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Ratages MSM-MMM
par Nazim ESOOF
D?anciens syndicalistes et travailleurs sociaux, quelques spécialistes de la profession libérale, des individus avec un ancrage local prononcé? Bref, les probables candidats aux prochaines législatives nous viennent des milieux professionnels et sociaux qui ont toujours alimenté la classe politique. En un mot, ce n?est pas à la prochaine législature que la classe politique fera sa mue.
Avec des discours sanglés, une langue de bois avérée et une nette propension à la propagande et à l?endoctrinement primaires, les partis politiques ont choisi de reproduire les travers qui les caractérisent depuis des décennies. Le renouvellement n?est pas à l?ordre du jour. Encore moins la professionnalisation de la société politique.
Le mal est profond. L?une de ses causes principales est connue. Il s?agit du financement des partis et de la campagne électorale. D?où vient tout cet argent ? Certains hommes d?affaires jouent désormais la carte de la franchise. Le secteur privé, entre autres, finance les partis politiques. C?est l?avers de la médaille. Le revers est moins reluisant. On ne donne rien sans attendre quelque chose en retour. Sinon, de toute manière, on ne donnerait pas aux deux camps? et même à ceux qui ont fait de la lutte contre le grand capital leur cheval de bataille ! Ce système révèle un dysfonctionnement structurel de la classe politique. Il la cantonne à l?amateurisme à un moment où, à travers le monde, on ?uvre à l?émergence d?une race de professionnels de la politique.
Ce dossier du financement des partis, avec celui d?une réforme du système électoral, figurent parmi les principaux échecs du gouvernement MSM-MMM. C?est l?illustration que la politique réformiste, que le gouvernement se vante d?avoir mise en place, n?a pas été au bout de sa logique. Au nom d?un consensus qui n?a pas été trouvé, on a sacrifié les deux seules réformes qui auraient véritablement pu faire de la politique un métier.
C?est là l?une des causes principales du dysfonctionnement du Landerneau politique. Hormis les leaders des principaux partis et quelques-uns de leurs proches, toutes les personnes exerçant une activité politique le font en amateurs, à temps partiel. N?est-il pas temps aujourd?hui de donner à ces hommes les moyens de pratiquer leur profession ? Mais pas dans cette opacité qui règne actuellement, où le pouvoir de l?argent occulte crée des liens secrets et rend caduque la notion de transparence.
Il faut sortir de ce cercle vicieux de la suspicion. La politique n?est pas condamnée à sombrer dans l?amateurisme et dans un pataquès nextricable avec le monde des affaires. Le gouvernement MSM-MMM a failli lamentablement sur la question du financement des partis. Cela fait peut-être partie de ces 10 % du programme qui n?auraient pas été réalisés. Mais en réalité c?est bien plus que 10 % en termes de ratages.
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