de l?amiral Ratsiraka allait intéresser davantage la presse. C?est bien calculé au risque d?être taxé de faire du terrorisme. Ce qui n?est d?ailleurs pas exclu avec un singulier concours de circonstances. Le départ de Ravalomanana pour la Tanzanie a été précédé par une forte rumeur de changement de Premier ministre. Un bruit tout à fait fantaisiste dans la mesure où un changement ne pouvait se faire en l?absence du maître à bord. A moins que... », observe le rédacteur en chef de «l?express de Madagascar», Sylvain Ranjalahy.
A quel jeu joue donc Ratsiraka ? Profite-t-il de la crise financière pour essayer de remettre son socialisme ? qui avait fait naufrage ? au goût du jour ? Veut-il insuffler un nouveau dynamisme parmi l?opposition malgache, en critiquant la politique libérale de son rival ? Ou tout simplement aspire-t-il, une dernière fois, à fouler la terre rouge de sa Grande île... Deux ans de cela, on se rappelle que Pierrot Rajaonarivelo, qui voulait en découdre avec Ravalomanana aux dernières élections, avait du s?avouer vaincu malgré les gros moyens mis en oeuvre. Toutefois, il avait émis le souhait, cher aujourd?hui à plus d?un Malgache, que les exilés puissent retourner sur la terre de leurs ancêtres, comme le veut la tradition.
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