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Rappel à l’ordre
<B>Par Akilesh Roopun</B>
L’alliance au pouvoir appelle la population à faire preuve de discipline et de solidarité lors de son rassemblement du 1er Mai. A pareille date l’année dernière, alors que la campagne pour les législatives de 2005 démarrait, le discours était tout à fait différent. L’exercice du pouvoir a ses réalités et ses peines.
L’appel à la discipline et à l’esprit de sacrifice est néanmoins salutaire dans la conjoncture difficile dans laquelle nous nous trouvons. La prospérité économique devient aléatoire avec le déclin de nos principales industries, notamment le sucre et le textile-habillement. Il faut un sursaut de la part de toute la population pour renverser la vapeur et retrouver le plein emploi à la faveur d’une croissance revigorée.
En sus d’une économie terne, il y a les comptes de l’État qui demandent à être assainis au plus vite. Les finances publiques bougent dangereusement vers le piège de l’endettement. Aujourd’hui, le gouvernement dépense plus pour rembourser ses emprunts que pour investir dans l’éducation, la santé et l’infrastructure.
À moins d’un effort soutenu pour ramener le déficit public à un niveau raisonnable (de 5 % – le niveau actuel – à 3 % du produit intérieur brut, par exemple), les caisses de l’État s’écrouleront sous le poids de la dette.
À quelques semaines de son premier budget sous le gouvernement Ramgoolam, Rama Sithanen, vice-Premier ministre et ministre des Finances, annonce la couleur. L’heure est au contrôle des dépenses. Le grand argentier est monté au créneau la semaine dernière pour rappeler à l’administration publique et aux autres agences de l’État leurs responsabilités face à l’utilisation de l’argent des contribuables.
Les gaspillages, la mauvaise planification budgétaire des projets, les malversations et autres écarts ne seront plus tolérés, insiste le ministère des Finances. Les fonctionnaires devront veiller à ce que chaque roupie mise à la disposition de leur ministère ou département respectif soit utilisée à bon escient.
Il n’y pas que les administrateurs qui sont visés. Dans un souci d’alléger la pression sur les trésoreries de l’État, même les ministres ont eu pour consigne de revoir leurs priorités en prévision du prochain Budget.
Les signaux forts envoyés dans le sens de la rigueur, du sacrifice et de la solidarité réconfortent face aux enjeux du moment. Espérons que les messages adressés aux différents publics (fonctionnaires, salariés, contribuables, consommateurs…) suscitent le sursaut attendu de part et d’autre.
Mais l’on oublie le principal concerné, soit les entrepreneurs et les patrons d’entreprise. Ils sont, du reste, directement intéressés par les projets de réformes engagés dans leurs secteurs respectifs. Or, les dérives, le manque de discipline et la torpeur existent tout aussi bien chez les opérateurs.
Beaucoup d’entre eux font toujours fi des exigences de l’efficience, de la productivité et de la qualité des produits et services. Un grand nombre d’industriels ne croient toujours pas dans le développement des ressources humaines ou encore dans l’adoption des technologies nouvelles.
Dans d’autres cas, des boîtes font un peu de formation ou font appel à des consultants uniquement pour toucher une subvention. D’autres touchent un peu à l’informatisation seulement après qu’ils ont reçu un logiciel en cadeau.
De mauvaises pratiques ne manquent pas dans les entreprises. De tels comportements freinent les efforts de restructuration et la modernisation de l’économie. Des rappels à l’ordre au patronat sont plus que nécessaires.
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