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Rapport Balmano sur les finances du syndicat
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Rapport Balmano sur les finances du syndicat
A la mi-octobre 1979, la commission Balmano rend public son rapport sur les finances et l’administration des syndicats. Elle relève plusieurs irrégularités. Ainsi les quotités de la SILU et de l’UASI ne peuvent être retracées. L’IRA n’a pas empêché la prolifération des syndicats. Lors de sa création, ils étaient 134. La commission Balmano en recense 214. Des témoins se plaignent du braconnage auquel se livrent des syndicats de bas étage. Des négociateurs remplacent en permanence les principaux office bearers y compris le trésorier. Certains négociateurs sont à la fois trésorier et vérificateur suppléant des comptes. Des livres de comptes disparaissent mystérieusement lors d’un … accident d’autobus. D’autres plus respectueux des traditions sont “eaten by rats”. Certains syndicats ont deux séries de livres de comptes : les réels et les faux devant être montrés en cas d’inspection. Certains syndicats ressuscitent à la veille de négociations avec des ministres. Des office bearers démissionnent à plusieurs reprises mais en vain. Ils sont réélus automatiquement contre leur gré et à leur insu. Richard Virenque n’a rien inventé.
Ses principales recommandations sont (1) que la prolifération des syndicats doit être découragée (2) qu’aucun syndicat ne soit pas enregistré tant qu’il ne fournit pas la preuve qu’il représente plus de la moitié d’une entreprise ou d’un secteur (3) qu’aucun syndicat ne puisse être enregistré s’il compte moins de 50 membres (4) qu’aucun officiel ne puisse représenter plus d’un syndicat (5) que l’IRA prévoit des règlements-types pour les syndicats ; (6) que la loi différencie entre une assemblée générale annuelle et une assemblée des délégués (7) que le Registrar puisse vérifier l’exactitude du registre des membres (8) que les règlements régissant les assemblées générales annuelles soient plus explicites et que le Registrar puisse rayer les syndicats ne les organisant pas dans les délais prescrits ; (9) que les noms des participants à une assemblée annuelle soient inscrits sur un registre spécial (10) que les fédérations et syndicats ayant des branches soumettent au Registrar, le 1er juin de chaque année, les renseignements requis par la loi (11) que les membres de l’exécutif ne peuvent déléguer leurs pouvoirs à des négociateurs (12) que les membres de l’exécutif doivent faire partie de la catégorie des travailleurs défendus par le syndicat (13) que seuls des avocats, agissant comme conseils légaux, soient acceptés au niveau de l’exécutif et des négociations.
Si elles sont entérinées par le gouvernement, les mesures les plus radicales du rapport Balmano pourraient entraîner des changements considérables dans la stratégie du MMM, centrée sur la personne de Paul Bérenger, principal négociateur et chef d’orchestre de la GWF. Elles concerneraient mais à un degré moindre Jack Bizall et Alex Rima. Ces mesures donnent raison à Yousouf Mohamed qui refusait de négocier avec Paul Bérenger en faisant ressortir qu’il n’avait aucun mandat légal pour participer à des négociations tripartites.
La commission Balmano a été nommée en janvier 1978 par le gouverneur général intérimaire, Sir Henry Garrioch. En font partie Me Balmano et MM. Bacha et Ramdoyal.
Quittons les recommandations du rapport Balmano, sonnant comme un glas pour certaines stratégies politico-syndicales, pour nous pencher sur un naufrage, programmé, celui de “La Perle II”, gisant désormais, par 5 000 pieds de profondeur au large de la rade de Port-Louis. Il est conduit sur le lieu de son naufrage par les remorqueurs “Paul” et “Virginie”. N’y voir surtout aucune allusion à un quelconque Saint-Géran. On l’amarre aux deux remorqueurs et commence la marche funèbre qui n’inspire aucun émule de Frédéric Chopin. Les autres navires regardent passer celui qui ne reviendra pas. L’indifférence est totale. Il est 8h10. Ultime toilette funèbre. Le condamné à mort est dépouillé de tout ce qui peut servir encore.
Des brèches s’ouvrent dans la coque. L’eau y pénètre. Trop lentement, au gré des naufrageurs. Les remorqueurs bousculent le condamné à mort pour accentuer la gîte. “La Perle II” se couche sur le flanc comme une bête blessée. L’agonie est toujours trop lente. On actionne des pompes pour remplir d’eau plus rapidement ses cales. La mer la recouvre peu à peu et l’enferme dans son silence. Nul ne dit mot. Silence respectueux. “La Perle II” n’est plus qu’une épave. “La Perle II” n’est plus qu’un souvenir. La sirène d’un remorqueur lance un cri d’adieu. Tout est consommé.
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